La Source vive, d’Ayn Rand

J’ai lu ce roman il y a déjà plusieurs semaines mais il m’a tellement déplu que je m’en souviens encore assez bien. Tout au moins, je me souviens des deux parties que j’ai lues car j’ai abandonné ce volumineux roman à la moitié.
Je ne vais pas m’étendre excessivement sur l’histoire de ce roman, qui n’est qu’un prétexte pour développer longuement des arguments en faveur des thèses philosophiques ultra-libérales défendues par Ayn Rand dans les années 1930 aux Etats-Unis.
En gros, dans ce roman, vous avez l’opposition caricaturale entre un arriviste sans talent, prêt à tuer tout le monde pour assouvir son ambition, plein de compromission et d’hypocrisie, et de l’autre côté le génie sûr de sa force et de sa supériorité, qui ne se laisse ébranler par aucune adversité, refuse le moindre compromis, n’essaye pas de se conformer aux désirs des autres pour leur plaire car il sait que son génie écrasant finira par l’emporter de toutes les manières.
Si vous rajoutez à cela une histoire de rivalité amoureuse plus ou moins sado-maso où la belle femme aime se faire violer et cracher son venin journalistique sur son violeur pour lui faire plaisir, vous verrez à peu près de quoi il retourne.
Dans ce livre, les personnages forment tous une belle brochette de requins qui ne pensent qu’à s’entre-démolir. Même l’amour est une prise de pouvoir, une lutte et une domination de l’un sur l’autre.
Si le personnage du génie incorruptible (dont chaque lecteur a compris dès le début qu’il triompherait glorieusement à la fin) est celui qu’Ayn Rand propose à notre admiration, elle ne nous le décrit pas pour autant comme un homme bon, bien au contraire ! C’est un requin encore plus féroce que tous les autres requins qui lui veulent du mal.
C’est lourd, démonstratif, stéréotypé, …
Une lecture peu ragoûtante, que je déconseille vivement !

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22 Commentaires

  1. Drôle de personnage que cette Ayn Rand ! À mon avis un peu (beaucoup) « perchée » de par ses origines, la ruine et la fuite de sa famille après la révolution soviétique. Malheureusement elle a souvent été utile aux USA pour développer un capitalisme sauvage et décomplexé. Je remarque qu’on en parle pas mal en ce moment – émission sur FC d’adèle Reth sur son roman « la grève »- et cela m’inquiète. Est-ce le retour au premier plan d’une philosophie prônant l’égoïsme individuel contre l’altruisme jugé dépassé et perdant de l’Histoire ? Bonne journée

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    • Son aversion pour le communisme est certainement responsable mais aussi la perte des valeurs chrétiennes qui s’accélère en occident particulièrement.

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      • Entièrement d’accord avec votre analyse, Pat ! La jeunesse d’Ayn Rand en URSS et son exil aux Etats Unis expliquent sans doute ses théories. Et puis l’influence de Nietzsche j’imagine …

    • C’est-à-dire qu’un excès en amène toujours un autre. Le communisme a inspiré à Ayn Rand l’ultra-libéralisme et, certainement, l’ultra-libéralisme actuel amènera dans quelques années ou décennies un retour à une société plus juste, plus équilibrée. C’est en tout cas mon souhait …

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  2. Tu as autant détesté que j’ai adoré 😉

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  3. C’était déjà le cas avec la grève…. Bonne journée Marie -Anne. 🎈

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    • Je n’ai pas lu « la grève » mais je n’ai pas trop envie de tester … celui-ci m’a suffi ! Merci les faits plume ! Bonne soirée Delphine 🙂

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  4. Crémieu-Alcan

     /  21 février 2020

    Mais, presque un siècle après, cet individualisme forcené arrive dans notre beau pays. Lire Ayn Rand, c’est aussi réfléchir à la société que nous voulons. La structure du livre en 4 parties/personnages me rappelle le Quatuor d’Alexandrie…

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    • C’est clair que ce livre défend un projet de société qui me révulse, donc je ne pouvais pas l’apprécier. D’autant qu’il n’a pas tellement de qualités littéraires qui pourraient faire « passer » ses théories nauséabondes. Si l’écriture avait été très belle ou les personnages particulièrement creusés, j’aurais pu peut-être le lire jusqu’au bout.

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  5. Au moins c’est clair ! 😉

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  6. Si encore c’était écrit pour rebuter ! Mais même pas ! Elle pense chaque mot.

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    • En tout cas, ce livre risque d’en rebuter plus d’un ! Tous les gens un peu humanistes ou partisans de la solidarité sociale ne peuvent qu’être horrifiés …

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  7. A défaut de finir le livre, tu pourrais voir l’adaptation qu’en a tiré King Vidor (Le Rebelle en français) avec Gary Cooper, un excellent film. Le livre de Rand que j’aimerais lire, c’est La Grêve.

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    • Merci de ce conseil ! Mais le livre m’a tellement échaudée que je crains fort de retrouver dans le film les mêmes concepts et théories … les thèses ultra-libérales ne sont vraiment pas ma tasse de thé !

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      • Quand on a connu les exactions de la révolution russe (confiscations, tueries, propagande), on peut imaginer qu’on a peur de toute ce qui pourrait de près ou de loin vous la rappeler jusqu’à tomber dans l’excès inverse. Je n’ai pas lu le livre, mais je n’avais pas été gêné par cet aspect là dans le film qui est un excellent Vidor, un des grands cinéastes hollywoodiens de l’individualisme et du vitalisme américain.

      • Eh bien, il faut croire que le livre est plus explicite que le film. Ayn Rand avait sûrement des raisons très sérieuses de penser ce qu’elle pensait, mais ça n’empêche pas que sa pensée est extrémiste, anti-humaniste et violente. Je ne me sens pas obligée d’y adhérer ou de sympathiser …

      • Pas d’obligation bien sûr, je n’y adhère pas non plus pour ce que j’en sais. Après, cela reste un roman, et elle n’a tué personne. Dans l’Histoire des idées, les philosophes et les essayistes (parmi lesquels on compte nombre d’anti-humanistes, y compris célèbres) ont fait plus de dégats que les romanciers. PS : double post par erreur avec une version tronquée ci-dessous, désolé.

      • Je suis d’accord, elle n’a pas commis de crime …
        Mais disons que ce roman a des visées clairement philosophiques et politiques, comme une sorte de démonstration qui entend nous convaincre. Et je crois qu’Ayn Rand était également philosophe et a eu une certaine influence politique dans son pays … Trump et Obama se sont réclamés de sa pensée par exemple. PS : pas de souci pour le double post !

  8. La bible des Libertarians en effet. Mais comme Strum, je ne saurais que conseiller le film de Vidor.

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    • Généralement, je préfère les livres à leurs adaptations cinématographiques, alors là, sachant que je trouve le livre horrible, le film a peu de chances de me séduire … sauf s’il prend énormément de libertés avec son modèle.

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