Some Kinda Love : La nuit américaine

Il m’arrive très rarement de parler de musique sur ce blog, car c’est un sujet dont je suis loin d’être spécialiste, mais aujourd’hui je vais m’y essayer, ayant découvert ce groupe, Somme Kinda Love, il y a peu, et voulant donner un petit coup de pouce à son premier album, La nuit américaine, qui me semble très réussi.
Groupe de pop, composé d’un compositeur-parolier, Christophe Biffe, qui fait à lui seul tous les instruments, et d’une chanteuse, Rachel Desbois, dont la voix sur certaines chansons rappelle un peu celle de Beth Gibbons, la chanteuse de Portishead.
On sent de nombreuses influences dans la musique de ce groupe, celles, françaises, de Gainsbourg, Daniel Darc, Bashung, mais aussi des influences plus anglo-américaines comme celle du trip-hop des années 90, de Bob Dylan, de Neil Young, Lou Reed, etc.
Mais signaler toutes ces influences et références ne suffit pas à définir cette musique, qui possède son style propre et intègre tous ces styles de manière personnelle, reconnaissable à ses belles mélodies sophistiquées, à ses arrangements soignés, à des paroles tantôt anglaises tantôt françaises qui jouent de manière intéressante sur les mots et les sonorités, et à une atmosphère qui tire parti de l’énergie légère de la pop anglo-américaine autant que de la profondeur plus mélancolique du rock français.
C’est une musique accessible, qui peut plaire au plus grand nombre, bien que de qualité, mais qui séduira sans doute davantage les plus de 30 ans, qui y retrouveront des sonorités et des harmonies familières.
Vous retrouverez sur YouTube et sur Deezer des extraits de cet album, je vous conseille particulièrement La chanson du Parking :
https://www.youtube.com/watch?v=UyEvsaWOQO4

Ou encore la chanson Dérive, qui ouvre l’album :
https://www.youtube.com/watch?v=VjAAa5RgFUw

Mais tout l’ensemble mérite selon moi d’être écouté …

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Quelques chansons de David Bowie

bowieLes chansons de David Bowie ont bercé mon adolescence, j’ai écouté certains de ses albums des centaines de fois, aussi l’annonce de sa mort, ce matin, a été pour moi un grand choc et je ressens un mélange de tristesse et de nostalgie indicible.
C’est l’occasion, je crois, de se souvenir de ses plus belles chansons, qui ont jalonné ces cinquante dernières années.
Je voudrais rappeler les titres de quelques unes de ses chansons les plus connues : Life on Mars ? (une des plus belles mélodies de toute la musique pop/rock), Suffragette City, Aladdin Sane (peut-être sa chanson la plus extraordinaire), The man who sold the World (reprise plus tard par Nirvana), Space Oddity, Changes, Heroes, Golden Years, Young Americans, Lady Stardust, Five Years, Ashes to Ashes, China Girl, Rebel Rebel, Jean Genie, Sound and Vision, Lets’dance, Modern Love, Under the God (avec Tin Machine au début des années 90), etc., etc., etc !

Mais, aujourd’hui, en hommage à ce grand musicien, j’aimerais partager avec vous une chanson moins connue et qui m’a toujours touchée :
The Lady Grinning Soul de l’album Aladdin Sane :

Et, puisque j’y suis, en voici une autre :
Andy Warhol de l’album Hunky Dory (1971)

Et encore une autre, cette fois plus récente, avec Tin Machine :
Heaven’s in here – à la fois très rock et décontractée …

Scarbo d’Aloysius Bertrand, poésie et musique

bertrand_gaspardJ’ai déjà eu l’occasion de publier sur ce blog le poème Ondine d’Aloysius Bertrand, tiré du fameux recueil de poèmes en prose Gaspard de la Nuit, et qui avait inspiré à Maurice Ravel une belle pièce pour piano.
J’ai donc décidé de publier aujourd’hui le poème Scarbo, tiré du même recueil, et qui a inspiré à Ravel en 1908 un morceau pour piano moins « aquatique » qu’Ondine et beaucoup plus heurté et nerveux, comme vous pourrez le constater en comparant les deux pièces.
Scarbo est, dans le recueil de Bertrand, un gnome maléfique qui réapparaît dans plusieurs autres poèmes.

Scarbo

Oh! Que de fois je l’ai entendu et vu, Scarbo, lorsqu’à minuit la lune brille dans le ciel comme un écus d’argent sur une bannière d’azur semée d’abeilles d’or !
Que de fois j’ai entendu bourdonner son rire dans l’ombre de mon alcôve, et grincer son ongle sur la soie des courtines de mon lit ?
Que de fois j’ai l’ai vu descendre du plancher, pirouetter sur un pied et rouler par la chambre comme le fuseau tombé de la quenouille d’une sorcière.
Le croyais-je alors évanoui? Le nain grandissait entre la lune et moi, comme le clocher d’une cathédrale gothique, un grelot d’or en branle à son bonnet pointu !
Mais bientôt son corps bleuissait, diaphane comme la cire d’une bougie, son visage blêmissait comme la cire d’un lumignon, – et soudain il s’éteignait.

Aloysius Bertrand

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Et voici maintenant le morceau de Maurice Ravel inspiré par ce poème :

Ondine d’Aloysius Bertrand

bertrand_gaspard J’ai choisi aujourd’hui de publier sur ce blog mon poème préféré du recueil Gaspard de la Nuit d’Aloysius Bertrand.
Aloysius Bertrand, de son vrai nom Louis Bertrand, (1807-1841) est considéré comme l’inventeur du poème en prose, et son recueil Gaspard de la nuit a été publié de façon posthume en 1842.

Ondine

 » Ecoute ! – Ecoute ! – C’est moi, c’est Ondine qui frôle de ces gouttes d’eau les losanges sonores de ta fenêtre illuminée par les mornes rayons de la lune ; et voici en robe de moire, la dame châtelaine qui contemple à son balcon la belle nuit étoilée et le beau lac endormi.

– Chaque flot est un ondin qui nage dans le courant, chaque courant est un sentier qui serpente vers mon palais, et mon palais est bâti fluide, au fond du lac, dans le triangle du feu, de la terre et de l’air.

– Ecoute ! – Ecoute ! – Mon père bat l’eau coassante d’une branche d’aulne verte, et mes sœurs caressent de leurs bras d’écume les fraîches îles d’herbes, de nénuphars et de glaïeuls, ou se moquent du saule caduc et barbu qui pêche à la ligne ! »

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Sa chanson murmurée, elle me supplia de recevoir son anneau à mon doigt pour être l’époux d’une Ondine, et de visiter avec elle son palais pour être le roi des lacs.

Et comme je lui répondais que j’aimais une mortelle, boudeuse et dépitée, elle pleura quelques larmes, poussa un éclat de rire, et s’évanouit en giboulées qui ruisselèrent blanches le long de mes vitraux bleus.

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Maurice Ravel a écrit une magnifique pièce pour piano inspirée de ce poème, il s’agit d’Ondine de Gaspard de la Nuit (1908) dont je vous donne le lien :