Blog-anniversaire et Philippe Garrel

Le 15 juin 2012 naissait La Bouche à Oreilles, cela fait donc cinq ans (et des poussières) et je suis contente d’avoir passé ce cap.
Depuis cinq ans j’ai pensé plusieurs fois à arrêter, mais finalement je reprenais toujours l’écriture d’articles (427 au total, ce qui fait environ un tous les quatre jours).
J’ai reçu ma cent millième visite il y a à peine quelques jours, et je suis contente que ce blog ait trouvé ses lecteurs, fidèles ou de passage.

Je profite de cet article pour dire quelques mots du dernier film de Philippe Garrel, L’amant d’un jour, sorti en salles le mois dernier, et que j’ai trouvé intéressant : plusieurs semaines après l’avoir vu, on est encore hanté par ses très belles images en noir et blanc, à l’esthétique sensuelle, dont la lumière sait mettre en valeur les chevelures, les grains de peau, l’intensité des regards, la souplesse des corps.
Il m’a semblé que ce film était à la fois très réaliste par ses dialogues et ses situations, et à la fois très psychologique, car les motivations et les attitudes des deux jeunes personnages féminins sont vraiment très complexes et ambigus, et on continue à s’interroger bien après la fin du film, en soupçonnant ces deux jeunes filles (surtout le personnage joué par Esther Garrel) de manipulation et de noirs calculs …
En comparaison, le personnage masculin (Eric Caravaca) a une psychologie beaucoup plus simple et on se dit que Philippe Garrel a une vision très tortueuse de la psyché féminine …
La brièveté de ce film (1h15) ne m’a pas gênée, au contraire, et je n’ai trouvé ni temps mort ni longueur.

Paterson de Jim Jarmusch


L’histoire : Un trentenaire, calme et gentil, nommé Paterson, est conducteur de bus dans la ville de Paterson. Il a une charmante compagne prénommée Laura, qui est une personne plutôt créative et fantaisiste, et un chien bouledogue du nom de Marvin qu’il est obligé de sortir le soir et qui a mauvais caractère. Paterson a un carnet secret dans lequel il écrit des poèmes de son invention, et dont sa compagne voudrait qu’il garde des copies, ce qu’il lui promet. Au hasard des promenades ou des pauses déjeuners à son travail il est aussi amené à faire des rencontres qui égayeront ses journées.

Mon avis : Ce film retrace la semaine terne et monotone de Paterson, du lundi au dimanche, l’emploi du temps se répétant à l’identique, mais avec des variations dans les dialogues, les rencontres, les poèmes que Paterson écrit ou lit. Je dirais que le thème de ce film est de nous montrer des personnages qui, chacun à leur manière, luttent contre cette monotonie de l’existence en y rajoutant de l’imagination et de l’humanité, en essayant d’embellir les choses. Le film est émaillé de petites notes humoristiques, mais quand on arrive au moment du week-end, quelque chose de plus poignant nous est conté (je ne veux rien dévoiler mais j’étais un peu émue). Si la vie de Paterson est ordinaire, il sait en tout cas apercevoir les petites choses qui donnent du sens à l’existence, et il y a au cours du film plusieurs séquences « planantes » (je parle de la musique et des images) qui semblent arrêter le temps et insistent sur le caractère contemplatif du héros.
J’ai vu que certains spectateurs avaient trouvé ce film ennuyeux, mais je crois qu’ils se sont arrêtés à la surface des choses ou qu’ils n’ont pas été sensibles aux poèmes que Paterson écrit, ce qui me parait dommage.
Je reverrai sûrement ce film avec un grand plaisir, d’une part parce que j’ai aimé ces personnages, que ces poèmes m’ont touchée, et que l’atmosphère est à la fois très américaine et très sympathique, avec des trouvailles visuelles insolites, comme la présence répétée de jumeaux ou les décorations en noir et blanc fabriquées par Laura.

Après la tempête, un film de Kore-Eda Hirokazu


Il n’est pas facile de résumer la situation de départ de ce film car l’histoire part dans plusieurs directions, mais disons qu’il s’agit du portrait d’un homme, Ryota, et de ses relations complexes avec les divers membres de sa famille. Il est question également de sa vie professionnelle et de ses difficultés financières : Ryota a en effet un passé de romancier, il a même obtenu un Prix littéraire lorsqu’il était plus jeune, mais il travaille maintenant pour une agence de détectives et vit de petites combines plus ou moins légales qui lui permettent d’assouvir sa passion pour le jeu, à cause de laquelle il perd beaucoup d’argent et se retrouve bientôt incapable de payer la pension alimentaire de son ex-femme et de son fils. Il voudrait d’ailleurs renouer avec son ex-femme et sa plus grande peur serait qu’elle refasse sa vie avec un autre homme.

Mon avis : Ce film est une chronique familiale très humaine, les relations entre les personnages sont fouillées et complexes et donc agréables à suivre. Le rythme du film est un peu lent mais pour autant on ne s’ennuie pas car l’attention est sans cesse soutenue par une grande abondance de dialogues où l’humour et la profondeur se disputent la première place. Le personnage du romancier, Ryota, malgré ses nombreux défauts et sa débrouillardise quelque peu malhonnête, nous devient vite sympathique et on prend intérêt et plaisir à le voir se débattre contre l’adversité et défendre ses passions. Il m’a semblé à de rares moments que les dialogues auraient pu être un peu moins omniprésents et que le silence aurait pu aussi être éloquent, mais cela contribue à une atmosphère chaleureuse et vivante, et à donner aussi de l’épaisseur aux personnages. J’ajoute que les acteurs tiennent tous très bien leur personnage et jouent avec naturel et conviction.
Un film agréable à voir, où les questions existentielles des uns et des autres sont traitées avec intelligence et sensibilité.

Gerry de Gus Van Sant

gerry_gus_van_santGerry est un film expérimental de Gus Van Sant qui date de 2002 et qui a précédé d’un an le tournage du film « Elephant », palme d’or à Cannes. Gerry ne comporte que deux personnages masculins, interprétés par Casey Affleck et Matt Damon, qui sont tous les deux prénommés Gerry et dont on ignore tout du passé et de la vie personnelle, de même qu’on ignore par quels liens ils sont liés, ou s’il s’agit du dédoublement d’un même personnage …
Il n’y a pas vraiment d’histoire dans ce film, plus exactement nous assistons à une déambulation angoissante de ces deux jeunes gens en proie à la soif et à la faim, recherchant désespérément la fin du désert, une route, ou un retour au monde habité des hommes. En effet, partis en randonnée, et ayant croisé un petit groupe d’autres randonneurs qu’ils ont voulu éviter, ils se sont perdus, n’ayant avec eux ni boussole ni eau ni nourriture. Pendant leurs déambulations à travers le désert, nous savons donc qu’ils risquent la mort s’ils ne retrouvent pas leur chemin, et les deux personnages le savent aussi puisqu’il leur arrive de pleurer, même si ces pleurs restent discrets et qu’ils restent malgré tout concentrés sur leur marche.
A l’écran, les deux Gerry sont souvent perdus dans de magnifiques paysages de dunes, de montagnes, de déserts de sable, de roches ou de sel, avec des mouvements rapides de nuages, des levers de soleil, des nuits noires, pendant que la démarche des deux jeunes gens devient de plus en plus saccadée, lente et incertaine, avec de longs plans séquence qui peuvent durer jusqu’à dix minutes, accompagnés de la musique très méditative d’Arvo Pärt.
Certaines scènes sont assez surprenantes, comme lorsque Casey Affleck raconte à Matt Damon qu’il a conquis Thèbes quinze jours auparavant et qu’il en est resté roi pendant 97 ans, ou lorsque Casey Affleck se retrouve sur le sommet d’un énorme bloc de pierre sans qu’on sache comment il a pu grimper là, installant le spectateur dans le doute et une certaine sensation d’irréalité.
Les sentiments que distille ce film sont à la fois la paix et la méditation, par la musique, la beauté des images, le calme des personnages et des paysages, mais aussi une sourde angoisse par la situation dangereuse, la nécessité de trouver de l’eau, l’épuisement progressif des deux hommes, l’idée que la mort est peut-être à la fin de l’histoire.

Marguerite, de Xavier Giannoli

marguerite J’avais manqué ce film à sa sortie en salles en 2015 – malgré une grande envie de le voir – mais j’ai heureusement pu me rattraper il y a quelques jours en le regardant en DVD. Je pensais déjà qu’il s’agissait d’un bon film, mais j’étais encore en-dessous de la réalité, car j’ai trouvé que c’était un film très passionnant, avec d’énormes qualités.
La trame principale de l’histoire est assez originale, et simple en même temps : une baronne fortunée, Marguerite Dumont, s’adonne avec passion au chant lyrique, et donne de petites représentations privées pour des oeuvres de bienfaisance, mais elle chante horriblement faux et tout son entourage l’entretient dans l’illusion qu’elle est une grande cantatrice. Mais un journaliste et son ami poète avant-gardiste – proche de Dada – s’introduisent un beau jour dans un de ses fameux concerts privés, et viennent perturber la routine et les illusions de Marguerite.
J’ai trouvé que les analyses psychologiques des personnages étaient très intéressantes, celui de Marguerite bien sûr, mais tout autant le personnage du mari qui est tiraillé entre la honte de voir sa femme se donner en spectacle et l’envie de ne pas lui faire de peine, d’autant plus forte qu’il a une maîtresse et que son sentiment de culpabilité le conduit à la lâcheté.
C’est justement un des sujets les plus intéressants du film, de nous faire réfléchir aux raisons pour lesquelles l’entourage de Marguerite lui ment : on croit à certains moments que c’est par gentillesse, par égards pour elle, mais on s’aperçoit que c’est plutôt par lâcheté, par cupidité, voire carrément par cruauté.
Quant à Marguerite, elle est d’une naïveté très touchante, sans doute désespérée par l’attitude de son mari qui ne la comprend pas et qui ne rentre pas dans sa passion pour le chant, mais en même temps, jouant comme une petite fille à la grande diva, se faisant photographier dans des costumes de scène tous plus exotiques les uns que les autres, à la fois très seule et très entourée.
J’ai trouvé qu’il y avait une grande liberté dans ce film, avec une esthétique qui frôle par moments le monstrueux (présence d’un œil géant au début du film, présence de personnages étranges tout le long du film comme des hommes déguisés en nonnes, ou comme la femme à barbe tireuse de cartes qui accompagne le professeur de chant), donnant le sentiment de n’être pas tout à fait dans la réalité, mais dans des espaces surréels.
En tout cas, une chose est sûre : ce film, bien qu’il fasse sourire de temps en temps, est essentiellement un drame, et sa réflexion sur la vérité et la manière dont on peut jouer avec la vérité, est assez philosophique.
Un film qui mérite grandement d’être vu …

Les Délices de Tokyo, un film de Naomi Kawase

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L’Histoire :

Sentaro est vendeur de dorayakis dans une petite boutique à Tokyo. La boutique est surtout fréquentée par des lycéennes, dont l’une, Wakana, vient régulièrement. Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises sucrées, composées d’un petit pain rond fourré avec une pâte de haricots rouges confits.
Mais, un jour, une vieille dame de 76 ans, Tokue, vient lui demander de l’embaucher pour l’aider à faire la cuisine et, après bien des hésitations, il accepte.
Tokue enseigne dès le lendemain à Sentaro une recette particulièrement longue et compliquée, mais délicieuse, de haricots confits.
Dès lors, les clients se bousculent devant la boutique de dorayakis.
Mais des rumeurs commencent à circuler au sujet de Tokue, dont les mains et les doigts sont bizarrement déformés.

Mon avis :

Ce film s’articule autour des relations entre les trois personnages, représentant trois générations différentes. Ici, la vieillesse est envisagée à la fois dans sa capacité de transmission d’une expérience, d’un savoir, mais aussi dans sa vulnérabilité : la vieille dame est celle qui devrait être le plus protégée, et qui ne le sera malheureusement pas.
Le personnage de Sentarô, représentant l’âge adulte, est tiraillé entre son affection pour la vieille dame malade et la nécessité de faire marcher son commerce correctement. Par ailleurs, il a derrière lui un lourd passé, des dettes importantes, et il ne se sent pas libre de faire ce qu’il veut.
La figure de la lycéenne est la plus discrète des trois, et semble surtout témoin des indécisions et des compromissions de l’âge adulte.
Le rythme du film m’a paru au début un peu lent puis il s’accélère quand l’histoire et les personnages se mettent en place.
Les images et la lumière sont assez belles : régulièrement reviennent des images des cerisiers du Japon frémissant dans le vent, qui sont très belles.
C’est un film très humain, sans violence, surtout axé sur les sentiments, mais il y a vers la fin une ou deux scènes un peu trop larmoyantes à mon goût.
Dans l’ensemble, un film très agréable à voir.

L’homme irrationnel de Woody Allen

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Ceux qui suivent ce blog régulièrement savent que je suis une inconditionnelle de Woody Allen et que, si je ne dois voir qu’un seul film dans l’année, c’est forcément son dernier opus que je vais voir.
Je ne pouvais donc pas manquer L’homme irrationnel, sorti en salles en cet automne 2015.

Le début de l’histoire :

Un professeur de philosophie, Abe Lucas (Joaquin Phoenix), arrive dans une nouvelle Université. Il y est précédé par une réputation sulfureuse : il multiplierait les conquêtes féminines, y compris avec ses étudiantes, et aurait des idées particulièrement novatrices et audacieuses. De fait, Abe Lucas est un homme plutôt sombre, il boit du whisky du matin au soir, préfère la solitude, porte un regard désespéré sur la vie, et désabusé sur la philosophie. Mais ses cours sur la morale, sur Kant, sur Kierkegaard, ou encore sur l’existentialisme, passionnent ses élèves et fascinent tout spécialement une jeune étudiante prénommée Jill (Emma Stone) avec laquelle il noue bientôt une profonde amitié. Parallèlement, il entame une liaison avec Rita Richards (Parker Posey), une laborantine de l’Université, dont le mariage est un échec.
Mais, un jour, dans une cafétéria, Abe et Jill surprennent une conversation à la table juste derrière eux – conversation qui va faire basculer l’histoire vers un tout autre registre. (…)

Mon avis

Je ne vais pas dévoiler la façon dont l’histoire évolue, mais le thème du film me semble être la morale et la manière dont on peut s’en passer (ou pas), avec d’intéressantes incursions philosophiques et une référence à Crime et Châtiment qui revient à plusieurs moments du film. Mais, contrairement à Raskolnikov, Abe Lucas ne s’embarrasse pas de culpabilité ou de scrupules, et le fait d’avoir aboli toute règle morale le rend parfaitement heureux.
La deuxième partie du film est particulièrement réjouissante, avec des moments de surprise et un rythme plus soutenu, parfois souligné par une petite musique que j’ai beaucoup appréciée car elle accentue la tournure amusante que prennent les événements.
Alors bien sûr, comme souvent chez Woody Allen, on peut regretter un côté un peu démonstratif et explicatif, comme si le cinéaste voulait fournir toutes les clés de son film sans laisser le spectateur libre de ses interprétations, mais pour ma part ça ne m’a pas dérangée et j’apprécie que ses films donnent matière à réfléchir, quitte à être un petit peu trop verbeux.
Je dirais donc que c’est un assez bon Woody Allen, qui doit beaucoup aux acteurs, tous très convaincants, et plus spécialement à Emma Stone qui montre dans ce film un très large éventail d’émotions différentes.

Tag : 21 questions about movies

J’ai trouvé ce questionnaire sur le blog Les livres de Camille et j’ai bien aimé les questions.
Donc voici mes réponses :

** 21 questions about movies **

1. Le film le plus déprimant que tu aies vu ?
Les lumières du faubourg, un film d’Aki Kaurismaki qui a dû sortir vers 2006. Tout était cafardeux dans ce film : l’histoire (c’est un drame social) d’un pauvre type qui devient plus ou moins clochard, les paysages lugubres d’un foubourg islandais, les visages des acteurs, la lenteur des séquences, …

2. Le film le plus dérangeant que tu aies vu ?
Les Damnés de Visconti. Un film qui raconte l’histoire d’un jeune bourgeois qui devient nazi. Il y a des scènes de pédophilie, d’inceste, des massacres, c’est difficilement supportable et, le plus dérangeant c’est que ce film est très esthétique.

3. Un acteur/une actrice que tu as vu dans plus de 8 films – cite les films ?
Peut-être Sabine Azéma car j’ai vu beaucoup de films d’Alain Resnais, depuis l’Amour à mort jusqu’à Aimer, Boire et Chanter, en passant par Smoking, No Smoking, Les herbes folles, Cœurs, etc.

4. Un film que tu pourrais regarder en boucle jusqu’à la fin de tes jours ?
Je crains de ne pas pouvoir regarder un film en boucle jusqu’à la fin de mes jours sans m’énerver un petit peu !
Mais un de mes films préférés est La rose Pourpre du Caire de Woody Allen.
J’aime aussi beaucoup Adieu ma Concubine de Chen Kaige.

5. Le tout premier film que tu te souviens avoir vu ?
Cendrillon, le dessin animé de Walt Disney. Je devais avoir cinq ou six ans et ça m’avait émerveillée. Il n’y avait qu’un seul cinéma dans la petite ville où je vivais, et le mercredi ils passaient des classiques pour enfants. C’est comme ça que j’ai vu tous les Walt Disney.

6. Un film que tu aurais aimé ne jamais avoir vu ?
Fight Club, de David Fincher. Je trouve ce film infect, tant par sa philosophie que par sa brutalité. D’ailleurs je suis sortie avant la fin parce que j’en avais marre.

7. Un film dont tu aimerais voir une suite ?
Je n’ai pas trop d’idée. J’aime bien les films sans suite.

8. Un livre que tu aimerais voir adapté en film ?
Peut-être un roman russe du 19è siècle, comme Les Possédés par exemple. Ca pourrait faire un beau film, mais il faudrait que ce soit filmé par un russe avec des acteurs russes !

9. Le film le plus esthétiquement beau que tu aies vu ?
Je vais encore parler de Visconti : Ludwig ! L’histoire de Louis II de Bavière.

10. Ton réalisateur préféré ?
Parmi ceux qui sont encore vivants je dirais Woody Allen.

11. Ton style de films préféré ?
Plutôt les films français.

12. Un film qui occupe une place spéciale dans ton cœur ?

Une femme est une femme de Jean-Luc Godard. Je l’aime beaucoup et en plus il me rappelle des souvenirs personnels.

13. Ta comédie préférée ?

Victor-Victoria de Blake Edwards

14. Un clip musical que tu aimerais voir développé en film ?
Aucun !

15. Un film que tout le monde aime mais que tu détestes ?
La ligne verte, je trouve ça aussi infect que Fight Club dont je parlais plus haut – et peut-être même pire parce que j’étais avec des amis et que je n’ai pas pu sortir avant la fin.

16. Un film que tu aimes et que tout le monde déteste ?
Je ne sais pas si tout le monde les déteste mais en tout cas tout le monde les a oubliés :
Les fleurs de Shanghai de Hou-Hsiao-Hsien – qui est aussi un film très esthétique.
My own private Idaho de Gus Van Sant, une histoire de jeunes prostitués masculins en quête d’identité.

17. Un univers cinématographique dans lequel tu aimerais vivre ?
Je reprends la réponse de Camille à mon compte : L’univers de Minuit à Paris de Woody Allen me plairait!

18. Ton biopic (film biographique) préféré ?
Peut-être le Van Gogh de Pialat, avec Jacques Dutronc.

19. Cinéma mainstream ou cinéma indie ?
Plutôt indie.

20. Vieux films ou films récents ?
Vieux films, comme vous avez pu le constater depuis le début de ce questionnaire.

21. Un film avec une très bonne bande originale ?
Cette question me fait penser à un film auquel j’ai été longtemps attachée : Pink Floyd, The Wall d’Allan Parker. Encore un film qui me rappelle plein de souvenirs de jeunesse et dont je trouve l’esthétique intéressante …

Magic in the Moonlight de Woody Allen

magic_in_the_moonlight Le thème du nouveau film de Woody Allen, Magic in the Moonlight, est l’opposition entre le scepticisme et la croyance au surnaturel : croire en quelque chose qui nous dépasse peut nous aider à vivre, même si cette croyance est une illusion. Le bonheur repose donc forcément, plus ou moins, sur un mensonge, mais ce n’est peut-être pas si grave.
Mais racontons d’abord le début de l’histoire : Stanley Crawford, un britannique très rationnel, officie en tant qu’illusionniste sous le nom de Wei Ling Soo, il connaît tous les trucs de son métier et en a même inventé un grand nombre, et il fait des tournées triomphales dans toute l’Europe. Une de ses habitudes est de démasquer les médiums et autres voyants, dans lesquels il ne voit que des charlatans cupides. Mais, un beau jour, un de ses meilleurs amis, Howard Burkan, lui présente le cas étrange d’une jeune femme qui semble réellement douée de dons de voyance exceptionnels et qui va mettre sérieusement à l’épreuve la clairvoyance et la réflexion de Stanley … mais aussi ses sentiments.
J’ai trouvé le début de ce film assez laborieux, avec des dialogues lourds et démonstratifs, et une exposition de la thématique principale pas très intéressante, et puis, peu à peu, le charme de l’histoire a opéré. Il faut dire que ce film nous transporte à la fin des années 20 dans la haute société, et que, donc, la beauté des décors et des costumes contribue beaucoup à charmer le spectateur, mais il y a aussi le jeu des acteurs (qui sont tous très justes et très bien choisis), et un certain talent du réalisateur à mêler scènes surprenantes et scènes attendues, ainsi que des pointes d’humour distillées sans lourdeur, et que j’ai vraiment appréciées, comme autant de clins d’œil au spectateur.
Au final, un film agréable à voir, divertissant, charmant, mais qui reste sans doute trop léger pour laisser un souvenir marquant. A ce titre, Blue Jasmine m’avait semblé être un film plus réussi, plus profond, plus consistant.

Aimer, boire et chanter, d’Alain Resnais

Aimer-Boire-et-Chanter_ResnaisAyant toujours apprécié les films d’Alain Resnais, je tenais absolument à voir son dernier film, d’autant que certains critiques parlaient à son sujet de « film testament », ce qui ne pouvait pas se manquer.
Je dois préciser que j’ai vu ce film il y a environ un mois, et que j’en suis sortie assez contente. Mais, au fur et à mesure des jours et des semaines, j’avoue que l’impression n’est plus aussi positive et que les défauts sont apparus plus clairement en y repensant.
Racontons d’abord un peu l’histoire : Tout se passe entre trois couples vivant dans la campagne anglaise du Yorkshire. Un certain George Riley, que l’on ne verra jamais, n’en a plus que pour six mois à vivre, et ses six amis – les trois couples en question – se demandent ce qu’ils peuvent faire pour rendre sa fin plus douce. Il se trouve que George Riley est un grand séducteur et que les trois épouses seront tentées de partir avec lui pour un dernier voyage qu’il désire faire à Ténériffe.
Le scenario de ce film est inspiré d’une pièce anglaise du dramaturge Alan Ayckbourn, Life of Riley … le seul problème étant à mon avis que cette pièce n’est pas excellente, et qu’on ne parvient pas vraiment à être ému par l’histoire, qui reste constamment légère et superficielle alors que le thème en est pourtant la mort et la maladie. Il y a de nombreux revirements et rebondissements, quelques effets de surprise, qui donnent du rythme et de l’animation et empêchent de s’ennuyer, qui font même sourire plusieurs fois, mais disons que l’émotion n’est pas au rendez-vous, même si le savoir-faire d’Alain Resnais est évident et incontestable.
Les décors sont, de prime abord, déconcertants, puisqu’il s’agit de toiles peintes, mais on s’y habitue très rapidement, et, comme au théâtre, on en accepte la convention.
Les jeux d’acteurs sont très bons, et, pour ceux qui aiment Alain Resnais, on retrouve avec plaisir certains de ses acteurs fétiches, comme Sabine Azéma et André Dussollier (dans un rôle quasiment muet d’agriculteur jaloux, ce qui est plutôt réjouissant).
Je regrette juste le choix de la pièce, qui ne me semblait pas mériter le talent qu’Alain Resnais a déployé pour la mettre en valeur. Smoking/No smoking et surtout le magnifique Cœurs, que je conseille vivement, reposaient certainement sur des pièces bien meilleures.

Malgré tout, un bon moment de divertissement.