Quelques haïkus de bord de mer


Etant partie quelques jours au bord de la mer – plus précisément en Bretagne – je vous propose quelques haïkus ramenés de mon séjour sur ces côtes accueillantes.
En espérant qu’ils sauront prolonger l’été jusqu’au cœur des pires grisailles.

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La vague
déploie
son aile blanche.

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Ciel vertical
mer horizontale
mouette oblique.

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Dans le ciel
les gros rouleaux sombres
des nuages écumants.

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Bonnets chauves
des baigneurs – tignasses pourpres
des algues.

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Multiples échos
traversant l’immensité
– cris des mouettes

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Le vent feuillette
mon livre – le sable
comme marque-page.

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Une mouette
le cou dans les épaules
risque un pied dans l’eau.

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Qu’est-ce que l’écume ?
La salive de la mer
quand elle mord le vent.

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Haikus des quatre Saisons

Vous aurez peut-être remarqué, pour ceux qui me suivent régulièrement, que j’écris des haikus depuis le début de l’année 2015.
J’ai d’ailleurs eu le plaisir de partager ici certains d’entre eux, au gré des saisons et des changements de temps.

Je choisis donc ce dimanche un peu maussade et automnal pour vous annoncer la parution chez l’éditeur Encres Vives de mon recueil Haïkus des Quatre Saisons, où vous retrouverez quelques tercets publiés au fil des mois, ainsi que beaucoup d’autres inédits, mais dans le même esprit.
La postface a été écrite par le poète Denis Hamel.

Si vous désirez en savoir plus vous pourrez lire un article du revuiste et poète Patrice Maltaverne sur son blog Poésie Chronique Ta Malle dont voici le lien : Chronique Poétique de P.Maltaverne – page sur laquelle vous trouverez aussi quelques extraits.

Quelques uns de mes derniers haïkus

Puisque la rentrée approche et que le temps semble vouloir se mettre à la morosité, je vous propose quelques haïkus écrits pendant l’été, pour prolonger un peu les beaux jours et le farniente !

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La petite fille
pointe du doigt
l’éphémère

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Papillon frôlé
– poudre d’argent
au bout du doigt.

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Face à face
avec la rose
qui me tient tête.

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Tournesols coupés
ne suivent plus le soleil
– torticolis.

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Aires de repos
où les aoûtiens croisent
les aoûtats.

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Ecraser
un moustique repu
– coup de sang.

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Derrière un portail
aboiements plaintifs
– dénonçant l’absence.

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En sandales
entre les flaques
– glissades d’été.

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Pigeons de Paris
marcheurs tranquilles – passants
parmi les passants.

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Vertus du miel
– les abeilles n’ont pas
mal à la gorge.

Quelques uns de mes derniers haikus


J’espère que vous prendrez plaisir à lire ces quelques tercets de saison.

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Le petit merle
semble me soupçonner
de quelque noirceur.

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Pendant le film
pour deviner tes émotions
besoin de sous-titres.

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A regarder
trop longtemps la télé
– risque d’implosion.

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La dame très chic
en tailleur bleu vert
et varices assorties.

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Les cerises du voisin
sont mûres
– moi aussi.

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Le chat assis
tel un petit sphinx
– semble savoir l’énigme.

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Retour de promenade
– la marque des clés
dans ma paume.
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La forêt
tient le crépuscule
à bout de bras.

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Pourquoi dit-on
que le silence est profond ?
Il est parfois très plat.

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Quelques uns de mes derniers haikus

C’est devenu une tradition pour moi de publier mes haikus sur ce blog, donc je m’y recolle une nouvelle fois.
Cette fois-ci, la période électorale m’a inspiré quelques vers, de même, plus banalement, que la nature lors de mes promenades …

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Le bruit de la pluie
nous met martel en tête
– eau à percussions.

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A l’abri des pluies
sous les bras du platane
– les iris bleus.

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Grisaille d’avril
– le long des rues, le chant triste
des tourterelles.

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Devenir plus vieille
un jour d’avril pluvieux
– caprices du temps.

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Têtes d’affiches
dents noircies et petits cœurs
– sourire électoral.

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Affiche sauvage
dents noircies, œil au chewing-gum
– gauche caviardée.
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La plante d’intérieur
s’incline vers la fenêtre
– désir d’évasion.

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Se tenir aux murs
rebondir à cloche pied
– danse des chaussettes.

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Quelques uns de mes derniers haikus

Pourquoi ces fleurs
nommées pissenlits ? Chercher
des raisons bizarres.

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Arbres et belles verdures
font peur à certains
– pollens de printemps.

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Un pigeon tout gonflé
court derrière une pigeonne
au cœur de pierre.

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Le magnolia nu
toutes ses fleurs à ses pieds
– effeuillage d’avril.

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Petits cliquetis
sur les touches du piano,
les ongles trop longs.

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Quelle différence
entre le zéphyr et la brise ?
L’arbre s’en balance.

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Rien qu’à penser
au pèse-personne
sentir comme un poids.

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Au mépris du printemps
Elles jonchent le sous-bois
les feuilles d’automne.

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Harcèlement de rue :
se faire siffler par
un petit oiseau.
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J’espère que ces quelques haikus printaniers vous auront plu, n’hésitez pas à me laisser vos appréciations !

Bonne année à tous et quelques haikus !

branche_de_gui
Je vous souhaite à tous une très belle année 2017 pleine de paix et de douceur ! Mais aussi de culture et de réussites !

Voici quelques haikus de ma composition – pour célébrer l’hiver et le nouvel an !

Balade hivernale,
ciel couleur de patinoire
et trottoirs glissants.

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Flocons pas plus gros
que des têtes d’épingles
– le froid me pique !

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La nuit va tomber
sur l’épais brouillard d’hiver
– Voiles noirs, voiles blancs.

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Cheminées fumantes
arbres saupoudrés de givre,
blancheurs dans la brume.

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La nuit la plus longue
de l’année, ne pas dormir,
écouter la pluie.

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Mouvement de recul
face à l’hiver qui approche
– Comment y échapper ?

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En hiver, les arbres
ne meurent pas : ils dorment ;
les oiseaux les veillent.

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Le jour se lève
sur un ciel couvert : passage
du noir au gris.

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Dans la flaque d’eau
se reflètent les grands arbres
la tête en bas.

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Pour la Saint-Sylvestre
La foret a les cheveux blancs
et de longs bas noirs.

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Noël au jardin :
les escargots font leur
petit réveillon.

Marie-Anne BRUCH

Quelques uns de mes derniers haikus

C’est devenu une habitude de vous livrer ici quelques haikus, et j’espère que vous y prenez intérêt.
Voici donc quelques uns des derniers, sur des thématiques automnales : comme vous le constaterez j’ai fait quelques promenades dans les bois.
N’hésitez pas à me faire part de vos impressions et préférences.

***
Bousculé par
le vent, l’arbre jaune laisse
tomber quelques feuilles.

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En fait de cueillette,
ne trouver que des marrons
et des mûres rouges.

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Un jeune homme avec
un détecteur de métaux
dans la forêt d’or.
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C’est le jour des morts
que les corbillards redeviennent
citrouilles.

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Toutes les châtaignes
ont les piquants en désordre
et les bogues nues.

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ne pas trop savoir
s’il faut commencer la journée
ou se recoucher

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Les feuilles qui tombent,
plutôt que mortes, ont l’air
de belles alanguies.

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Marcher dans les feuilles
mortes, dans un léger bruit
de chiffons froissés.

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Ne plus voir que les
scintillements du goudron
– Soleil dans les yeux
***

Deux poèmes parus dans le dernier numéro de Traction-Brabant

J’ai eu la bonne surprise de voir publiés quatre de mes poèmes dans le dernier numéro (n°70, automne 2016) de la revue Traction-Brabant, dirigée par Patrice Maltaverne, aussi je vous en livre deux aujourd’hui.
Je reparlerai de cette revue, où figurent d’autres poètes dont j’aimerais reproduire des poèmes.

Routines

La lune
– sa matière grasse fondue
sur les croissants ordinaires.

L’azur pur et dur
tranche
sur la fatigue

Les passants
marchent à la vitesse
d’un Giacometti

Nous vendons nos vies
par petits bouts
à des pingres pinailleurs

Nous trouvons refuge
sur des voies de garage

Engorgements
d’impatiences lymphatiques
à la station debout

Les jeunes filles à la Balthus
finissent par se caser
avec des hommes à la Bacon.

***

Altérations

Cet homme n’écrit pas ses poèmes avec des mots : il les compose avec des couleurs mentales. Puis, devant chaque couleur, il dispose des dièses et des bémols. Il ne doute pas que chaque poète écrive la poésie de cette façon.

Cette femme n’écrit ses poèmes ni avec des mots ni avec des bémols : elle laisse infuser un paysage dans sa tristesse puis elle l’égoutte doucement sur sa table de chevet. Elle souffle ensuite sur cette poudre grise et le poème apparaît. Elle croit être la seule à écrire la poésie de cette façon.

Marie-Anne Bruch

Quelques uns de mes derniers haïkus

En cette période estivale, où l’activité de mon blog s’est nettement ralentie – tant du point de vue des visiteurs que du mien – j’avais envie une nouvelle fois de vous proposer la lecture de quelques haïkus.
N’hésitez pas à réagir et à me dire le(s)quel(s) vous préférez.

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Les moustaches du chat
captent-elles la radio ?
Ses oreilles dansent.

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Je prête mes yeux
au miroir
pour qu’il m’observe.

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Dans les embouteillages
ce prélude de Bach
me transporte.

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Le piano rit
du rire carnassier
de ses quatre-vingt huit touches.
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Voyant trois pigeons
perchés sur une rambarde
penser à Hitchcock.

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Chercher ta présence
dans les petits sillons
de ma ligne de vie.

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Où sont-ils passés
les rêves de cette nuit ?
L’esprit s’évapore.

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Le soleil
couronne les arbres
– éphémère royauté.

**
Comme des vertèbres
dans un dos bleu,
les petits nuages.

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Marie-Anne Bruch