Quelques uns de mes derniers haikus

C’est devenu une tradition pour moi de publier mes haikus sur ce blog, donc je m’y recolle une nouvelle fois.
Cette fois-ci, la période électorale m’a inspiré quelques vers, de même, plus banalement, que la nature lors de mes promenades …

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Le bruit de la pluie
nous met martel en tête
– eau à percussions.

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A l’abri des pluies
sous les bras du platane
– les iris bleus.

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Grisaille d’avril
– le long des rues, le chant triste
des tourterelles.

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Devenir plus vieille
un jour d’avril pluvieux
– caprices du temps.

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Têtes d’affiches
dents noircies et petits cœurs
– sourire électoral.

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Affiche sauvage
dents noircies, œil au chewing-gum
– gauche caviardée.
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La plante d’intérieur
s’incline vers la fenêtre
– désir d’évasion.

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Se tenir aux murs
rebondir à cloche pied
– danse des chaussettes.

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Quelques uns de mes derniers haikus

Pourquoi ces fleurs
nommées pissenlits ? Chercher
des raisons bizarres.

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Arbres et belles verdures
font peur à certains
– pollens de printemps.

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Un pigeon tout gonflé
court derrière une pigeonne
au cœur de pierre.

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Le magnolia nu
toutes ses fleurs à ses pieds
– effeuillage d’avril.

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Petits cliquetis
sur les touches du piano,
les ongles trop longs.

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Quelle différence
entre le zéphyr et la brise ?
L’arbre s’en balance.

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Rien qu’à penser
au pèse-personne
sentir comme un poids.

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Au mépris du printemps
Elles jonchent le sous-bois
les feuilles d’automne.

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Harcèlement de rue :
se faire siffler par
un petit oiseau.
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J’espère que ces quelques haikus printaniers vous auront plu, n’hésitez pas à me laisser vos appréciations !

Bonne année à tous et quelques haikus !

branche_de_gui
Je vous souhaite à tous une très belle année 2017 pleine de paix et de douceur ! Mais aussi de culture et de réussites !

Voici quelques haikus de ma composition – pour célébrer l’hiver et le nouvel an !

Balade hivernale,
ciel couleur de patinoire
et trottoirs glissants.

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Flocons pas plus gros
que des têtes d’épingles
– le froid me pique !

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La nuit va tomber
sur l’épais brouillard d’hiver
– Voiles noirs, voiles blancs.

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Cheminées fumantes
arbres saupoudrés de givre,
blancheurs dans la brume.

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La nuit la plus longue
de l’année, ne pas dormir,
écouter la pluie.

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Mouvement de recul
face à l’hiver qui approche
– Comment y échapper ?

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En hiver, les arbres
ne meurent pas : ils dorment ;
les oiseaux les veillent.

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Le jour se lève
sur un ciel couvert : passage
du noir au gris.

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Dans la flaque d’eau
se reflètent les grands arbres
la tête en bas.

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Pour la Saint-Sylvestre
La foret a les cheveux blancs
et de longs bas noirs.

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Noël au jardin :
les escargots font leur
petit réveillon.

Marie-Anne BRUCH

Quelques uns de mes derniers haikus

C’est devenu une habitude de vous livrer ici quelques haikus, et j’espère que vous y prenez intérêt.
Voici donc quelques uns des derniers, sur des thématiques automnales : comme vous le constaterez j’ai fait quelques promenades dans les bois.
N’hésitez pas à me faire part de vos impressions et préférences.

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Bousculé par
le vent, l’arbre jaune laisse
tomber quelques feuilles.

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En fait de cueillette,
ne trouver que des marrons
et des mûres rouges.

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Un jeune homme avec
un détecteur de métaux
dans la forêt d’or.
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C’est le jour des morts
que les corbillards redeviennent
citrouilles.

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Toutes les châtaignes
ont les piquants en désordre
et les bogues nues.

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ne pas trop savoir
s’il faut commencer la journée
ou se recoucher

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Les feuilles qui tombent,
plutôt que mortes, ont l’air
de belles alanguies.

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Marcher dans les feuilles
mortes, dans un léger bruit
de chiffons froissés.

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Ne plus voir que les
scintillements du goudron
– Soleil dans les yeux
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Deux poèmes parus dans le dernier numéro de Traction-Brabant

J’ai eu la bonne surprise de voir publiés quatre de mes poèmes dans le dernier numéro (n°70, automne 2016) de la revue Traction-Brabant, dirigée par Patrice Maltaverne, aussi je vous en livre deux aujourd’hui.
Je reparlerai de cette revue, où figurent d’autres poètes dont j’aimerais reproduire des poèmes.

Routines

La lune
– sa matière grasse fondue
sur les croissants ordinaires.

L’azur pur et dur
tranche
sur la fatigue

Les passants
marchent à la vitesse
d’un Giacometti

Nous vendons nos vies
par petits bouts
à des pingres pinailleurs

Nous trouvons refuge
sur des voies de garage

Engorgements
d’impatiences lymphatiques
à la station debout

Les jeunes filles à la Balthus
finissent par se caser
avec des hommes à la Bacon.

***

Altérations

Cet homme n’écrit pas ses poèmes avec des mots : il les compose avec des couleurs mentales. Puis, devant chaque couleur, il dispose des dièses et des bémols. Il ne doute pas que chaque poète écrive la poésie de cette façon.

Cette femme n’écrit ses poèmes ni avec des mots ni avec des bémols : elle laisse infuser un paysage dans sa tristesse puis elle l’égoutte doucement sur sa table de chevet. Elle souffle ensuite sur cette poudre grise et le poème apparaît. Elle croit être la seule à écrire la poésie de cette façon.

Marie-Anne Bruch

Quelques uns de mes derniers haïkus

En cette période estivale, où l’activité de mon blog s’est nettement ralentie – tant du point de vue des visiteurs que du mien – j’avais envie une nouvelle fois de vous proposer la lecture de quelques haïkus.
N’hésitez pas à réagir et à me dire le(s)quel(s) vous préférez.

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Les moustaches du chat
captent-elles la radio ?
Ses oreilles dansent.

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Je prête mes yeux
au miroir
pour qu’il m’observe.

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Dans les embouteillages
ce prélude de Bach
me transporte.

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Le piano rit
du rire carnassier
de ses quatre-vingt huit touches.
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Voyant trois pigeons
perchés sur une rambarde
penser à Hitchcock.

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Chercher ta présence
dans les petits sillons
de ma ligne de vie.

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Où sont-ils passés
les rêves de cette nuit ?
L’esprit s’évapore.

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Le soleil
couronne les arbres
– éphémère royauté.

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Comme des vertèbres
dans un dos bleu,
les petits nuages.

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Marie-Anne Bruch

Quelques uns de mes derniers haïkus

nuage_haiku Je ne sais plus si je vous l’avais dit, mais j’ai commencé à écrire des haïku depuis environ six mois. Je le fais de manière très irrégulière : je peux en écrire quinze en une après-midi puis ne plus rien écrire pendant six semaines.
En voici donc une petite sélection pour vous, sur des thèmes essentiellement météorologiques mais pas seulement :

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Disque du soleil
dans la trouée d’un nuage :
brillante boutonnière.

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Que pèse un nuage ?
A peine plus lourd que cette
question dans ma tête.

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Un long sillage blanc
file derrière l’avion
– tel un escargot.

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Les nuages passent
avec la pompeuse lenteur
d’un cortège nuptial.

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Toutes ces abeilles
tanguent, dansent et tournicotent
ivres de soleil.

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Ciel incendié
fumées rousses du couchant
– pavillon des tabacologues.

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Chercher le sujet
d’un prochain poème
me ramène vers toi.

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La poésie
n’est ni un métier
ni un loisir.

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Rayons intermittents
le soleil tente peut-être
de rapiécer les nuages.

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N’hésitez pas à me laisser vos commentaires : le(s)quel(s) de ces haïkus préférez-vous ?

Deux poèmes parus dans Les cahiers du sens de 2016

cahiers-du-sens-n25J’ai eu l’honneur, en cette année 2016, de voir deux de mes poèmes sélectionnés pour la belle revue Les cahiers du sens n°26 de 2016, une revue publiée par Jean-Luc Maxence et Danny Marc du Nouvel Athanor.
En cette année 2016, Le thème principal des Cahiers du sens était Le souffle, mais les poèmes pouvaient concerner n’importe quel sujet …
Je précise que mon illustration montre la couverture du numéro 25 de 2015, donc le numéro de l’année dernière.

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Routines

La lune
– sa matière grasse fondue
sur les croissants ordinaires.

l’azur pur et dur
tranche
sur la fatigue

Les passants
marchent à la vitesse
d’un Giacometti

Nous vendons nos vies
par petits bouts
à des pingres pinailleurs

Nous trouvons refuge
sur des voies de garage

Engorgements
d’impatiences lymphatiques
à la station debout

Les jeunes filles à la Balthus
finissent par se caser
avec des hommes à la Bacon.

Marie-Anne Bruch
auteure de Triptyque
Cinq Sens Editions, 2016

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Transes

Quand tes cils battent des ailes, je quitte un peu la terre
Entre tes bras, je trouve la forêt nocturne où méditent les orpailleurs.
Tes mains viennent du monde des félins timides et des carrières lunaires.
Abolissant l’hiver, ton regard est la noisette que je croque sur le rivage.
Et nous voguons sur la nuit démontée, comme vers une île ultime.
Et nous marchons dans le silence, comme sur un nuage métaphysique.

Marie-Anne Bruch

Parution de Triptyque chez 5 Sens Editions

Triptyque_Bruch_Hamel J’ai le plaisir de vous annoncer la parution de mon recueil de poèmes, Triptyque, suivi de Voix Croisées – coécrit avec Denis Hamel.
C’est l’aboutissement de plusieurs années de travail, et donc une grande satisfaction !

Voici le texte de la quatrième de couverture :

Tu rêves de retrousser les jupons en dentelle de la mer

Quand ce monde ne tient que sur des faux-semblants
Pouvons-nous y risquer une parole vraie ?

Ma date de naissance est à moitié morte

Tels sont quelques-uns des vers de Triptyque, livre anthologique réunissant trois recueils écrits entre 2000 et 2015.

Parce que nos émotions sont multiples, bigarrées ou encore en demi-teintes, Marie-Anne Bruch a choisi de les explorer par le biais de diverses formes poétiques (sonnets, vers libres, poèmes en prose) qui se complètent sans se heurter.

Ecrire des sonnets au 21ème siècle, ce n’est pas un anachronisme, encore moins l’effet d’une douteuse nostalgie, mais c’est une manière originale de revivifier notre modernité. De ce recueil de sonnets – intitulé Feue l’étincelle – Bertrand Degott a écrit que “leur désinvolture un peu mélancolique et désabusée fai(sai)t penser à Laforgue.”

Plumes dans le Vide, par l’emploi du vers libre, répond à un désir de concision et de clarté, et explore le thème complexe et souvent déroutant de l’identité. Les Frontières Intérieures tentent de sonder les profondeurs de l’âme, dans une prose pleine de visions et de résonances.

Triptyque est suivi de Voix Croisées, où les voix de Denis Hamel et de Marie-Anne Bruch alternent, dans un subtil jeu d’ombres et de lumières.

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Voici le lien vers le site de l’éditeur :
http://www.5senseditions.ch/catalogue.html#!/Triptyque/p/57271078/category=12720219

Deux poèmes parus dans la revue Traction-Brabant n°64

Le dernier numéro de la revue Traction-Brabant (n°64) est arrivé dans ma boîte aux lettres cette semaine et je vous invite à découvrir cette revue dont j’aurai l’occasion de reparler dans de futurs articles.
J’ai le plaisir de figurer au sommaire de ce numéro 64, aussi j’ai choisi de vous donner à lire deux de ces poèmes.
Ce sont des poèmes en prose, écrits entre la fin 2014 et le début 2015.

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Poème confortable

Le bonheur n’avait rien à nous dire mais il restait assis près de nous et nous trouvait étranges. Nous le dévisagions d’abord avec surprise puis, rassurés de le voir si sage, nous le laissions vaquer à sa routine et fumer son tabac blond. Mais un jour où, désormais habitués à lui, nous lui chantions notre éternelle berceuse en caressant sa nuque fragile, il nous fixa droit dans les yeux, nous dévoilant ses prunelles fauves, et se jeta sur nous.

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Derrière les persiennes

L’intérieur de ta bouche est frais comme un litchi, et ta peau est lisse comme l’eau qui dort.
L’amour garde ses couleurs printanières jusqu’aux encens de décembre, et au-delà.
L’or de Noël tombera en poussière noire sur les neiges de janvier.
Je porte le monde dans ma langue mais mon amour pour toi est déchargé de tout fardeau.
Sous ses dehors renfermés, la nuit musarde entre nos caresses.