Quelques textes de Jacques Ellul sur le travail

Ces textes sont issus du livre Pour qui, pour quoi travaillons-nous ? et ont été écrits dans les années 80, puis republiés chez La Table Ronde en 2013.

Jacques Ellul (1912-1994) est un historien, sociologue et théologien protestant libertaire français. Il a parfois été qualifié d’anarchiste chrétien.

Pages 72 à 74 :

(…)Les textes de Voltaire, l’un des créateurs de l’idéologie du travail, sont tout à fait éclairants à ce sujet :  » le travail éloigne de nous trois grands maux, l’ennui, le vice et le besoin » ou encore « Forcez les hommes au travail, vous les rendrez honnêtes gens ». Et ce n’est pas pour rien que ce soit Voltaire justement qui mette au premier plan la vertu du travail. Car celui-ci devient vertu justificatrice. On peut commettre beaucoup de fautes de tous ordres, mais si on est un ferme travailleur on est pardonné. Un pas de plus, et nous arrivons à l’affirmation, qui n’est pas moderne, que « le travail c’est la liberté ». Cette formule rend aujourd’hui un son tragique parce que nous nous rappelons la formule à l’entrée des camps hitlériens « Arbeit macht frei ». Mais au XIXe siècle on expliquait gravement qu’en effet seul le travailleur est libre, par opposition au nomade qui dépend des circonstances, et au mendiant qui dépend de la bonne volonté des autres.
Le travailleur, lui, chacun le sait, ne dépend de personne. Que de son travail ! Ainsi l’esclavage du travail est mué en garantie de liberté.
Et de cette morale nous trouvons deux applications plus modernes : l’Occidental a vu dans sa capacité à travailler la justification en même temps que l’explication de sa supériorité à l’égard de tous les peuples du monde. Les Africains étaient des paresseux. C’était un devoir moral que de leur apprendre à travailler, et c’était une légitimation de la conquête. On ne pouvait pas entrer dans la perspective que l’on s’arrête de travailler quand on a assez pour manger deux ou trois jours. Les conflits entre employeurs occidentaux et ouvriers arabes ou africains entre 1900 et 1940 ont été innombrables sur ce thème-là. Mais, très remarquablement, cette valorisation de l’homme par le travail a été adoptée par des mouvements féministes. L’homme a maintenu la femme en infériorité, parce que seul il effectuait le travail socialement reconnu. La femme n’est valorisée aujourd’hui que si elle « travaille » : compte tenu que le fait de tenir le ménage, élever les enfants n’est pas du travail, car ce n’est pas du travail productif et rapportant de l’argent. Gisèle Halimi dit par exemple : « La grande injustice c’est que la femme a été écartée de la vie professionnelle par l’homme. » C’est cette exclusion qui empêche la femme d’accéder à l’humanité complète.

(…)Le travail est ainsi identifié à toute la morale et prend la place de toutes les autres valeurs. Il est porteur de l’avenir. Celui-ci, qu’il s’agisse de l’avenir individuel ou de celui de la collectivité, repose sur l’effectivité, la généralité du travail. Et à l’école, on apprend d’abord et avant tout à l’enfant la valeur sacrée du travail. C’est la base (avec la Patrie) de l’enseignement primaire de 1860 à 1940 environ. Cette idéologie va pénétrer totalement des générations.
Et ceci conduit à deux conséquences bien visibles, parmi d’autres. Tout d’abord, nous sommes dans une société qui a mis progressivement tout le monde au travail. Le rentier, comme auparavant le Noble ou le Moine, tous deux des oisifs, devient un personnage ignoble vers la fin du XIXe siècle. Seul le travailleur est digne du nom d’homme. Et à l’école on met l’enfant au travail comme jamais dans aucune civilisation on n’a fait travailler les enfants (je ne parle pas de l’atroce travail industriel ou minier des enfants au XIXe siècle, qui était accidentel et lié non pas à la valeur du travail mais au système capitaliste). Et l’autre conséquence actuellement sensible : on ne voit pas ce que serait la vie d’un homme qui ne travaillerait pas. Le chômeur, même s’il recevait une indemnité suffisante, reste désaxé et comme déshonoré par l’absence d’activité sociale rétribuée. Le loisir trop prolongé est troublant, assorti de mauvaise conscience. Et il faut encore penser aux nombreux « drames de la retraite ». Le retraité se sent frustré du principal. Sa vie n’a plus de productivité, de légitimation : il ne sert plus à rien. C’est un sentiment très répandu qui provient uniquement du fait que l’idéologie a convaincu l’homme que la seule utilisation normale de la vie était le travail.

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JACQUES ELLUL

La Source vive, d’Ayn Rand

J’ai lu ce roman il y a déjà plusieurs semaines mais il m’a tellement déplu que je m’en souviens encore assez bien. Tout au moins, je me souviens des deux parties que j’ai lues car j’ai abandonné ce volumineux roman à la moitié.
Je ne vais pas m’étendre excessivement sur l’histoire de ce roman, qui n’est qu’un prétexte pour développer longuement des arguments en faveur des thèses philosophiques ultra-libérales défendues par Ayn Rand dans les années 1930 aux Etats-Unis.
En gros, dans ce roman, vous avez l’opposition caricaturale entre un arriviste sans talent, prêt à tuer tout le monde pour assouvir son ambition, plein de compromission et d’hypocrisie, et de l’autre côté le génie sûr de sa force et de sa supériorité, qui ne se laisse ébranler par aucune adversité, refuse le moindre compromis, n’essaye pas de se conformer aux désirs des autres pour leur plaire car il sait que son génie écrasant finira par l’emporter de toutes les manières.
Si vous rajoutez à cela une histoire de rivalité amoureuse plus ou moins sado-maso où la belle femme aime se faire violer et cracher son venin journalistique sur son violeur pour lui faire plaisir, vous verrez à peu près de quoi il retourne.
Dans ce livre, les personnages forment tous une belle brochette de requins qui ne pensent qu’à s’entre-démolir. Même l’amour est une prise de pouvoir, une lutte et une domination de l’un sur l’autre.
Si le personnage du génie incorruptible (dont chaque lecteur a compris dès le début qu’il triompherait glorieusement à la fin) est celui qu’Ayn Rand propose à notre admiration, elle ne nous le décrit pas pour autant comme un homme bon, bien au contraire ! C’est un requin encore plus féroce que tous les autres requins qui lui veulent du mal.
C’est lourd, démonstratif, stéréotypé, …
Une lecture peu ragoûtante, que je déconseille vivement !

La Musique et l’ineffable de Vladimir Jankélévitch


Ce livre m’a été offert par mon ami, le poète Denis Hamel, et je l’ai lu très rapidement car il m’a fascinée et passionnée.
Lors de mes lectures, il m’arrive souvent de corner les pages qui me plaisent le plus ou qui me semblent les plus représentatives, mais dans La Musique et l’Ineffable j’ai corné presque toutes les pages : il est vraiment très difficile de choisir parmi tant de beautés.
Jankélévitch (1903-1985) s’emploie dans ce livre à nous dévoiler les qualités et les propriétés de la musique, il s’interroge sur son côté ineffable et non pas indicible, sur ses rapports avec le silence mais aussi avec le Temps, sur ses capacités à suggérer des sentiments ou des images, sur ses ressemblances ou dissemblances avec la poésie, avec les arts plastiques, etc.
A l’appui de ses idées, il cite de nombreux exemples de musiques classiques, surtout post-romantiques ou des débuts du 20è siècle (Fauré, Debussy, Satie, Prokoviev, Bartok, Albeniz) et c’est sans doute le petit reproche que je ferais à ce livre, de limiter ses références à une période si restreinte de l’histoire de la musique, et uniquement à la musique classique européenne.
On se dit que ses idées auraient été encore plus foisonnantes et riches s’il s’était aussi penché sur les musiques populaires, les musiques plus rythmiques, ou le jazz, ou les musiques asiatiques ou africaines.
Malgré ce petit reproche, j’ai trouvé ce livre superbe, intelligent, clair, sans jargon rébarbatif, et même plein d’élans poétiques et d’amour pour son sujet.

Voici deux extraits qui m’ont plu :

Page 119 :

Le charme est, comme le sourire ou le regard, cosa mentale ; on ne sait ni à quoi il tient, ni en quoi il consiste, ni même s’il consiste en quelque chose, ni où l’assigner … Il n’est ni dans le sujet ni dans l’objet, mais passe de l’un à l’autre comme un influx. Et plus généralement : rien n’est musical en soi, ni une neuvième de dominante, ni une cadence plagale, ni une échelle modale, mais tout peut le devenir selon les circonstances ; tout dépend du moment, et du contexte, et de l’occasion, et de mille conditions qui d’une nouveauté peuvent faire un trait d’esprit insincère ou pédant, et d’un banal accord une trouvaille géniale.(…)

Page 122

Un musicien de génie peut donc être un novateur sans être à proprement parler un inventeur. Et ainsi, ceux qui s’attendaient à des « trouvailles » seront déçus. N’en doutons pas : le besoin dévorant de nouveauté, si caractéristique des surenchères modernes, implique l’idée que le fait musical est une chose ; la musique serait dans le cas de toute technique : et de même que les techniques se prêtent à un perfectionnement indéfini, chaque salon de l’automobile ou des arts ménagers apportant des améliorations inédites par rapport au salon précédent, ainsi le progrès perpétuel serait la loi de la musique. Toujours plus loin, plus vite, plus fort ! Dans cette course aux armements chaque musique, battant les records de la précédente, se présente comme le dernier cri de la modernité ; chaque musicien, refoulant ses devanciers dans l’inactuel et le démodé, revendique son brevet d’inventeur. A une époque où le pastiche de la « recherche scientifique » est devenu quasiment général, les musiciens se devaient à eux-mêmes de devenir « chercheurs », comme tout le monde. Que cherchent-ils, en somme ? Un accord inconnu ? Une particule nouvelle ? Gageons que la soif d’innovations traduit ici le déclin de l’inspiration. (…)

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La musique et l’ineffable est paru dans la collection Essais chez Points, il était paru pour la première fois en 1961.
Si vous aimez la musique et les réflexions sur l’art, je ne peux que vous conseiller cette lecture.

Un extrait de Tchouang Tseu

J’ai trouvé cet extrait dans le livre « Les oeuvres de Maître Tchouang » (traduction de Jean Levi) paru aux éditions de l’encyclopédie des Nuisances en 2010.

Je l’ai choisi pour son côté poétique, et aussi parce qu’en ce lendemain d’élections, où beaucoup ne trouveront pas leur compte, et seront partagés entre la crainte et la frustration, un peu de sagesse chinoise ne peut qu’élever les esprits vers des sphères plus pures que celles de la politique.

(…) Sans doute as-tu entendu jouer les flûtes humaines, mais non les flûtes terrestres, et si tu as entendu les flûtes terrestres, tu n’auras certainement jamais entendu les flûtes célestes.
– Non, en effet, puis-je savoir de quoi il s’agit ?
– Cette large masse qu’est la terre respire, et sa respiration est ce que nous appelons le vent. Souvent, il reste au repos, mais sitôt qu’il se lève, toutes les cavités de la terre se mettent à hurler avec rage. Tu ne les as jamais entendus, ces mugissements, wouh, wouh ? (…) et cela gronde, gémit, mugit, rugit, râle, murmure, hulule et pleure. Ils entonnent de grands oh ! auxquels de grands ouh ! répondent. Petite harmonie quand souffle la brise, grandes orgues quand se déchaîne la tempête. Mais sitôt que les rafales cessent, alors les cavités se vident. As-tu surpris parfois comme toute la nature tremble et frémit ?
– Ainsi la musique terrestre sort de ces orifices de même que la musique humaine émane des tubes de bambou. Mais la musique céleste ? dit Tseu-yeou.
– Ah, la musique céleste, répondit Tseu-ts’i, elle souffle de mille façons différentes, mais de telle manière que chaque être exprime son moi, et que tous répondent spontanément à leurs inclinations. Mais qui donc les anime ?
Les grands esprits voient large, les petits mesquin, les grands discours embrassent, et les petits excluent. Dans le sommeil les âmes se mêlent, en état de veille le corps s’ouvre. L’esprit se frotte au réel, s’y imbrique et lui livre jour après jour un dérisoire combat. (…)

La philosophie antique de Pierre Hadot

hadot_phi_antiqueAutant dire tout de suite que je ne suis pas une habituée des lectures philosophiques : j’en ai peut-être lu trois ou quatre ouvrages dans toute ma vie et je n’ai jamais été très férue de cette discipline … Mais là, avec ce livre intitulé Qu’est-ce que la philosophie antique ? j’ai été emballée et convaincue : d’une part il se lit très facilement, sans jargon technique ou coupage de cheveux en quatre, d’autre part il éclaire d’un jour nouveau – en tout cas nouveau pour moi ! – ce que l’on croyait déjà connaître sur Platon, Socrate, Epicure, Diogène, etc.
L’idée maîtresse du livre est que, dans l’Antiquité, la philosophie était davantage un mode de vie qu’un savoir théorique et que la « Sophia » recherchée par les philosophes antiques était également un savoir-faire, une habileté, ainsi qu’une capacité à discuter et à vivre en communauté.
Dans l’Antiquité, il y avait en effet des « écoles » philosophiques réunissant maîtres et disciples mais ce n’était pas des cours dans le sens moderne qui étaient dispensés – c’était plutôt un art de la discussion et de la réflexion, à la manière de Socrate. Il y avait également des examens de conscience et ce qu’on pourrait apparenter à des confessions.
Selon Hadot, c’est avec le développement de la doctrine chrétienne que la philosophie est devenue de plus en plus théorique et réduite à des enseignements scolaires.
J’ai particulièrement apprécié l’exposé qu’il fait de la doctrine épicurienne qui n’est pas, comme on le croit généralement, une recherche effrénée du plaisir, mais qui aurait été une manière de contrôler ses désirs pour parvenir à la sérénité (je résume beaucoup).
J’ai été intriguée également par les modes de vie cynique, sceptique, aristotélicien, … et j’ai trouvé que ces courants de pensée pourraient tout à fait être remis à la mode aujourd’hui, car ils sont séduisants chacun dans leur style.
Un livre que j’ai trouvé aussi instructif que plaisant !

François Cheng, Cinq méditations sur la beauté

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Quatrième de Couverture :

En ces temps de misères omniprésentes, de violences aveugles, de catastrophes naturelles ou écologiques, parler de la beauté pourrait paraître incongru, inconvenant, voire provocateur. Presque un scandale. Mais en raison de cela même, on voit qu’à l’opposé du mal la beauté se situe bien à l’autre bout d’une réalité à laquelle nous avons à faire face. Je suis persuadé que nous avons pour tâche urgente, et permanente, de dévisager ces deux mystères qui constituent les extrémités de l’univers vivant : d’un côté, le mal ; de l’autre, la beauté. Ce qui est en jeu n’est rien de moins que la vérité de la destinée humaine, une destinée qui implique les données fondamentales de notre liberté.

Mon avis :

Ce livre est un essai essentiellement philosophique, mais également poétique : à ce titre, la longue réflexion sur la beauté de la rose ou celle sur la beauté de la Joconde sont particulièrement frappantes. Quand François Cheng compare le visage à un paysage que l’on offre à son vis-à-vis, ou les sentiments, également, à des paysages, ou qu’il parle de la beauté des regards, et de l’importance des regards croisés dans la compréhension de la beauté, nous sommes là encore en pleine poésie.
Du point de vue philosophique, c’est un livre très érudit mais qui sait se mettre à la portée du néophyte (à condition toutefois de bien se concentrer) : il multiplie les références à la pensée aussi bien occidentale (de Platon au 20è siècle) que chinoise (Taoïsme, Confucianisme), faisant même quelques incursions dans la pensée islamique, et offrant par là même quelques points de convergence universels.
Pour François Cheng, la beauté est à rapprocher de la bonté : il remarque que les deux mots sont presque semblables en français et il rappelle le fameux « kalosagathos » des grecs anciens.
Il parle aussi, sans jugement de valeur, de l’art contemporain – ou tout au moins de l’art depuis le début du 20è siècle : lorsque, précisément, la beauté a cessé d’être son objectif.

Un livre essentiel !

Meilleurs vœux pour 2015 ! Petite chronique et bilan

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En ce premier jour de 2015 je tiens à souhaiter à tous les lecteurs qui me suivent (et aux autres qui sont juste de passage) une superbe année, pleine de lectures enrichissantes, de poésie et de succès personnels !
2014 aura été une année très réussie pour moi, pour ce petit blog, et j’espère que 2015 saura suivre la même pente.

Ces derniers mois, j’ai lu de nombreux livres que je n’ai pas chroniqués dans ce blog, et je voudrais aujourd’hui profiter de ce nouvel article pour noter quelques impressions au sujet de certaines de ces lectures qui m’ont marquée.
Les voici donc en vrac :

– Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau : Un livre de souvenirs du grand écrivain, dans lequel il essaye de prouver aux yeux de ses contemporains et de la postérité qu’il n’est pas un homme méchant – ce dont on l’a accusé à l’époque parce qu’il avait abandonné ses enfants les uns après les autres. C’est un livre extrêmement vivant et agréable à lire, où foisonnent les anecdotes amusantes, et où Rousseau ne cache rien de ses mauvais penchants et de ses petits travers, il n’hésite pas à aborder les thèmes liés à la sexualité en particulier, avec des tendances exhibitionnistes dans son adolescence dont il parle avec un mélange de pudeur et d’humour.
C’est surtout, à mon avis, un livre très passionnant si on cherche à se représenter ce qu’était la vie quotidienne au 18è siècle, avec ses habitudes sociales, ses mentalités, et la manière dont on concevait la psychologie.

– Métaphysique de la mort d’Arthur Schopenhauer.
Je ne suis pas du tout habituée à lire de la philosophie, et je craignais, en commençant ce livre, que ça me passe au-dessus de la tête. Mais j’ai été très vite rassurée : c’est un livre assez facile à lire pour un néophyte en philosophie, et qui ne demande pas trop de connaissances préalables. J’ai été très profondément impressionnée et même bouleversée par ce livre, qui est très stimulant intellectuellement, et donne une vision vraiment plausible de la mort telle qu’elle est peut-être. Selon Schopenhauer, la vie après la mort est une fable, nous n’existerons pas plus après la mort que nous n’existions avant la naissance, mais il est possible que la réincarnation existe et, du point de vue de notre espèce humaine, la mort n’existe pas vraiment dans la mesure où la nature de l’espèce est immuable …

– La Carte et le Territoire de Michel Houellebecq.
Je n’ai pas chroniqué ce roman car beaucoup de choses pertinentes ont déjà été écrites par la critique et par les commentaires de blogueurs. En fait, ce livre m’a beaucoup plu par son humour et le regard qu’il porte sur l’art contemporain, la célébrité et surtout des passages très forts sur l’euthanasie et la vieillesse. Par contre, il y a une tentative d’histoire d’amour qui selon moi n’est pas très réussie car un peu abstraite et désincarnée ; et puis il y a une tentative d’enquête policière qui n’est pas très palpitante non plus mais, à mon avis, Houellebecq n’avait pas de réelle ambition dans ce domaine. Reste une impression vraiment foisonnante, d’un livre qui essaye de donner une vision globale de la société contemporaine, et qui ne craint pas de combattre les clichés et les idées à la mode.

Voilà pour les trois livres lus et non chroniqués en 2014 et que je conseille vivement !