Bonne année à tous et quelques haikus !

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Je vous souhaite à tous une très belle année 2017 pleine de paix et de douceur ! Mais aussi de culture et de réussites !

Voici quelques haikus de ma composition – pour célébrer l’hiver et le nouvel an !

Balade hivernale,
ciel couleur de patinoire
et trottoirs glissants.

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Flocons pas plus gros
que des têtes d’épingles
– le froid me pique !

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La nuit va tomber
sur l’épais brouillard d’hiver
– Voiles noirs, voiles blancs.

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Cheminées fumantes
arbres saupoudrés de givre,
blancheurs dans la brume.

**
La nuit la plus longue
de l’année, ne pas dormir,
écouter la pluie.

**
Mouvement de recul
face à l’hiver qui approche
– Comment y échapper ?

**

En hiver, les arbres
ne meurent pas : ils dorment ;
les oiseaux les veillent.

**

Le jour se lève
sur un ciel couvert : passage
du noir au gris.

**
Dans la flaque d’eau
se reflètent les grands arbres
la tête en bas.

**
Pour la Saint-Sylvestre
La foret a les cheveux blancs
et de longs bas noirs.

**
Noël au jardin :
les escargots font leur
petit réveillon.

Marie-Anne BRUCH

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Trois poèmes écrits en février 2015

J’ai beaucoup écrit de poèmes le mois dernier, et je vous en propose trois parmi ceux que je préfère.

***
Révoltes du vent

Le vent semble venir des profondeurs de la terre et la nuit s’ébranle comme un long train vétuste.
Les arbres sont sans doute à bout de nerfs derrière les volets exténués et je pense au préau de l’enfance où stagnaient les jours de pluie et les automnes passifs.
Le vent est un fantôme de cheval insurgé, qui se rue contre l’espace et se cabre devant le temps.
Le silence pose à nouveau sa patte puissante sur la maison et l’avenir semble vouloir me chasser hors de moi-même.

***
Nord Magnétique

Le silence est un azur sonore où s’effiloche la brume et je songe à cette fatalité de devoir se subir soi-même.
Tu as longtemps vu l’amour comme un bras de fer avec la destinée et tu restais des heures sur le même banc public en attendant de devenir plus jeune.
Les années passées ont aplani les montagnes d’illusions qui se dressaient devant toi et maintenant tu peux voir qu’il n’y a pas grand-chose de pittoresque à l’horizon.
A cette heure de grand silence, les poussées du vent se font plus violentes et te désorientent ; seules tes solitudes immobiles semblent toujours indiquer le nord.

***
Souvenirs d’Espagne

Les rémouleurs viennent du pays des guitares sauvages et des orgues de barbarie pour aiguiser les cris des matrones aux mains pleines de lames et les yeux des enfants qui ont bu trop de soleil.
Dans la cage d’escalier se cognent toutes les langues, comme des cailloux au fond de la fontaine des souvenirs d’enfance.
La mer est plus mousseuse qu’un champagne, plus salée que la sueur au-dessus de ma lèvre, et plus amère que l’acrimonie d’une vieille coquette.
Le bleu des immeubles rivalise avec l’intérieur des piscines et semble monter jusqu’au ciel.
Le long de la voie ferrée voltige mon ennui couleur de sable, et grillent des noisetiers dont les fruits ne mûrissent jamais.
La vie est lancinante comme une rage de dents, sur laquelle on appuie avec un coin de la langue.
Le Christ en croix dans son cadre en bois souffre autant que moi de mes coups de soleil.
Au-delà des collines, on est parfois saisi par le rayon vert.

Deux poèmes écrits en janvier 2015

J’ai écrit ces poèmes entre la fin décembre 2014 et le début janvier 2015. Ils sont encore inédits mais ont été publiés sur certains forums de poésie.

Tableau
(27 décembre 2014)

Le bruit de la pluie est plein de frétillements et de répercussions, on devine les fractures du ciel et les nuages bourgeonnants.
Le bruit de la pluie ondoie comme un pressentiment et je reste hermétique aux réminiscences d’amours passées.
La cigarette a un goût de réglisse usagée, d’insouciance périmée, et la fumée prend la teinte des albums de famille au fond des tiroirs tristes.
Cette nuit, mes rêveries ne me mèneront pas plus loin que la lisière de l’enfance et je reste insensible au vent froid qui se lève à l’orée du trépas.
La chaleur de ton sommeil me ramène aux moissons d’autrefois sur les enluminures.
La tiédeur de ton souffle ranime l’or et la myrrhe sur les toiles flamandes.
Le bruit de la pluie s’effondre sur mes frissons.

Marie-Anne Bruch
****

Revue de détail (10/01/2015)
en l’honneur de Charlie Hebdo

L’écho des guerres lointaines se dilue peu à peu dans le ciel impassible et la ville s’enivre du récit de ses fautes supposées.
Nous irons faire du tourisme dans les décombres des citadelles vaincues, nous achèterons des soldats de plomb aux épiciers goguenards.
La paix est une grenade qu’on n’ose pas dégoupiller et qu’on laisse moisir dans un champ en friches.
Les dieux, avec leurs yeux d’acier trempé, ne pleurent pas sur nous et attendent patiemment notre déconfiture.
Notre liberté consiste à nous détailler sans fin dans les miroirs, notre liberté consiste à ressembler éternellement à nous-mêmes.

Marie-Anne Bruch
****

Deux poèmes écrits en novembre 2014

J’ai écrit ces deux poèmes il y a environ trois semaines.
Prière de ne pas diffuser ces textes sans mon accord préalable.

Flashes

L’automne soupirait sous nos pas, détrempait nos regards trop aigus, remodelait la boue de nos souvenirs hors d’âge.
Les habitudes ni bonnes ni mauvaises nous tenaient lieu d’épine dorsale.
Nous étions flous, brouillés comme des lunes dans leurs langes.
L’instant présent pouvait durer plusieurs minutes et, dans nos soirs de nostalgie diffuse, il durait même une éternité.
Nous cherchions une continuité. Nous voulions voir dans l’existence un fil à dérouler, à démêler, mais tout n’était que flashes juxtaposés, jusqu’à nos rêves conscients, jusqu’à nos nuits d’amour.
Nos phrases étaient bâties sur des influx fugaces.
Nos pensées relayaient le bas voltage de la matière.

Marie-Anne Bruch

***

Courants gris

Nous nous sommes aimés à l’abri des lumières
impérieuses et tenaces qui cisaillaient la ville ;
Nous nous sommes aimés à l’abri du soleil
qui aurait pu ronger nos fragiles baisers
et jeter nos sourires en pâture aux loups blancs.
L’air entre nos deux corps était une souple étoffe
de mousseline grise, plus légère qu’une ombre ;
L’air entre nos deux corps ressemblait aux sous-bois
moussus comme des vagues, incertains comme la neige.
Nous nous sommes aimés à l’abri du vacarme
qui cinglait les volets comme des feux de détresse.
Et nous étions heureux dans l’écrin du silence,
dans la bogue de la nuit.
Et le temps nous couvrait de sa cape immobile.

Marie-Anne Bruch

***

Parution du livret Polder n°163

En cette mi novembre 2014, je vous annonce la parution du livret Polder n°163.
J’ai l’honneur d’avoir été choisie comme auteur pour ce livret de poésie, et j’ai la chance d’avoir pour préfacier le poète Denis Hamel et pour illustratrice la poétesse Claire Ceira.
Polder est une collection de poésie dirigée par la revue Décharge et imprimée par les éditions Gros Textes, son but est de faire entendre des voix nouvelles.

Voici deux poèmes extraits de ce recueil :

Sans titre

La nuit hésitait
entre silence
et ténèbres.

J’oscillais
entre cœur
et esprit.

La solitude était
lisse comme une plume.

Le passé
semblait une bien obscure
énigme.

Il fallait saisir
le présent
du bout du stylo.

On pouvait écrire
tout et son contraire
sans jamais
être dans le vrai.

A cette heure-là
la nuit
faisait miroir.

Je regardais
mon visage par la fenêtre.

***

Milieu de la nuit

La lampe ouvrait
la nuit en deux.

Des choses
belles ou terribles
se tramaient
de par le monde.

Les sièges vides
face à moi
me tenaient compagnie.

Par des nuits
comme celle-là,
l’amour paraissait
quelque peu surhumain.

L’espérance
supposait
trop de patience,

et le temps de la nuit
était d’une extrême
lenteur.

Seul, on ne sentait
ni sa force
ni sa faiblesse.

***

Vous pouvez vous procurer ce recueil de poèmes Ecrits la nuit suivi d’Ecrits d’amour par Marie-Anne Bruch (Polder n°163) en le commandant aux éditions Gros Textes :
éditions Gros Textes
Fontfourane
05380 Châteauroux-les-Alpes
(France)

ou encore en le commandant à :
Jacques Morin
(Directeur de la revue Décharge)
4 rue de la Boucherie
89240 EGLENY

Le prix en est de 6 euros.

Journal d’un roman n°6

Vous vous souvenez peut-être, chers lecteurs, qu’au mois d’avril de cette année j’avais terminé l’écriture du premier jet d’un roman – récit autobiographique plus exactement – , avec l’intention de le corriger un mois plus tard, et hésitant beaucoup sur une éventuelle tentative de publication ?
Eh bien, il m’aura fallu en réalité cinq mois de réflexion avant de pouvoir prendre une décision …
J’ai laissé reposer ce récit sans y toucher et c’est seulement au mois de septembre que j’ai eu le courage de remettre mon nez dedans. J’avais peur de découvrir de nombreux défauts et faiblesses mais, finalement, je n’aurai passé qu’une dizaine de jours à faire des corrections, qui ont été le plus souvent minimes : changement d’un mot ou d’une tournure de phrase, correction de coquilles. Une réécriture de certains passages a parfois été nécessaire, et j’ai aussi réalisé quelques coupes de paragraphes qui ne me plaisaient plus …
Et puis j’ai sauté le pas : j’ai envoyé ce récit à trois éditeurs de moyenne importance vers la mi-septembre. Sur le site internet de de l’un de ces éditeurs il est précisé qu’il faut compter deux mois d’attente pour avoir une réponse après l’envoi d’un manuscrit, je prends donc mon mal en patience et vise la mi novembre avec impatience !
Ce qui m’a décidée à contacter des éditeurs c’est d’abord la curiosité : l’envie de faire lire ce travail à des professionnels, l’envie de savoir ce que vaut ce récit (même s’il est probable que je ne reçoive de la part des éditeurs que des refus sous forme de lettres-types, mais on ne sait jamais !). Et puis je crois que j’aurais trouvé dommage de garder ce texte dans un tiroir, sans lui donner au moins une chance de voir le jour.
Période d’attente donc !
Rubrique à suivre …

Journal d’un roman n°5

Il y a une bonne dizaine de jours j’ai terminé l’écriture de mon roman, du moins j’ai terminé le premier jet et fait les premiers niveaux de corrections.
J’ai donné immédiatement le manuscrit à lire à deux amies.
L’une a été très positive sur mon travail, l’autre a été plus réservée parce que la structure du récit lui semblait peu claire, ce que je conçois très bien.
En tout cas, leurs avis m’ont beaucoup rassurée et je les remercie grandement.

Je souhaite maintenant prendre du recul et « laisser reposer » le manuscrit avant de le reprendre pour plus de corrections.
J’ai repris hier l’écriture poétique et j’essaye de ne plus penser à ce roman.
Peut-être, quand je le relirai (d’ici 15 jours ou trois semaines), ne me plaira-t-il plus et ne me reconnaîtrai-je plus dans cet écrit ? Cela m’est déjà arrivé avec des poèmes.

Il y a aussi la question de l’envoi aux éditeurs.
Je révèle dans ce roman des choses très personnelles, parfois impudiques. Je n’ai pas forcément envie que ma famille sache tout cela sur moi, ou lise ce que je pense d’elle.
La tentation existe, de garder ce roman dans un tiroir et de ne rien tenter pour le publier.
Mais la tentation existe aussi, de faire quelques envois à des éditeurs « pour voir ».

On verra. Pour le moment je laisse reposer !

Rubrique à suivre …

Journal d’Un Roman – Numéro 4

Ceux qui me suivent depuis plus d’un an se souviennent peut-être que, dans les premiers mois de 2013, je tentais d’écrire un récit autobiographique.

J’avais abandonné ce travail en mars, n’étant pas satisfaite de la structure de ce manuscrit et n’ayant plus aucune inspiration.

En octobre 2013, j’ai repris ce projet d’écriture et j’ai décidé de tout recommencer.
Je n’ai pas, pour autant, fait de copier-coller de la première version vers la nouvelle version. J’ai tout repris du début.

Ayant eu des problèmes de construction de mon récit, j’ai beaucoup réfléchi à cet aspect de mon travail et j’ai opté pour une structure intermédiaire entre le journal intime et le récit biographique.
De fait, la structure est maintenant assez complexe. J’espère juste que mon lecteur s’y retrouvera !

J’en suis maintenant presque à la fin – je pense en avoir encore pour dix ou quinze jours de travail intensif.
Arrivant presque au bout de ce projet, ma motivation se trouve décuplée et je passe désormais trois ou quatre heures par jour à écrire ce roman.
Il y a seulement un ou deux mois, j’avais l’impression d’être dans un long tunnel dont je ne verrais jamais le bout !

Ces derniers jours, j’ai eu l’occasion de m’apercevoir qu’il y avait un aspect thérapeutique dans ce travail d’écriture. Je le vis un peu comme une auto-psychanalyse par moments. J’ai dû revisiter certains pans de ma propre histoire, en adoptant un regard neuf et sans complaisance ! Au moins sur le plan personnel, ça aura été très enrichissant !

Au départ, je pensais raconter toute ma vie de A à Z. Et puis, je me suis aperçue que ce n’était ni intéressant ni souhaitable. J’ai dû faire des choix. Sélectionner les épisodes importants et laisser tomber les détails me semble être le principal travail. Ce n’est pas toujours aisé. Il y a parfois des détails qui son très révélateurs d’une atmosphère, d’un personnage, et qu’on ne doit pas supprimer.

Rubrique à suivre !

Journal d’un roman – Numéro 3

Je poursuis cette rubrique aujourd’hui car je traverse une période difficile dans l’écriture de mon roman. J’avais arrêté d’écrire pendant trois jours, puis je m’y suis remise, mais certains soirs j’ai vraiment besoin de me forcer car la motivation n’y est plus tout à fait.
Cela fait maintenant un mois et demi que j’ai commencé ce projet et, comme je m’y attendais dès le départ, je ne ressens plus la grande fougue du début, cela devient un travail un peu pénible.
Il faut dire que j’avais commencé par l’écriture de toutes les scènes les plus essentielles de cette histoire, et donc il ne me reste maintenant que les anecdotes, qui sont moins intéressantes, mais indispensables au déroulement du roman et à la vraie compréhension des personnages. C’est donc normal que je me sente moins passionnée maintenant qu’il y a quelques semaines…
Cette baisse de motivation est d’autant plus bête que je ne suis plus très loin d’avoir terminé le premier jet : j’ai actuellement soixante-seize pages et je pense qu’il ne manque plus qu’une vingtaine – trente au maximum. Ce sera donc un court roman, ce que je ne savais pas avant de commencer (j’imaginais au contraire une histoire de plus de deux cents pages quand je pensais à tout ce que j’avais à raconter et à dire !).
Sinon, mon histoire, qui se voulait un pur récit autobiographique, a légèrement dévié vers l’imaginaire : je ne dis pas toute la vérité et rien que la vérité ! Il m’a semblé qu’en modifiant ou en résumant certains épisodes cela deviendrait plus intéressant pour un éventuel lecteur… la peur d’écrire un roman ennuyeux est en effet très présente !
A propos de lecteur, je commence à avoir hâte de faire lire ce travail à quelqu’un !
A vrai dire, j’avais fait lire déjà une première ébauche à une amie qui avait été encourageante, mais cela fait déjà un mois, et je ne tarderai sûrement pas à solliciter un deuxième avis.

Journal d’un roman – Numéro 2

Voilà plus de trois semaines que j’ai commencé à écrire mon roman (« récit autobiographique » serait plus juste) et je trouve que ça avance extrêmement lentement. Pour le moment cela forme un fichier Word de 40 pages, mais je trouve ça mince comparé à tous les efforts que je fournis et au nombre d’heures que je passe dessus. Bien sûr, vous me direz que l’essentiel est la qualité et non la quantité – mais, tout de même, au rythme où je vais, je me demande quand j’arriverai au bout ! Et quand je pense qu’après le premier jet du roman, il faut parfois encore le réécrire trois ou quatre fois, je trouve cela titanesque …

Mais je garde courage et je suis persévérante.
J’ai conscience que c’est un travail d’endurance.

La façon dont j’ai procédé les quinze premiers jours pour l’écriture de ce roman ? Eh bien, j’ai écrit toutes les scènes charnières, avec l’idée de « combler les trous » entre ces différentes scènes dans la suite de mon travail. J’avais besoin de me créer ainsi des jalons dans cette histoire. Et puis, les scènes charnières sont aussi celles dont je me souviens le mieux et, donc, les plus faciles à écrire.

En ce moment j’écris un « bloc » de scènes qui forment une suite très logique vers la fin de l’histoire – là aussi c’est assez simple à écrire car je me souviens très bien de la chronologie et des sentiments qui animaient les différents personnages.

Comme vous le voyez, j’ai commencé par le plus facile – je me réserve les plus grosses difficultés pour la suite !

Par rapport au blog La Bouche à oreilles : comme je suis très prise par mon roman, je n’ai plus beaucoup de temps pour lire de gros livres (ou alors au ralenti) donc je risque de poster surtout des articles poésie dans les prochain(e)s jours/semaines.