Haikus des quatre Saisons

Vous aurez peut-être remarqué, pour ceux qui me suivent régulièrement, que j’écris des haikus depuis le début de l’année 2015.
J’ai d’ailleurs eu le plaisir de partager ici certains d’entre eux, au gré des saisons et des changements de temps.

Je choisis donc ce dimanche un peu maussade et automnal pour vous annoncer la parution chez l’éditeur Encres Vives de mon recueil Haïkus des Quatre Saisons, où vous retrouverez quelques tercets publiés au fil des mois, ainsi que beaucoup d’autres inédits, mais dans le même esprit.
La postface a été écrite par le poète Denis Hamel.

Si vous désirez en savoir plus vous pourrez lire un article du revuiste et poète Patrice Maltaverne sur son blog Poésie Chronique Ta Malle dont voici le lien : Chronique Poétique de P.Maltaverne – page sur laquelle vous trouverez aussi quelques extraits.

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Quelques haikus de Sôseki

Vous retrouverez ces haikus et beaucoup d’autres dans le recueil Haikus de Sôseki paru chez Picquier poche, et traduits du japonais par Elisabethe Suetsugu.
Söseki (1867-1916) est un écrivain japonais principalement connu pour ses romans et ses nouvelles, mais qui est également l’auteur de plus de 2500 haikus.

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Les hommes meurent
Les hommes vivent
Passent les oies sauvages

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Traversant le ciel nocturne
Une oie sauvage s’est posée
Sur la lune

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Poitrine décharnée
Un souffle un soupir
Rafales de l’automne

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La brise d’automne se lève
Avec elle l’araignée
Toile scintillante

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Entre les feuilles du volubilis
Un reflet
Les prunelles du chat

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J’aimerais renaître
Si c’était possible
Aussi modeste qu’une violette

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Vent d’hiver
Qui précipite dans la mer
Le soleil couchant

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Une maison
Perce dans le silence
Le secret de la neige

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Deux sonnets de Christine de Rosay

Ce livre m’a été prêté par un ami, et sa diffusion est probablement assez confidentielle. C’est en tout cas un poète dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, et un éditeur (éditions du Tétragramme) qui m’est totalement inconnu.
On apprend en quatrième de couverture que Christine de Rosay est le pseudonyme de Jean-Marc Thevenin, né(e) en 1958, résidant à Troyes, et passionné(e) de voyages, auteur déjà d’une dizaine d’ouvrages de poésie.
Ce recueil s’appelle Les sonnets de Phnom Penh suivi de Les secrets de l’acide, imprimé en 2016.

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Attendre encore

Ils sont à l’hôpital et rêvent de santé
De sablier cassé la cigarette est bonne
Et les bouteilles d’eau ne serais-je que conne
Ils sont dans l’entrepôt la lumière du thé.

Souviens-toi d’exister partout c’est volonté
Hormis mon cœur crevé il n’y a rien qui sonne
Oublie chaussure usée si l’attente est consonne
Contre les alizés la nuit l’étrangeté.

Tomber dans le cynisme et le taire aux déesses
De ce ciel gris-bleuté c’est toujours la tristesse
Dans ma chambre d’hôtel à poings fermés la nuit.

Les avions au-dessus les cargos se faufilent
Des assiettes emplies les fossiles des fruits
L’appétit grand ouvert chaque journée qui file

Dans la chambre d’hôtel décor années quarante.

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Les cheveux roses

Suis pas un gargotier, je cuisine syntaxe
Et, mes cuisses serrées et les sombres en bas
Suis pas un aliéné cependant on me taxe
Dans cet aéroport climatisé ou pas.

J’ai faim dans le métro juste boire à la vasque
Pour écrire un sonnet dans le temps tu lapas
Pour me faire du plat, la France avec ses taxes
Troyes s’approche de moi sa tronche de trépas.

Mon corps est douloureux, la jungle est épatante
Tout est plein d’ironie et la rime apaisante
L’habitude d’errer et la suie que je suis.

Mais le temps se déguste et le pis sera cuit
La spirale du temps est l’immobile appui
Il me faudra du fric, mes dettes d’andropause.

Qui s’écroule dans moi, je rêve cheveux roses.

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