Quelques haïkus et photos de bord de mer

Etant partie quelques jours en Bretagne Sud, au mois de juin, je vous propose quelques haïkus et photos rapportés de ces journées de vacances. Ils vous donneront une idée de mon séjour et de mon état d’esprit du moment.

smart


Le ciel est rose
comme un grand coquillage
– et j’entends la mer.

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Pluie et vague
– dans un long brouillard blanc
l’océan se noie.

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Bien au-dessus
des tourterelles plaintives
une mouette plane.

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smart

K-ways et tongs
– à défaut de baignade
les touristes pataugent.

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Mer grise, ciel gris
– tu enfiles ton ciré
couleur de soleil.

smart

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La pluie peu à peu
espace ses gouttes – mouettes
dans la lumière.

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Plus doux, plus doré
que sable au soleil
– le grain de ta peau.

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Tintouin assommant
d’une mouche têtue
– sur l’heure de la sieste.

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Merci de noter que ces photos et haïkus ne sont pas libres de droit. Me consulter pour toute éventuelle utilisation.

Une recension de « La Portée de l’Ombre » par Frédéric Perrot

Merci à Frédéric Perrot de l’excellent blog Bel de Mai, qui a consacré une recension à mon dernier recueil La Portée de l’ombre, paru chez Rafael de Surtis en décembre 2020.


Vous pouvez lire son article ici :

https://beldemai.blogspot.com/2021/03/marie-anne-bruch-la-portee-de-lombre.html

Et voici pour rappel le recueil dont il s’agit et la manière de se le procurer;

bon de commande

Recension et autres bonnes nouvelles concernant mon livre « La Portée de l’ombre »

La poète et directrice de revue Cécile Guivarch vient de faire paraître sur son excellent site Terre à Ciel une recension de mon livre « La Portée de l’ombre » paru chez Rafael de Surtis.
Vous pouvez lire son article ici :

https://www.terreaciel.net/Hep-Lectures-fraiches-janvier-2021#.YBMUhU-g-Uk


Une autre bonne nouvelle :
Le poète Eric Dubois, qui anime le très bon site « Poésie Mag » vient de publier deux extraits de « La Portée de l’ombre », que vous pouvez consulter ci-après :

https://poesiemag317477435.wordpress.com/2021/01/26/marie-anne-bruch/

« La Portée de l’ombre » est disponible sur le site des éditions Rafael de Surtis, dans la catégorie « Proses » et Nouveautés.
Voici le lien vers la page :

EDITIONS RAFAEL DE SURTIS

Merci de votre intérêt !

Mon nouveau recueil poétique « La Portée de l’Ombre » est paru

Vous vous souvenez sans doute, si vous suivez ce blog, que les éditions Rafael de Surtis avaient lancé une souscription pour mon recueil « La Portée de l’ombre », où il est question de musique et de folie.
Cette souscription a bien marché, en grande partie grâce à vous, et je vous en remercie !
Le recueil a pu être publié vers la mi décembre 2020.

La poète et directrice du site Recours au Poème, Marilyne Bertoncini, a créé une vidéo à partir de l’un des textes de ce recueil : celui qui concerne Miles Davis et son célèbre morceau « So What ».
Merci à elle, car sa voix, sa diction, le paysage urbain et, bien sûr, la musique en arrière plan, correspondent parfaitement à mes intentions.

Pour acheter mon recueil, le bulletin de souscription que j’avais publié en novembre est toujours valable.
Je vous redonne le lien vers l’article ici.

Dans les prochaines semaines, je vous donnerai d’autres nouvelles de ce livre.

Parution de mon nouveau recueil « La Portée de l’ombre » : Lancement de la Souscription.

Cher(e)s ami(e)s blogueurs(euses), poètes, amateurs (trices) de littérature,

J’ai le plaisir de vous annoncer le lancement d’une souscription pour mon recueil « La Portée de l’ombre » à paraître en décembre 2020 chez Rafael de Surtis.
Il s’agit d’un recueil de proses sur la musique (classique et jazz) de Bach à Miles Davis, sur les émotions artistiques en général et aussi sur la folie et l’internement, avec quelques échos et parallèles entre ces thèmes.
C’est un recueil très personnel où j’explore des sentiments et des perceptions que chacun peut connaître à des degrés divers.

Pour commander, vous pouvez imprimer le bulletin et le renvoyer avec votre règlement aux éditions Rafaël de Surtis, 7 rue Saint-Michel, 81170 Cordes sur Ciel – France.

Merci par avance à ceux qui auront cet intérêt !

Voici deux extraits de ce recueil :

Fauré – Quartet n°1 – Allegro (1er mouvement) – 1879

C’est une musique qui allie exaltation et humeur plaintive : on sent un grand chagrin, ou plutôt des envolées successives de chagrin, comme un sanglot qui n’accepte pas de se laisser consoler et qui se force à aller crescendo.
Cette musique possède une grande unité de ton, elle garde son caractère sophistiqué et son raffinement quelles que soient les circonstances.
Quelque chose d’élitiste, de précieux, de hautain, dans ces circonvolutions mélodiques : on sent que ce quartet a pu être joué par des dandys à monocles et des élégantes à éventails, du temps de la Belle Epoque, dans des salons du boulevard Saint-Germain, en revenant d’une promenade en calèche au Bois de Boulogne.
On pense à Proust, on voit des jeunes filles en robes blanches rire sous les tonnelles, observées à distance respectueuse par des hommes du monde neurasthéniques et rongés par des accès de jalousie morose.

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(Un autre extrait, plus loin)

Quelques temps après ma première hospitalisation – il y a quinze ans – j’avais croisé par hasard dans la rue une jeune femme que j’avais connue à l’hôpital.
Au moment où je l’ai croisée, je ne délirais plus mais j’étais très tracassée par le contenu de mon ancien délire et très mortifiée d’avoir été enfermée.
Cette rencontre dans la rue avait été pour moi l’occasion de parler de mon expérience délirante à cette jeune femme, et de lui demander ses impressions sur le délire qu’elle avait traversé de son côté.
Elle avait répondu à mes questions avec beaucoup de réticence et je la sentais gênée d’être amenée sur ce sujet.
Elle m’avait tout de même confié que, dans son expérience, elle avait sauvé le monde et que son délire ressemblait à un film fantastique américain.
Au bout de quelques minutes, elle avait écourté notre entrevue et m’avait dit qu’elle espérait que nous parlerions d’autre chose si nous devions nous recroiser un jour.
Je m’étais aperçue, avec surprise, que le contenu d’un délire était une chose intime et honteuse qu’il fallait garder pour soi.
Pourtant, dans mon idée, cette sorte d’expérience était quelque chose de rare qui pouvait nous apprendre quelque chose sur notre esprit, voire même sur le monde.

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Voici le bulletin de souscription :

bon de commande

Deux de mes derniers Poèmes en Prose

photo de la revue

Ces deux poèmes ont été publiés dans la belle revue annuelle Des Cahiers du Sens, éditée par Le Nouvel Athanor, sous l’égide de Jean-Luc Maxence et Danny-Marc.
Ce nunéro de 2020 marquait le trentième anniversaire de cette revue et abordait le thème du Silence.
J’ai cru comprendre que Le Nouvel Athanor cesserait son activité avec cette parution, ce qui m’attriste un peu, même si je suis contente d’avoir pu partager un petit bout de cette aventure avec eux.

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Le fait accompli

Le temps avance et nous emmène pas toujours avec lui. Restés en arrière, nous le regardons se diriger vers notre fin en nous demandant s’il est vraiment la peine de le rejoindre. Lui ne nous attend pas, son pas se fait au contraire plus pressé, plus sonore. Son pas continue à résonner dans nos têtes comme un glas urgent, jusqu’au bout du voyage. Bientôt, nous ne pourrons plus le rattraper et nos vies auront tout à fait versé dans le fossé de nos incuries et de nos poèmes en queue de poisson.

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Paysage Amoureux

Le soleil ouvre à peine la paupière, les nuages font bande à part et je regarde ailleurs.
Le matin n’est pas encore sorti de mon lit et l’aube démaquille l’horizon sans ménagements.
Ton absence est d’autant plus pesante que ta présence est légère.
Ton silence est lumineux, ta parole éclairante.
Ton amour me porte et me simplifie le monde sans le rétrécir.
Ton amour dénoue les lacets imbriqués de la mélancolie et de l’effroi.
Nul besoin de magie blanche, de sacrifice aux lunes rousses ou d’incantations cryptées, il me suffit de me dédoubler parfois en ton cœur.

MARIE-ANNE BRUCH

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Le Chant des Consonnes – 6è et dernière Partie

Voici la fin de ces petits exercices estivaux, avec les trois dernières consonnes de l’alphabet !
N’oubliez pas de respecter le droit d’auteur et de me consulter si vous souhaitez réutiliser ces textes, merci d’avance !

Statue de sphinx

Ivre de vin de Vouvray et vivante en vain, la veuve en verve à voix vindicative invective la vulve inventive et vouvoie son vis-à-vis, le revolver bivalve qui virevolte.

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Lorsqu’un exorciste axé sur ses axiomes exigus s’exerce à occire l’accès aux extases sous prétexte d’excès toxique sans excuse, son sexe vexé s’exile jusqu’à ce qu’une rixe exquise extorque au sphinx exsangue son luxueux élixir.

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Par zigzags s’Asie à Zanzibar, les onze oiseaux zinzins des horizons azurés zézayent à l’aise en osant des razzias oiseuses sur les usines usant d’osier en guise de zinc, causant des zizanies désabusées et nauséeuses chez les amazones.

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Le Chant des Consonnes (5è Partie)

Je poursuis la publication de mes petits textes de jeunesse – exercices de diction pour s’emmêler la langue ou fantaisies sans prétention pour le simple plaisir de juxtaposer des mots !
Ce sont davantage des jeux langagiers que de véritables poèmes mais je vous demande néanmoins d’en respecter le droit d’auteur !

saucisson

Et c’est parti pour les trois consonnes suivantes :

Au regard des toreros qui arborent leurs parures de dorures près des remparts aux rebords rembourrés où le ronron récurrent des rigueurs meurtrières réfrigère leurs remords, le rire des rats roux repérant les roueries des serrureries et les rustreries des armureries rend à l’horreur un air rare.

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Sous ce solstice à suspense, ces sangsues astucieuses censées sucer en silence la substance des espèces en sauce sans assassiner celles-ci, suscitent chez ce saucisson suspicieux une sensation d’insistance sans cesse associée à son sang.

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Ton tonton un tantinet triste trotte en titubant au faîte d’un tertre tortueux, teinté de tas de détritus, tentant à tâtons de triturer, et tout autant de tripoter, les tétons en titane d’une statuette taciturne ; bientôt retentit le tintouin d’un triton contestataire, entêté à traiter un tel attentat de totale turpitude.

Le Chant des Consonnes (4ème Partie)

Mammouth

Continuons dans notre progression alphabétique et explorons les trois consonnes suivantes.
Je rappelle que ces petits textes sont soumis au droit d’auteur.

*** M ***

Au moment même où murmurent les mômes malmenés, ma momie aux mamelles de minium et à mémoire minimum de mammouth, ami des museums, mime, émue, l’amertume maritime des mamans et marmonne un magma mou.

*** N ***

La none nunuche aux narines naines et le chanoine aux haines inhumaines ne nient ni nos nounous anonymes ni nos nirvanas nocturnes mais ânonnent l’inanité innée de nos années monotones.

*** P ***

A propos de pipeau, le peuple des poulpes, propres pour la plupart, pomponne un poupon pimpant en palpant ses polypes pleins de pus prospère puis épépine sa pulpe aux pampres à peu près purpurins.

Marie-Anne Bruch

Le Chant des Consonnes (3ème Partie)

chouette cheveche

Voici la suite de mes petits textes facétieux qui datent des années 95-97.
Continuons avec les trois consonnes suivantes :

*** Ge et J ***

Georges, l’ange aux jolies joues jaunes, jadis jeune à jamais, jouit à jeun d’une gingivite jugée légère ; les gens agiles en jardinage et en jaugeage des joujoux engorgés l’engagent à agir au jus de jujube joint aux jets de gingembre.

*** CH ***

Cette chochotte, juchant sans chichis un hachis de haschisch sur sa chéchia puis chevauchant une chouette chevêche aux chants chichement chuchotés, cherche un chow-chow à chouchouter à l’archevêché de Cochinchine !

*** L ***

Loin du halo où les lucioles ont lié leur élan lacrymal, les libellules aux ailes en lamelles parallèles, qui pullulent le long des lilas, ont lu le libellé louant l’oubli du linceul au lieu de l’alcool légal : un loup ulule alors, tel l’élu d’un lent hallali.

Marie-Anne BRUCH

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