La Source vive, d’Ayn Rand

J’ai lu ce roman il y a déjà plusieurs semaines mais il m’a tellement déplu que je m’en souviens encore assez bien. Tout au moins, je me souviens des deux parties que j’ai lues car j’ai abandonné ce volumineux roman à la moitié.
Je ne vais pas m’étendre excessivement sur l’histoire de ce roman, qui n’est qu’un prétexte pour développer longuement des arguments en faveur des thèses philosophiques ultra-libérales défendues par Ayn Rand dans les années 1930 aux Etats-Unis.
En gros, dans ce roman, vous avez l’opposition caricaturale entre un arriviste sans talent, prêt à tuer tout le monde pour assouvir son ambition, plein de compromission et d’hypocrisie, et de l’autre côté le génie sûr de sa force et de sa supériorité, qui ne se laisse ébranler par aucune adversité, refuse le moindre compromis, n’essaye pas de se conformer aux désirs des autres pour leur plaire car il sait que son génie écrasant finira par l’emporter de toutes les manières.
Si vous rajoutez à cela une histoire de rivalité amoureuse plus ou moins sado-maso où la belle femme aime se faire violer et cracher son venin journalistique sur son violeur pour lui faire plaisir, vous verrez à peu près de quoi il retourne.
Dans ce livre, les personnages forment tous une belle brochette de requins qui ne pensent qu’à s’entre-démolir. Même l’amour est une prise de pouvoir, une lutte et une domination de l’un sur l’autre.
Si le personnage du génie incorruptible (dont chaque lecteur a compris dès le début qu’il triompherait glorieusement à la fin) est celui qu’Ayn Rand propose à notre admiration, elle ne nous le décrit pas pour autant comme un homme bon, bien au contraire ! C’est un requin encore plus féroce que tous les autres requins qui lui veulent du mal.
C’est lourd, démonstratif, stéréotypé, …
Une lecture peu ragoûtante, que je déconseille vivement !