La Revue Verso : Numéro 142

Où se perdre ? demandait la revue Verso n°142.

La question mérite en effet d’être posée, tant il semble plus facile de se retrouver que de s’égarer réellement.
Alain Wexler, dans sa préface, ajoutait : « Où se perdre ? Dans l’autre, parce qu’il y a toujours quelque chose de neuf à découvrir chez l’autre alors que l’on croit tout connaître chez soi ? »

Voici quelques uns de mes poèmes préférés dans cette revue :

Jean-Marc PELLETIER

Le Lit

Quand la nuit approche, l’inspiration, qui est muse malicieuse, se glisse dans le lit du poète et inscrit le tracé de son joli corps sur le drap, en une invisible empreinte.

Si le poète se pose exactement sur cette signature – bras droit replié à hauteur d’épaule, bras gauche allongé, jambes parfaitement jointes -, l’inspiration viendra le visiter dans son sommeil, tournant et repassant dans sa caboche comme la boule sur la roulette.

Au réveil, le poète écrit immédiatement le poème offert. S’il ne s’en souvient pas (ce qui souvent survient), il en invente un autre.

Éric SAVINA

L’idiot

Pour lui, les pompes funèbres
C’est un magasin de chaussures
Et un Te Deum
Une boisson romaine
Il pense qu’on attrape la tuberculose
A force de trop tousser
Et que Descartes
A inventé la belote
Je crois qu’il est bien plus heureux que nous

Roland DAUXOIS

Le chant du Minotaure (extraits)

Ici habite toujours le Minotaure

Ce labyrinthe n’est pas
une figure,
pas même un symbole,
ni une mise en scène
il est la réalité éprouvée,
la réalité révélée,
le piège réel
dans lequel s’engouffre l’homme
au cœur battant.
Lieu de tous les prodiges,
de toutes les pertes,
de toutes les alliances,
ce lieu d’où la raison ne peut fuir
sans compromettre la beauté de ses ailes.

Et je donne quelques strophes de ce beau poème de Cathy Ko, qui mérite d’être lu en entier :

Cathy KO

L’autre

L’autre
Est
Cette part
En moi
Qui désire
Fortement
S’échapper
De mes griffes.

L’autre
Est
Un jouet
Que je cache
Sous mes pattes.

L’autre
Est
Celui
Que je perds
Tous les soirs
Somnambule
A hurler
« Ne rentre pas trop
tard. »

L’autre
Est
Le miroir
Incassable
De mes vices
Incachables.

L’autre
Me caresse
Et je sens
La frontière.

L’autre
Pense
Que je pense
Comme lui.
Unifier la pensée
C’est la mort.

(…)

Pour plus de renseignements sur la revue Verso : http://revue.verso.free.fr

 

 

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2 Commentaires

  1. arbrealettres

     /  2 septembre 2012

    🙂 🙂 Merci 😉

    Réponse

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