Des Poèmes de Jean-Luc Despax

Couverture au Temps des Cerises

J’ai trouvé ces poèmes dans le recueil « Le poète n’est le chien de personne » qui était paru en 2020 chez l’éditeur « Le temps des cerises ».
Humour, esprit caustique et jeux de mots facétieux caractérisent ce recueil, de même que les thèmes d’actualité politique ou sociale, l’observation des outrances médiatiques, les errements des réseaux sociaux et autres absurdités de la presse. Allitérations, rythmes rapides, vocabulaire actuel ou d’origine anglo-saxonne, jeux sur les sonorités contribuent à donner une musicalité contemporaine à beaucoup de ces textes.

Quatrième de Couverture

On retrouve dans ce livre de poèmes ce qui fait la touche personnelle de Jean-Luc Despax : la verve satirique, le regard décalé sur l’actualité, le jeu apparemment décontracté, mais en réalité savant, avec le langage d’aujourd’hui. Ce livre cependant marque un tournant, dans sa défense absolue de la liberté de chaque être à aimer comme il le souhaite et à rechercher, en un mot, le bonheur. La première partie explore l’actualité de ces dernières années. La deuxième partie offre de réjouissantes fables contemporaines. La troisième partie, des Amours du poète en quelque sorte, fait la part belle à l’érotisme, sans lesquels la liberté et la poésie ne sauraient aller. La quatrième offre un compagnonnage avec le pictural et le surréel. La dernière partie affirme résolument que décidément, un poète n’est le chien de personne, en ce qu’il ne se rendra jamais mais restituera le plus honnêtement possible la réalité, pour la travailler dialectiquement à sa façon.

**

(Page 134)

Pour une Saint-Valentin Future

Tu voudrais que l’amour soit une fenêtre
La vitre vers l’Infini
Tu te plains de tomber sur un mur
Sur un couac, dans un Quick
Sans Musset ni Kerouac
Tu dis :
J’aurais dû tomber amoureux d’une porte
Parce qu’on peut sortir avec
Ou bien se la fermer
Pour longtemps
Et puis un jour tu aimes
Tu es aimé en retour
Et l’inverse
Ou ni l’un ni l’autre :
Qu’il n’y ait plus de portes

**

(Page 26)

Liberté d’Expression

Il convoqua la presse
Pour annoncer
Qu’il se retirait
De la vie médiatique
La pria
De vérifier régulièrement
Qu’il tiendrait parole

Revint quinze jours plus tard

Philosophie des Lumières ?
Hédonisme des projecteurs.

**

(Page 176)

Se Sentir Mieux Après Avoir Arrêté le Poème

20 minutes après le dernier poème
On récupère un peu ses esprits
8 heures après le dernier poème
On se fout de savoir si ça s’écrit poème ou poéme
3 jours après le dernier poème
Regarder la télé redevient plus facile : il était temps !
2 mois après le dernier poème
On trouve que le volume 2 de la super trilogie à la
mode, c’est vachement bien
1 an après le dernier poème
Le risque de s’être fait une intelligence critique
diminue de moitié
5 ans après le dernier poème
Le risque de réinventer le monde diminue presque
de moitié
10 ans après le dernier poème
Le risque d’être un animal politique est le même que
pour celui qui est un animal tout court
15 ans après le dernier poème
Le risque de crise cardiaque est le même que pour
ceux qui n’ont plus de cœur depuis longtemps.

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19 Commentaires

  1. Ah, il me plaît bien, ce poète là ! Belle journée 😉

    Réponse
  2. Très original ! J’imagine un poète sportif, du genre marathonien, pas du tout contemplatif. C’est surprenant, mais pas si léger qu’il n’en a l’air…

    Réponse
    • Sportif ? Ah, ça je ne sais pas trop… En tout cas Jean-Luc Despax a été prof de lycée, de français me semble-t-il. Mais ce n’est pas incompatible avec le Marathon 😀 Merci Danielle bonne journée !

      Réponse
  3. Je ne suis pas spécialement conquis même si je lui reconnaît un sens de la fantaisie des mots.
    Merci pour cette découverte Marie-Anne. Belle journée.

    Réponse
    • Bonjour Prince ! Peut-être que tu préfères la poésie plus lyrique ou plus baudelairienne…
      J’ai trouvé pour ma part ce recueil assez brillant. Et puis, au moins, il a quelque chose à dire, ce qui n’est pas toujours le cas ailleurs…
      Merci, bonne journée 🙂

      Réponse
  4. J’ai souri en lisant le premier poème cité. Un humour comme je l’aime. Merci Marie-Anne pour cette découverte!

    Réponse
  5. Un tableau si triste pour faire la couverture d’un recueil gai…

    Réponse
  6. Les poèmes tout comme cette couvertures sont très beaux. Merci Marie-Anne, je te souhaite une belle journée 🙂🌞

    Réponse
  7. J’aime la réflexion bien sûr, le message…mais je ne suis pas prêt à classer le genre dans la poésie…j’ai tort contre tous sans doute mais je persiste. Bravo à lui TDM.

    Réponse
    • Bonjour Pat. Oui, il écrit en vers libres ce qui est en général considéré comme de la poésie. Mais ça dépend des définitions de chacun ! Si tu préfères la rime, bien sûr, c’est différent. Bonne journée !

      Réponse

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