Le Côté de Guermantes I, de Marcel Proust

photo de couverture


J’ai profité des fêtes de Noël pour continuer mon exploration de La Recherche du Temps Perdu, avec cette fois-ci le troisième volume : « Le côté de Guermantes », dans lequel le narrateur est épris de la duchesse de Guermantes qui se trouve être la tante de son meilleur ami, Saint-Loup. Le narrateur passe la première partie du livre à tenter des approches auprès de cette duchesse : profitant des promenades matinales de celle-ci, il s’arrange pour se trouver chaque jour sur son chemin, afin de la voir et d’obtenir son salut, mais il ne parvient en fin de compte qu’à l’exaspérer. Il va donc trouver son ami Saint-Loup, en garnison dans la ville de Doncières, pour obtenir des entrées auprès de la duchesse, sous le prétexte de voir des tableaux d’Elstir qu’elle possède et qui intéressent le narrateur. A cette occasion, Saint-Loup lui présente enfin sa maîtresse, dont il lui a déjà maintes fois parlé, mais le narrateur a la surprise de découvrir que cette femme n’est autre que « Rachel quand du Seigneur », une petite prostituée qu’il fréquentait dans sa jeunesse et dont il ne faisait pas beaucoup de cas. Mais Saint-Loup adore cette jeune femme, dépense des millions pour elle, et se montre fort jaloux avec les hommes qu’elle côtoie. (…)

Mon avis :
Il serait difficile de ne pas être, une nouvelle fois, ébloui par le style de Proust et par son génie psychologique : il restitue dans les moindres détails les motivations de ses personnages ou les contradictions de leurs caractères. Une grande partie du roman est consacrée au Salon de Mme de Villeparisis et, en particulier, aux conversations des gens du monde à propos de l’affaire Dreyfus, qui battait alors son plein et déchaînait les passions. Ces dialogues nous plongent véritablement dans les mentalités de l’époque, nous sommes immergés dans ce moment historique comme si nous faisions un voyage dans le temps.
Certains thèmes, que l’on trouvait déjà dans les deux premiers volumes, sont ici repris et amplifiés, certains détails étant davantage développés.
J’ai trouvé tout à fait extraordinaires les longues pages que Proust consacre à une toute récente invention : le téléphone, qui nous semble aujourd’hui si banale et qui lui évoque des analyses merveilleuses.
Il m’a semblé que l’amour occupait une place moins importante dans ce « Côté de Guermantes » que dans les deux premiers volumes, il y a en tout cas moins d’introspections amoureuses et peut-être moins de tourments sentimentaux, mais malgré cela, l’intérêt du livre ne se relâche pas, les relations humaines et sociales sont toujours aussi finement menées.

Voilà donc une lecture qui met en appétit pour découvrir le tome 4, à savoir « Le côté de Guermantes II » – que j’attaquerai sans doute l’été prochain.

Dans un prochain article, je vais publier quelques extraits du « Côté de Guermantes I ».
Donc, histoire à suivre !

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9 Commentaires

  1. Oh ! Merci. Cela redonne envie de le (re?)lire.

    Réponse
    • Il gagne très certainement à être relu pour en percevoir tous les détails et les finesses ! Certains passages sont si géniaux qu’on ne peut pas s’en lasser 🙂

      Réponse
  2. Bravo pour cette lecture et ton billet…

    Réponse
  3. J’avais eu beaucoup de mal pendant la longue soirée chez Mme de Villeparisis, ayant dû m’y reprendre à plusieurs fois avant de finir ce volume, l’un des moins bons de la Recherche à mon goût. Certes, on y retrouve cette finesse dans l’analyse qui caractérise Proust.

    Réponse
    • Je comprends … de mon côté, j’ai bien aimé ces discussions où les caractères des uns et des autres se dévoilent et puis ces échanges d’opinions sur l’affaire Dreyfus et l’antisémitisme sous-jacent sont instructives … Mais je reconnais qu’il y a peut-être des longueurs dans cette soirée.

      Réponse
  4. Patrice

     /  5 février 2019

    C’est une lecture que je m’étais promis de faire après mes 40 ans (il paraît que c’est l’âge à partir duquel on le savoure le plus, ai-je entendu dire :-)), mais je n’ai pas encore franchi le pas. C’est très tentant après avoir lu ton billet!

    Réponse
    • Si vous osez franchir le pas je pense que vous ne le regretterez pas … Moi aussi j’hésitais avant de me lancer mais j’ai été convaincue.

      Réponse

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