Le Chant des Consonnes (4ème Partie)

Mammouth

Continuons dans notre progression alphabétique et explorons les trois consonnes suivantes.
Je rappelle que ces petits textes sont soumis au droit d’auteur.

*** M ***

Au moment même où murmurent les mômes malmenés, ma momie aux mamelles de minium et à mémoire minimum de mammouth, ami des museums, mime, émue, l’amertume maritime des mamans et marmonne un magma mou.

*** N ***

La none nunuche aux narines naines et le chanoine aux haines inhumaines ne nient ni nos nounous anonymes ni nos nirvanas nocturnes mais ânonnent l’inanité innée de nos années monotones.

*** P ***

A propos de pipeau, le peuple des poulpes, propres pour la plupart, pomponne un poupon pimpant en palpant ses polypes pleins de pus prospère puis épépine sa pulpe aux pampres à peu près purpurins.

Marie-Anne Bruch

Le Chant des Consonnes (2ème partie)

Le Fifre, de Manet

J’ai publié il y a une petite semaine la première partie et voici maintenant les trois consonnes suivantes, ou plutôt les trois sonorités suivantes :

*** F ***

Le fifre filiforme se faufile, furtif, au fond du fief fortifié et fait fructifier les forfaits fictifs de son frère, le philosophe fanfaron, fou de fanfreluches et de froufrous, afin de fuir le rififi des farfadets farfelus.

*** Gu ***

Dans la gargotte en goguette où gargouillent les gourgandines grégaires, aux gogueneaux déglingués qui glougloutent de guingois, le gros grigou groggy gargarise – ô grog à gogo – ses agrégats de ganglions gangrenés puis glousse, goguenard.

*** GN ***

Le guignon, borgne ou sans vergogne, cogne d’un gnon ignominieux l’agneau gnangnan. « Gnognotte bénigne ! » daignent grogner les duègnes ignares en oignant ses rognons et moignons cagneux d’oignons hargneux ; signe qu’au bagne règnent les teignes.

Marie-Anne BRUCH

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A suivre dans une dizaine de jours !

Le Chant des Consonnes (1ère Partie)

photo de baobab

Pour cet été 2020, où nous avons tous besoin de détente, je vous propose des petits textes ludiques que j’ai écrits dans les années 1995 environ. Ils n’ont pas vraiment la prétention d’être « poétiques » mais j’espère qu’ils vous divertiront et qu’ils pourront fournir éventuellement des petits exercices de diction à des comédiens en herbe ou à tous ceux qui ont parfois la langue emberlificotée.
Je rappelle que ces textes ne sont pas libres de droit : prière de ne pas en faire usage sans citer mon nom.

*** B ***

A bâbord du baobab où un nabab bombe ses babouches et son bulbe à bubons, un babouin barbu imbibe le biberon du bébé de bourbe et barbouille ses babines de bonbons au Bourbon, en balbutiant des bribes barbares.

*** C ***

Qu’un quelconque cancre casqué d’une conque conique concocte un coq aux coquelicots et cactus concassés, il croque une carcasse cocasse, écarquille les quinquets et se requinque, quoiqu’il crie couic et claque sec, ce qui escroque les quincaillers coquins et enquiquine les coquets.

*** D ***

Deux druides dont le duodenum en débandade dodeline du dedans, se dandinent dans des dédales de rhododendrons, et décident un dromadaire au dos redondant à dédier des dindons aux dandys distendus de dédain et des édredons dodus aux dondons dénudées.

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Marie-Anne Bruch

A suivre ! Le reste de l’alphabet dans les prochaines semaines !

Quelques poèmes de Cédric Landri

J’ai découvert ces poèmes dans le joli petit recueil L’envolée des libellules, paru chez La Porte en 2015.
J’apprécie leur fraîcheur et leur clarté, qui font penser à La Fontaine, de même que leurs thèmes bucoliques et champêtres.
Cédric Landri est un jeune poète contemporain qui écrit également des haïkus et des fables et qui est un lecteur régulier de ce blog (j’en profite pour lui adresser un petit salut amical).

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Rechercher
dans le simple et sage
visage de la vache
un éclair de génie
et ne même pas y déceler
le balbutiement d’une vague
lumière.

Rends-toi à l’évidence
sa caboche carillonne
comme un vide
presque interstellaire.

Elle approuve
elle hoche la tête.

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Tracer sur le sol
terre qui s’effiloche
des mots poussières
qui s’éclipseront
à la première brise
au premier pas
pourquoi ?

¨Parce que je crois que partout
le texte a sa place
même dans les coins
où seuls vivent
les cailloux les herbes
les libellules.

Te voilà bibliothécaire de nature.

**

Les roseaux là-bas
avec leurs têtes brunes
ressemblent à des messieurs
papotant sur la place d’un village.

De quoi parlent-ils donc ?

De la pluie et du beau temps
comme les hommes
mais ils commentent aussi
le saut d’une grenouille
l’errance d’un poisson
l’envolée d’une libellule.

Et le passage de deux bavards.

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