Temps du rêve, d’Henry Bauchau

bauchau_temps_reve J’ai acheté ce livre, court roman ou longue nouvelle, tout à fait par hasard, et par curiosité.
J’ai appris que c’était une oeuvre de jeunesse, l’auteur ayant une petite vingtaine d’années quand il l’a écrite, roman autobiographique qui retrace quelques jours de vacances durant son enfance, alors qu’il était chez ses cousins dans une grande propriété à la campagne, et que, âgé de onze ans, il est tombé amoureux d’une de ses petits voisines, Inngué, âgée de huit ans, lors d’une journée de jeux mémorable. Nous assistons à ces parties de cache-cache, propices aux confidences et aux apartés, à ces courses dans des coins dangereux du jardin, avec un étang tourbillonnant qui a connu ses drames et ses interdits, les parties de trapèzes où les garçons rivalisent d’habileté et autres jeux sportifs qui sont l’occasion de se faire admirer par les autres enfants.
C’est une histoire toute simple, sans grande péripéties, mais où on sent l’enchantement des sentiments naissants et les grands élans joyeux, tout comme on sent la chaleur et la moiteur de cette chaude journée d’été, avec ses parfums de fleurs et les relents de vase verte de l’étang dangereux, qui rappelle que ce jardin merveilleux n’est pas tout à fait un paradis et que les amours enfantines ne sont pas facilitées par les adultes, bien au contraire.
J’ai beaucoup aimé l’écriture d’Henry Bauchau, qui s’attache à décrire les couleurs, les parfums, les atmosphères, de même que les mouvements vifs et les sonorités des rires des petits enfants.
Cette écriture sensuelle et presque impressionniste m’a un peu rappelé le style savoureux de Colette.