La femme ailée d’Izumi Kyôka

la_femme_aileeCe livre contient deux nouvelles d’Izumi Kyôka : La femme ailée et Le Camphrier.
Dans La femme ailée, un enfant vit dans une maison près d’un pont avec sa mère et elle lui apprend que les réactions des humains n’ont pas plus de valeur que celles des animaux …
Dans Le Camphrier un jeune scieur de bois est inquiet pour la santé de son père et la vendeuse de la boutique voisine lui fait remarquer que les plantes peuvent souffrir tout comme les humains…

J’ai un peu moins aimé ces deux nouvelles que celle de La femme fidèle que j’avais commentée en novembre, mais je leur ai trouvé énormément de charme.
Dans ce livre, la nature a une grande importance, et prend nettement le pas sur les personnages ; Une note surnaturelle, peut-être symbolique mais pas forcément, vient dans les deux cas clore l’histoire.
J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup (un peu trop ?) de descriptions, surtout dans Le camphrier, et que les récits étaient assez peu construits, reposant davantage sur des suggestions ou sur une atmosphère que sur une logique de narration.
Mais j’ai pris plaisir à lire ce recueil de nouvelles, c’est une lecture pleine de fraîcheur et de légèreté, qui incite à la rêverie.

Clara Militch d’Ivan Tourgueniev

Jacques Aratov, un jeune homme de vingt-cinq ans, mène une vie très retirée, presque ascétique. Son seul ami, Kupfer, l’encourage à sortir mais, timide, il refuse toujours. Jusqu’au jour où Kupfer parvient à le tirer de sa solitude en l’emmenant à une soirée mondaine et artistique où Aratov, sans s’en rendre vraiment compte, attire l’attention d’une jeune actrice et chanteuse, Clara Militch.
Elle ne tarde pas à se manifester en lui faisant parvenir un billet de rendez-vous, auquel il se rend après bien des hésitations.
Mais, pendant le rendez-vous, il se montre maladroit avec elle et la jeune fille, ulcérée, s’en va.
Peu après, Aratov apprend par les journaux le suicide de Clara : elle se serait donné la mort à cause d’un chagrin d’amour.
Aratov se demande s’il est responsable de cette mort et décide de mener une enquête sur la vie et la personnalité de la jeune artiste.

Tourgueniev excelle à décrire les tourments de l’âme et les tergiversations de l’esprit : les deux personnages principaux, Aratov et Clara, sont des êtres passionnés, exaltés, nerveux, fragiles, comme la littérature russe aime à les créer et à les dépeindre.
Clara, en particulier, est un personnage de femme audacieuse et déterminée, capable de prendre son destin et sa vie amoureuse en main, qui m’a paru très originale pour le XIXème siècle.
Mais ce roman, naturaliste pour une grande part, m’a décontenancée dans la dernière partie, lorsque l’histoire bascule dans le surnaturel, et j’avoue que je n’ai pas tellement cru à ces apparitions de fantôme, à la tonalité très romantique.

Je dirais que ce n’est pas le meilleur livre de Tourgueniev, bien qu’on y retrouve son talent psychologique et sa manière très subtile de tisser une intrigue.