Du bout des doigts de Sarah Waters

sarah_watersRésumé du début : Dans le Londres du 19è siècle, une jeune fille de dix-sept ans, Susan Trinder, est élevée par sa mère adoptive, Madame Sucksby, dans une maison de Lant Street. Elles vivent dans le Borough, le quartier des voleurs et des receleurs et Madame Sucksby, elle aussi, vit de petits trafics et de vols d’enfants. Un des amis de la maison, un jeune homme surnommé Gentleman, qui est un escroc bien connu dans le quartier, habitué à arnaquer les riches héritières, propose à Susan de participer à une escroquerie. Elle devra se faire engager comme femme de chambre au service d’une jeune fille de son âge, Maud Lilly, qui vit en compagnie de son oncle dans un manoir à la campagne. Gentleman espère ainsi pouvoir épouser Maud Lilly, dont la fortune, en cas de mariage, sera immense. La mission de Susan sera de favoriser auprès de Maud les entreprises de Gentleman, et de permettre la fuite de la jeune fille hors du manoir. Susan, qui n’a encore jamais quitté la maison de Madame Sucksby, ne tarde pas à accepter la proposition. (…)

Mon avis : C’est un roman plein de surprises et de rebondissements, où les renversements de situation sont fréquents. J’en parlais récemment avec l’amie qui m’a conseillé ce livre : l’auteure aime bien faire « mariner » son lecteur avant de le retourner comme une crêpe. Pour cette raison, c’est un roman plaisant à lire, dans lequel on ne s’ennuie pas. En même temps, il y a un goût du détail réaliste qui permet au lecteur de s’immerger dans l’histoire et de visualiser les scènes comme s’il les avait devant les yeux. C’est ainsi qu’on traverse successivement le quartier du Borough, le manoir de Briar, l’asile psychiatrique, la campagne anglaise, etc. avec la sensation d’y être vraiment. Pour ma part, plus que les rebondissements à répétition, ce que j’ai vraiment bien apprécié c’est la manière dont sont campés les personnages, chacun ayant une personnalité et des intentions bien à lui, et qui sont judicieusement imbriquées dans l’intrigue.
Ce roman est une belle construction, bien imaginée … à déconseiller cependant aux allergiques aux gros pavés car il fait plus de sept cents pages !