Un poème sur Noël de Max Jacob

J’ai trouvé ce poème dans le recueil de Max Jacob Poèmes de Morven le Gaëlique, paru chez Poésie-Gallimard.
Ce recueil fait partie des oeuvres tardives du poète, écrit à partir de 1927.

Max Jacob (1876-1944) est un poète, romancier et artiste qui fut ami d’Apollinaire, de Reverdy et des peintres cubistes. Arrêté par la Gestapo, il est mort en 1944 au camp de Drancy.

Noël

Le long des rues, le long des routes
une jeune dame enceinte sur un âne,
un âne conduit par un homme barbu,
c’est une jeune dame de la noblesse
mais son mari n’est qu’un ouvrier,
artisan menuisier ! et non pas vagabond.
Plusieurs anges fourriers marchaient devant
afin de préparer le logement
mais personne ne les a écoutés.
 » Vous refusez la sainteté et votre paradis.
– S’il est écrit qu’il doit naître dans un hangar
je préparerai une botte de paille dans mon écurie,
il y a là des bœufs et des moutons.
J’enverrai chercher la sage-femme.
– De sage-femme il n’est pas besoin,
le Saint-Esprit fera le travail par un miracle.
Préparez plutôt des chambres pour les rois mages
et un tonneau en perce pour les bergers.
Allez chercher du gui qui porte bonheur
et des branches de houx.
Le jour d’Emmanuel s’appelle Noël.

***

Je vous souhaite un très joyeux réveillon !

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