Trois poèmes de Lydia Padellec


Je viens de finir de lire Cicatrices de l’Avant-jour, publié chez Al Manar en mai 2018, un très beau recueil illustré de gravures de Marie Alloy.
Extrait de la quatrième de couverture :
Lydia Padellec vit et travaille en Bretagne ; elle se consacre entièrement à la poésie et a déjà publié une dizaine de recueils. Cicatrices de l’Avant-jour est né du bouleversement provoqué par les événements tragiques de novembre 2015 à Paris.

***

Dans la chambre
fermée à clé
la nuit cogne
contre les meubles
tu ne l’entends pas
contre toi elle se glisse
dans les draps froids
elle se glisse et se faufile
entre tes cuisses
elle a la douceur de l’éclair
et le visage de l’oubli
tu voudrais la saisir
son odeur te poursuit
t’enveloppe d’insomnie
jusqu’à l’aube

***

Du bout de la langue
la clarté de la lampe
égratigne mes lèvres
– Clair obscur
de ma mélancolie
les mots ont un goût
de cendre

***

Rideaux d’acier
baissés – la respiration
suspendue
aux cris funestes
des sirènes
où es-tu mon amour
la nuit tisse sa toile
longe les murs
s’attarde aux reflets
troués des vitrines –
un visage d’ange
regarde le ciel
pétrifié

***

Lydia Padellec, 2018

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