L’amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez

J’ai lu ce célèbre roman de Gabriel Garcia Marquez dans le cadre du Mois de l’Amérique Latine de Goran et Ingannmic.
Gabriel Garcia Marquez (1927-2014) est un écrivain colombien. Romancier, novelliste, mais également journaliste et militant politique, il est l’auteur de Cent ans de solitude (1967), de Chronique d’une mort annoncée (1981) et a reçu le Prix Nobel de Littérature en 1982. Il a écrit l’Amour aux temps du choléra en 1985. (Source : Wikipedia)

Résumé de l’intrigue initiale :

Le riche docteur Juvenal Urbino et son épouse Fermina Daza sont mariés depuis plus de cinquante ans et, comme tous les couples, ils ont traversé de multiples déconvenues, des crises et des épreuves, mais cela ne les a pas empêchés de rester ensemble. Ils sont maintenant vieux. Mais ils ignorent tous les deux que le premier prétendant de Fermina Daza, celui avec qui elle avait entretenu, bien avant son mariage, plusieurs années de correspondance passionnée, Florentino Ariza, attend qu’elle devienne veuve depuis toutes ces cinquante années car il espère encore de toutes ses forces pouvoir la conquérir et vivre avec elle la relation amoureuse dont il n’a cessé de rêver.

Mon humble Avis :

Je connaissais déjà un peu l’œuvre de Gabriel Garcia-Marquez et je n’étais pas sûre de vraiment l’apprécier. Ainsi, j’avais laissé tomber Cent ans de Solitude à la moitié, parce que je n’arrivais plus à différencier tous les personnages homonymes, après avoir adoré les premiers chapitres. Et puis Chronique d’une mort annoncée m’avait passablement ennuyée. J’étais donc prudente en commençant L’amour aux temps du choléra et je m’attendais au meilleur comme au pire.
Eh bien, ce fut une excellente surprise ! J’ai été sans cesse tenue en haleine par ce roman, doté d’un souffle et d’un style remarquables, et dont les presque cinq cents pages se dévorent rapidement.
Autour des trois personnages principaux, les figures secondaires foisonnent et sont toutes très pittoresques, intéressantes, et souvent pleines de caractère.
La sensualité occupe une bonne part du livre, et l’auteur parle de l’érotisme avec un mélange d’élégance et de précision qui possède une grande poésie et un fort pouvoir d’évocation.
L’auteur porte souvent un regard humoristique et tendre sur ses personnages, particulièrement sur Florentino Ariza qui navigue entre désespoir, libertinage, romantisme fou, et obsession, et qui mélange donc des traits de caractère très disparates voire incompatibles.
Garcia Marquez semble vouloir établir une forte opposition entre amour romantique, platonique, obsessionnel et durable et l’attirance sensuelle, purement physique, passagère et sans conséquence. Mais parfois, au cours du roman, ces deux tendances se brouillent et connaissent des intersections.
Le tableau qu’il fait du mariage et de son lot de mensonges, de coups bas et de mauvaise foi, m’a paru très finement observé et plein de véracité.
Un roman que j’ai pris énormément de plaisir à lire, et que je conseille sans hésiter !
Sans conteste, mon livre préféré de cet auteur !

Un extrait page 359

Jusqu’alors, la grande bataille qu’il avait livrée les mains nues et perdue sans gloire avait été celle de la calvitie. Depuis l’instant où il avait vu ses premiers cheveux blancs rester accrochés au peigne, il avait compris qu’il était condamné à un enfer impossible dont ceux qui ne l’ont jamais connu ne peuvent imaginer le supplice. Sa résistance dura des années. Il n’y eut ni onguent ni pommade qu’il n’essayât, ni croyance qu’il ne crût, ni sacrifice qu’il ne supportât pour défendre chaque centimètre de son crâne de la dévastation vorace. Il apprit par cœur les instructions de l’Almanach Bristol pour l’agriculture, parce qu’il avait entendu dire que la pousse des cheveux avait un rapport direct avec les cycles des récoltes. Il abandonna son coiffeur de toujours, un chauve illustre et inconnu, pour un étranger tout juste installé qui ne coupait les cheveux que lorsque la lune entrait dans son premier quartier. (…)

Le Vieux qui lisait des romans d’amour, de Luis Sepulveda

Couverture chez Points

J’ai lu ce livre pour le Mois de l’Amérique Latine concocté par Ingannmic et Goran, merci à eux de cette initiative intéressante !

Note biographique :
Luis Sepulveda est né au Chili en 1949. Son premier roman, Le vieux qui lisait des romans d’amour, connaît un immense succès. Très engagé politiquement, auprès du Parti Communiste, entre autres, il est emprisonné dans les prisons de Pinochet durant deux ans et demi. Il s’engage plus tard (1979) auprès des sandinistes au Nicaragua. Il travaille comme journaliste. Best-sellers mondiaux, ses romans sont traduits dans le monde entier. Il est mort en Espagne en 2020 à cause de la pandémie de Covid-19.

Quatrième de Couverture (selon Amazon) :

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

Quatrième de Couverture (selon mon exemplaire chez Points) :

Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d’El Idilio les accusent à tort du meurtre d’un chasseur blanc, le vieil homme quitte ses romans d’amour – seule échappatoire à la barbarie des hommes – pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse…

Mon humble avis :

Je n’ai pas détesté ce roman, qui est sans doute un honnête divertissement quand on aime ce style, mais je n’ai jamais tellement accroché aux romans d’aventures exotiques au milieu des animaux sauvages, des gentilles tribus amazoniennes, et des villageois prétendument civilisés mais, au fond, un peu abrutis.
On apprend des choses intéressantes dans ce roman à propos des modes de vie et des croyances des Shuars, des ruses à employer pour se débarrasser des ouistitis ou de certains serpents de la jungle, mais ce n’est pas ce que j’attends essentiellement d’un livre de littérature.
J’ai ressenti peu d’émotions lors de cette lecture et je me suis souvent ennuyée. Les personnages n’ont pas tellement stimulé mon imaginaire ou ma curiosité car je savais d’avance comment les choses allaient se dérouler et comment l’histoire finirait.
A propos de ce petit livre très court (120 pages), émaillé de nombreuses aventures animalières, d’actions périlleuses, de péripéties sanglantes, on peut dire qu’il s’agit d’une lecture facile, pas très subtile, et où l’écriture n’est pas particulièrement formidable.
Un roman correct, honnête, qui joue la carte de l’exotisme écologiste et qui peut donc plaire au plus grand nombre.

Trois Poèmes de Roberto Juarroz

J’ai lu La dixième poésie verticale de Roberto Juarroz dans le cadre du mois de l’Amérique Latine de Goran et Ingannmic.
Ce livre est paru pour la première fois en 1988 (en espagnol) et dans sa version française, en 2012, traduit par François-Michel Durazzo pour les éditions José Corti.

Note sur le poète (par l’éditeur) :

Roberto Juarroz (né en 1925, mort en 1995) est l’un des poètes argentins majeurs du 20è siècle. Il a publié toute son oeuvre poétique sous un titre unique Poésie Verticale sans donner non plus aucun titre à ses poèmes.

Voici trois poèmes extraits de ce recueil :

n°13

La musique seule
peut occuper le lieu de la pensée.
Ou son non-lieu,
son propre espace vide,
son vide plein.

La pensée est une autre musique.

Et la pensée seule
peut à son tour occuper le lieu de la musique
et s’infiltrer comme elle
à l’extrémité la plus lointaine de ce qui existe,
comme un presque animal si conséquemment fin
qu’il peut alors toucher jusqu’à ce point
où l’être cesse d’être l’être
pour être un peu plus que l’être.

**

n°22

Une solitude à l’intérieur,
une autre à l’extérieur.

Il est des moments
où les deux solitudes
ne peuvent se toucher.
L’homme se retrouve alors au milieu
comme une porte
inopinément fermée.

Une solitude à l’intérieur.
Une autre à l’extérieur.
Et la porte résonne d’appels.

La plus grande solitude
est à la porte.

**

n°30

Nous n’avons pas confiance dans les choses.
Personne ne les a présentées
et nous ne connaissons pas non plus
leur visage retourné.
Nous leur avons seulement donné des noms
et nous les confondons avec leur identité,
peut-être pour ne pas nous confondre avec elles.

Mais entre les hommes et les choses
se recompose parfois un ancien parallélisme,
appris des dieux il y a longtemps :
le parallélisme
où une des deux droites est de trop.

**

Deux poèmes de Roberto Juarroz


J’ai trouvé ces deux poèmes de Roberto Juarroz dans son livre Quinzième Poésie Verticale, disponible chez José Corti.
J’aime vraiment beaucoup ces poèmes, qui me semblent proches de la perfection.

***

22

La fumée est notre image.
Nous sommes le reste de quelque chose qui se
consume,
une évanescence difficilement visible
qui se désagrège dans cette hypothèse du temps
comme une promesse non tenue
peut-être formulée à une autre époque.

Volutes d’une combustion qui ne parvient même
pas
à modérer le froid d’un hiver
sur cet îlot perdu,
qui devra lui aussi se changer en fumée.

(…)

***

2

Chaque texte, chaque mot change
selon les heures et les angles du jour et de la
nuit,
selon la transparence des yeux qui les lisent
ou le niveau des marées de la mort.

Ton nom n’est pas le même,
ma parole n’est pas la même
avant et après la rencontre
avant et après avoir repensé
que demain nous ne serons plus.

Toute chose est différente
regardée de jour ou de nuit,
mais ils deviennent plus différents encore
les mots qu’écrivent les hommes
et les mots que n’écrivent pas les dieux.

Et il n’y a aucune heure,
ni la plus prometteuse, la plus lucide, la plus
impartiale,
ni même l’heure sans quartiers de la mort,
qui puisse équilibrer les reflets,
ajuster les distances
et faire dire aux mêmes mots les mêmes choses.

Chaque texte, chaque forme, qu’on le veuille
ou non,
est le miroir changeant, chatoyant,
de la furtive ambiguïté de la vie.
Rien n’a une seule forme pour toujours.

Même l’éternité n’est pas pour toujours.

***

Quelques poèmes de Roberto Juarroz


Ces quelques poèmes sont extraits de La Quatorzième Poésie Verticale de Roberto Juarroz, que j’ai découverte grâce au blog Arbre à Lettres, et qui m’a tout de suite séduite par sa grande limpidité et ses thématiques métaphysiques, d’une profondeur souvent vertigineuse.
Ce livre est paru chez José Corti.

Roberto Juarroz (1925-1995) est un poète argentin, une des voix majeures de la poésie contemporaine.

***

101

Seule la lézarde de la privation
nous rapproche de la rencontre.
Et si la rencontre se produit
peu importe qu’elle soit une autre lézarde.

Seulement ici trouverons-nous
le secret de la première.
Pourquoi ressentons-nous ce qui n’est pas
comme une privation ?
Est-ce la seule façon
de le faire exister ?

***

104

Certaines fois la musique occupe la première place,
mais d’autres elle se retire au second plan
et laisse courir en nous
quelque chose de plus cher qu’elle-même.

Or y a-t-il quelque chose de plus cher que la musique,
quelque chose qui coure comme elle
et qui comme elle nous sauve ?
Quelque chose qui puisse nous envelopper
sans que l’on sache si elle le fait
du dehors en dedans
ou du dedans en dehors ?

Tout ce qui sauve
doit pour un moment se retirer
afin qu’une autre chose nous sauve.

La liberté de l’homme est si grande
qu’elle ne peut même pas se borner
à un seul degré de salut.

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110

Les réponses ont pris fin.
Peut-être n’ont-elles jamais existé
et elles ne furent que miroirs
confrontés avec le vide.

Mais à présent les questions ont pris fin aussi.
Les miroirs se sont brisés,
même ceux qui ne reflétaient rien.
Et il n’y a pas moyen de les refaire.

Pourtant,
Peut-être reste-t-il quelque part une question.
Le silence est aussi une question.

Il reste un miroir qui ne peut pas se briser
parce qu’il ne se confronte avec rien,
parce qu’il est à l’intérieur de tout.

Nous avons trouvé une question.
Le silence sera-t-il une réponse aussi ?
Peut-être, à un moment déterminé,
les questions et les réponses sont exactement pareilles.

***

Sonnet 48 de Pablo Neruda


J’ai déjà publié plusieurs sonnets de La Centaine d’amour de Pablo Neruda mais je ne m’en lasse jamais.
Voici le sonnet 48, extrait de la partie « Midi » (deuxième partie du recueil entre « Matin » et « Soir »).

***

Les deux amants heureux ne font plus qu’un seul pain,
une goutte de lune, une seule, dans l’herbe,
ils laissent en marchant deux ombres qui s’unissent,
dans le lit leur absence est un seul soleil vide.

Leur seule vérité porte le nom du jour :
ils sont liés par un parfum, non par des fils,
ils n’ont pas déchiré la paix ni les paroles.
Et leur bonheur est une tour de transparence.

L’air et le vin accompagnent les deux amants,
la nuit leur fait un don de pétales heureux,
aux deux amants reviennent de droit les œillets.

Les deux amants heureux n’auront ni fin ni mort,
ils naîtront et mourront aussi souvent qu’ils vivent,
ils possèdent l’éternité de la nature.

***

Nager nues, de Carla Guelfenbein


J’ai acheté ce livre parce que j’en avais lu de bons commentaires sur certains sites littéraires, et parce que je cherchais à lire une auteure d’Amérique du Sud pour répondre au défi Autour du monde elles écrivent.
Carla Guelfenbein, née en 1959 à Santiago, est une écrivaine chilienne, qui s’est exilée en Angleterre pendant la dictature de Pinochet.

Le début de l’histoire :
Nous sommes en 1973. Sophie est une jeune fille sensible, qui vit avec son père, Diego, à Santiago du Chili. Diego est un haut fonctionnaire, qui fait partie de l’entourage immédiat du président Allende. Sophie a également une meilleure amie, Morgana, une jeune fille de son âge, d’une grande beauté. Mais bientôt Diego et Morgana entament une liaison passionnée et torride, à l’insu de Sophie, qui s’estimera trahie lorsqu’elle l’apprendra.

Mon avis :
On se dit, en lisant ce roman, que l’auteur a voulu réunir tous les ingrédients nécessaires pour séduire les lecteurs : de l’érotisme, un contexte historique violent et dangereux (le putsch de Pinochet, et le 11 septembre 2001, réunis sans aucune nécessité ni motif), de la trahison, du dépaysement (puisque l’action se déroule entre le Chili, l’Espagne et Paris), et du mystère dans la dernière partie. Ca ne m’a pas tellement plu ni convaincue, d’autant que le style est assez moyen. J’aurais voulu que l’accent soit peut-être mis davantage sur les idéaux politiques, le bouillonnement d’idées, les enthousiasmes, mais finalement la politique ne sert que de vague toile de fond et n’apporte rien à la psychologie des personnages.
Bon, ça se laisse lire assez facilement jusqu’à la fin, et on ne s’ennuie pas trop, mais j’ai malgré tout eu un peu l’impression de perdre mon temps, ce qui ne m’arrive pas souvent avec la lecture …

Nager Nues était paru chez Actes Sud (Babel) en 2013, la traduction française est de Claude Bleton.

Des poèmes d’Octavio Paz

J’ai trouvé ces poèmes dans le recueil Le feu de chaque jour paru chez Poésie/Gallimard.
Octavio Paz est un poète mexicain (1914-1998) qui a obtenu le prix Nobel de littérature en 1990.

octavio_paz_le_feu

Réveil en plein air

Les lèvres et les mains du vent
le cœur de l’eau
un eucalyptus
les nuages qui bivouaquent
la vie qui naît chaque jour
la mort qui naît chaque vie

Je frotte mes paupières :
le ciel marche sur la terre

***

Toucher

Mes mains
ouvrent le rideau de ton être
t’habillent d’une autre nudité
découvrent les corps de ton corps
Mes mains
inventent dans ton corps un autre corps.

***

Intérieur

Pensées en guerre
veulent briser mon front

Par des chemins d’oiseaux
avance l’écriture

La main pense à voix haute
le mot en convie un autre

Sur la feuille où j’écris
vont et viennent les êtres que je vois

Le livre et le cahier
replient les ailes et reposent

On a déjà allumé les lampes
comme un lit l’heure s’ouvre et se ferme

Les bas rouges et le visage clair
vous entrez toi et la nuit

***

Octavio PAZ

Un poème de Luis Benitez

J’ai trouvé ce poème de Luis Benitez dans le dernier numéro de la revue A l’index de novembre 2014 (il vient à peine d’arriver dans ma boîte aux lettres). La traduction est de Françoise Laly.

Ce matin j’ai écrit deux poèmes

Ce matin j’ai écrit deux poèmes.
Je ne me demande pas pour l’instant quel sens
possède ou non ce travail obscur.
Simplement c’est une autre façon, possible, d’être vivant.
Je m’interroge sur l’origine
de ces deux choses posées à présent sur la table,
pas exactement faites de papier et de pigments.
Sur les hommes qui l’ont dit mieux que moi
et aujourd’hui sont morts.
Sur les siècles de guerres et de paix
qui se sont écoulés entre les mots.
Je m’interroge sur le nom et le visage
de celui qui, de l’autre côté du globe, a laissé
sur sa table deux autres choses égales
et qui doute aussi de mon existence.
Je m’interroge sur les milliers de jours et de nuits
qui ont dû passer pour que nous fassions cela.
Sur les centaines de personnes
qui ont fait don de leurs vers.
Je me demande pourquoi, depuis un moment,
ce monde s’est modifié deux fois.

***

Sonnet 47 de Pablo Neruda

pablo_nerudaVoici le sonnet 47 de La Centaine d’amour de Pablo Neruda.

 

Sonnet 47

 

Je me retourne et veux te voir, dans la ramée.
Voici que peu à peu tu es devenue fruit.
Il ne t’a rien coûté de surgir des racines
tu n’as eu qu’à chanter tes syllabes de sève.

Te voici tout d’abord une fleur odorante
qu’un seul baiser suffit à changer en statue,
jusqu’à ce que soleil et terre, sang et ciel
te reconnaissent le délice et la douceur.

Sur la branche je pourrai voir ta chevelure,
dans le feuillage c’est ton signe qui mûrit,
ce sont ses feuilles qui s’approchent de ma soif ;

et ta substance alors viendra remplir ma bouche,
ce sera le baiser qui montait de la terre
apporté par ton sang de fruit gonflé d’amour.

 

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