Le Vieux qui lisait des romans d’amour, de Luis Sepulveda

Couverture chez Points

J’ai lu ce livre pour le Mois de l’Amérique Latine concocté par Ingannmic et Goran, merci à eux de cette initiative intéressante !

Note biographique :
Luis Sepulveda est né au Chili en 1949. Son premier roman, Le vieux qui lisait des romans d’amour, connaît un immense succès. Très engagé politiquement, auprès du Parti Communiste, entre autres, il est emprisonné dans les prisons de Pinochet durant deux ans et demi. Il s’engage plus tard (1979) auprès des sandinistes au Nicaragua. Il travaille comme journaliste. Best-sellers mondiaux, ses romans sont traduits dans le monde entier. Il est mort en Espagne en 2020 à cause de la pandémie de Covid-19.

Quatrième de Couverture (selon Amazon) :

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

Quatrième de Couverture (selon mon exemplaire chez Points) :

Antonio José Bolivar connaît les profondeurs de la forêt amazonienne et ses habitants, le noble peuple des Shuars. Lorsque les villageois d’El Idilio les accusent à tort du meurtre d’un chasseur blanc, le vieil homme quitte ses romans d’amour – seule échappatoire à la barbarie des hommes – pour chasser le vrai coupable, une panthère majestueuse…

Mon humble avis :

Je n’ai pas détesté ce roman, qui est sans doute un honnête divertissement quand on aime ce style, mais je n’ai jamais tellement accroché aux romans d’aventures exotiques au milieu des animaux sauvages, des gentilles tribus amazoniennes, et des villageois prétendument civilisés mais, au fond, un peu abrutis.
On apprend des choses intéressantes dans ce roman à propos des modes de vie et des croyances des Shuars, des ruses à employer pour se débarrasser des ouistitis ou de certains serpents de la jungle, mais ce n’est pas ce que j’attends essentiellement d’un livre de littérature.
J’ai ressenti peu d’émotions lors de cette lecture et je me suis souvent ennuyée. Les personnages n’ont pas tellement stimulé mon imaginaire ou ma curiosité car je savais d’avance comment les choses allaient se dérouler et comment l’histoire finirait.
A propos de ce petit livre très court (120 pages), émaillé de nombreuses aventures animalières, d’actions périlleuses, de péripéties sanglantes, on peut dire qu’il s’agit d’une lecture facile, pas très subtile, et où l’écriture n’est pas particulièrement formidable.
Un roman correct, honnête, qui joue la carte de l’exotisme écologiste et qui peut donc plaire au plus grand nombre.

Trois Poèmes de Roberto Juarroz

J’ai lu La dixième poésie verticale de Roberto Juarroz dans le cadre du mois de l’Amérique Latine de Goran et Ingannmic.
Ce livre est paru pour la première fois en 1988 (en espagnol) et dans sa version française, en 2012, traduit par François-Michel Durazzo pour les éditions José Corti.

Note sur le poète (par l’éditeur) :

Roberto Juarroz (né en 1925, mort en 1995) est l’un des poètes argentins majeurs du 20è siècle. Il a publié toute son oeuvre poétique sous un titre unique Poésie Verticale sans donner non plus aucun titre à ses poèmes.

Voici trois poèmes extraits de ce recueil :

n°13

La musique seule
peut occuper le lieu de la pensée.
Ou son non-lieu,
son propre espace vide,
son vide plein.

La pensée est une autre musique.

Et la pensée seule
peut à son tour occuper le lieu de la musique
et s’infiltrer comme elle
à l’extrémité la plus lointaine de ce qui existe,
comme un presque animal si conséquemment fin
qu’il peut alors toucher jusqu’à ce point
où l’être cesse d’être l’être
pour être un peu plus que l’être.

**

n°22

Une solitude à l’intérieur,
une autre à l’extérieur.

Il est des moments
où les deux solitudes
ne peuvent se toucher.
L’homme se retrouve alors au milieu
comme une porte
inopinément fermée.

Une solitude à l’intérieur.
Une autre à l’extérieur.
Et la porte résonne d’appels.

La plus grande solitude
est à la porte.

**

n°30

Nous n’avons pas confiance dans les choses.
Personne ne les a présentées
et nous ne connaissons pas non plus
leur visage retourné.
Nous leur avons seulement donné des noms
et nous les confondons avec leur identité,
peut-être pour ne pas nous confondre avec elles.

Mais entre les hommes et les choses
se recompose parfois un ancien parallélisme,
appris des dieux il y a longtemps :
le parallélisme
où une des deux droites est de trop.

**