Deux poèmes parus dans Les cahiers du sens de 2016

cahiers-du-sens-n25J’ai eu l’honneur, en cette année 2016, de voir deux de mes poèmes sélectionnés pour la belle revue Les cahiers du sens n°26 de 2016, une revue publiée par Jean-Luc Maxence et Danny Marc du Nouvel Athanor.
En cette année 2016, Le thème principal des Cahiers du sens était Le souffle, mais les poèmes pouvaient concerner n’importe quel sujet …
Je précise que mon illustration montre la couverture du numéro 25 de 2015, donc le numéro de l’année dernière.

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Routines

La lune
– sa matière grasse fondue
sur les croissants ordinaires.

l’azur pur et dur
tranche
sur la fatigue

Les passants
marchent à la vitesse
d’un Giacometti

Nous vendons nos vies
par petits bouts
à des pingres pinailleurs

Nous trouvons refuge
sur des voies de garage

Engorgements
d’impatiences lymphatiques
à la station debout

Les jeunes filles à la Balthus
finissent par se caser
avec des hommes à la Bacon.

Marie-Anne Bruch
auteure de Triptyque
Cinq Sens Editions, 2016

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Transes

Quand tes cils battent des ailes, je quitte un peu la terre
Entre tes bras, je trouve la forêt nocturne où méditent les orpailleurs.
Tes mains viennent du monde des félins timides et des carrières lunaires.
Abolissant l’hiver, ton regard est la noisette que je croque sur le rivage.
Et nous voguons sur la nuit démontée, comme vers une île ultime.
Et nous marchons dans le silence, comme sur un nuage métaphysique.

Marie-Anne Bruch

Un poème d’amour en vers libres

J’ai écrit ce poème début 2011 – il a été publié en juin 2012 par la maison d’édition Le Nouvel Athanor dans Les Cahiers du sens de cette même année – un numéro consacré au thème du mystère.

Amour Noir

Je te préfère au bonheur
comme je préfère
le rouge au rose
les impasses aux ruelles
et le tango à la farandole.

Je te préfère à l’espoir
comme je préfère
l’éclair à l’arc-en-ciel,
le pavot à la marguerite,
et le bâton à la carotte.

Je te préfère à la raison
comme je préfère
l’adolescence à l’enfance,
Tantale à Sisyphe,
et le désespoir à la résignation.

Je te préfère à la vie
comme je préfère
le noir au gris,
la douleur à l’errance,
et les vacheries aux singeries.

Marie-Anne Bruch