La conversation de Jean d’Ormesson

Dormesson_conversationC’est le premier livre de Jean d’Ormesson que je lis, et ça ne m’a pas donné envie de rééditer l’expérience.
Il s’agit du dialogue imaginaire entre Cambacérès et Napoléon quand celui-ci a décidé de passer du régime du Consulat à celui de l’Empire.
Ce dialogue n’est pas, à mon sens, une pièce de théâtre car il n’y a aucune tension dramatique et Cambacérès n’est qu’un faire-valoir de Napoléon, dont la décision de se faire sacrer empereur est déjà prise quasiment dès le début.
Ce livre est en deux parties : dans la première nous avons droit à un exposé sur la période du Consulat – petit rappel historique du niveau collège – et fait de plus de manière très lourde et maladroite.
Par exemple si Madame de Staël est évoquée à un moment ce sera pour nous apprendre aussitôt qu’elle a écrit Delphine, qu’elle est la maîtresse de Benjamin Constant et la fille de Necker.
J’ai aussi relevé cette phrase de Cambacérès, incroyablement peu naturelle : « Vous êtes jeune, je suis presque vieux. J’ai un an de plus que Talleyrand, six de plus que Fouché, seize de plus que vous. Je viens d’avoir cinquante ans. »
Dans la deuxième partie du livre nous avons droit à une véritable apologie de Napoléon, et là Jean d’Ormesson ne peut vraiment pas cacher sa vénération pour les « grands hommes » et ce qu’il appelle « la gloire ».
J’ai relevé ces deux phrases de Cambacérès :
page 78 :  » Vous avez réponse à tout. Vous êtes au-dessus des autres hommes. Dans les temps antiques, vous auriez, comme Alexandre, été un demi-dieu, un fils du roi des dieux. »
page 86 : »Vous êtes l’être le plus extraordinaire qui ait paru parmi les hommes depuis la venue du Messie sur cette Terre. »

Oh là là !

NB : Ce livre avait paru en 2011 aux éditions Héloïse d’Ormesson.

Sur « Les Saveurs du Palais »

Hortense Laborie, chef cuisinier dans le Périgord, se voit un jour convoquée à Paris pour travailler au service d’un « haut fonctionnaire ». Elle apprend à son arrivée dans la capitale que ce haut fonctionnaire n’est autre que le Président de la République et que son travail consistera à lui préparer tous ses repas privés. Elle accepte (mais a-t-elle vraiment le choix ?) et se retrouve confrontée à divers soucis : respect du Protocole très strict de l’Élysée, rivalités avec l’autre cuisine du Palais (« la Centrale »), contraintes diététiques qui lui seront imposées quand la mauvaise santé du Président commencera à l’exiger.

 

C’est un film assez agréable à suivre, même quand on est peu intéressé à priori par les arts de la table. Une tension s’installe dès le début et on se demande si l’héroïne  parviendra à trouver sa place à l’Élysée et si ses plats sauront séduire le Président.
Ce climat d’appréhension et d’effervescence est bien mis en valeur par Catherine Frot, comme toujours parfaite, sur le visage de laquelle se lisent toutes les émotions.
Jean d’Ormesson se tire plutôt bien de son rôle et est même convaincant en Président de la République : il montre du naturel dans son jeu et possède un certain charisme – j’étais agréablement surprise.

Le défaut majeur des Saveurs du Palais est sa fin – et, d’une manière générale, toutes les scènes qui se déroulent en Antarctique (ou en Arctique ? Désolée, je n’ai pas vraiment suivi, mais en tout cas il fait froid) – ces scènes n’ont pas d’intérêt du tout.

Si jamais ce film vous tente je vous conseillerais d’aller le voir à la séance de 18 heures et de prévoir un restaurant après car Les Saveurs du Palais donnent extrêmement faim !