Visages Villages d’Agnès Varda et JR

Agnès Varda (1928-2019) et le photographe-artiste JR (né en 1983), auraient pu se rencontrer à la boulangerie, en boîte de nuit ou sur Meetic, … c’est du moins ce que nous apprend le début du film Visages Villages, avec grâce et humour. Toujours est-il qu’ils décident de partir ensemble sur les routes de France pour rencontrer, filmer et photographier les populations rurales, montrer la vie des habitants des petits villages. JR réalise leur portrait photographique géant, qu’il colle ensuite sur des façades de maisons ou diverses surfaces architecturales présentes dans ces paysages. Ils sillonnent ainsi le pays du Nord au Sud, interviewant successivement des descendants de mineurs, des agriculteurs intensifs et d’autres plus respectueux de la nature, un vieil artiste aux minima sociaux, un maire normand, des femmes de dockers, et j’en oublie beaucoup, mais ils filment aussi des lieux déserts : un blockhaus effondré sur une plage, un village fantôme, un cimetière et bien d’autres choses surprenantes que leur fantaisie leur donne envie de nous montrer, comme des poissons à l’étalage ou les pieds d’Agnès Varda, avec toujours un sens de la poésie et un humour très fin.
On sent une grande attention portée aux gens, un grand respect pour leur parole et leur vie, et même de l’affection pour eux. On sent qu’Agnès Varda et JR ont passé beaucoup de temps avec eux, tous, et qu’ils les ont longuement écoutés avant de les filmer.
Il y a aussi des moments de tristesse et de mélancolie lorsqu’Agnès Varda évoque les affres de la vieillesse, sa maladie des yeux, la mort qui approche mais qu’elle ne craint pas.
Je ne raconte pas la fin du film, qui est aussi très émouvante.

Un très beau film, plein de fraîcheur et d’amour de la vie.

Le Sens de ma Vie, de Romain Gary


Le Sens de ma vie est un livre à part dans l’oeuvre de Romain Gary puisqu’il s’agit de la retranscription d’entretiens qu’il avait donnés à Radio-Canada, quelques mois seulement avant son suicide le 2 décembre 1980. Il y fait en quelque sorte un bilan de sa vie, en retrace les grandes étapes, nous raconte des anecdotes amusantes ou édifiantes, nous fait part des réussites dont il est le plus fier. J’ignorais par exemple qu’il avait approché de très près Hollywood et ses stars, travaillant même sur plusieurs scénarios (Le jour le plus long, entre autres) tout comme j’ignorais qu’il avait lui-même réalisé deux films (faisant tourner sa femme, Jean Seberg) et qu’il était particulièrement fier du premier.
Par contre, j’avais aussi conscience, en lisant ce livre, que Romain Gary nous dissimulait beaucoup de choses : jusqu’au bout il aura nié son pseudo d’Emile Ajar, même si on se doute que l’envie devait parfois le démanger de révéler l’étendue de son talent et de revendiquer la paternité de La Vie devant soi ou de Gros-Câlin.
Il consacre quelques minutes de cet entretien à l’évocation de son ex-femme, la belle actrice Jean Seberg, suicidée en 1979, et ce sont des lignes très pudiques et d’autant plus émouvantes.
Bien sûr, on retrouve dans ce recueil d’entretiens, des choses qu’il avait déjà révélées dans ses romans autobiographiques, comme La Promesse de l’aube, mais ces entretiens ont tout de même une saveur particulière, en nous restituant le ton de la conversation et la liberté de parole de Gary.
Un livre qui nous met en contact direct avec Romain Gary et qui nous le rend plutôt sympathique !
Par ailleurs, Romain Gary a eu une vie riche et brillante, s’est frotté à l’Armée, à la Politique, à l’espionnage, au cinéma, et ce livre possède aussi un intérêt historique notable.

Extrait page 90

J’ai divorcé de Jean Seberg en 1970, en partie parce que l’idéalisme de cette jeune femme se heurtant à des déceptions continuelles était ce que j’avais déjà vécu jeune homme et je ne pouvais pas le tolérer, je ne pouvais pas le supporter, je ne pouvais pas le suivre, je ne pouvais pas lui tenir compagnie, je ne pouvais pas l’aider et j’ai capitulé en quelque sorte sans jamais cesser de m’occuper d’elle avec les conséquences tragiques que le monde entier connaît aujourd’hui et dont je refuse absolument de parler désormais, après avoir donné à ce sujet une conférence de presse dont les répercussions en Amérique ont été certaines puisque les reproches que je faisais au FBI ont été confirmés par le chef du FBI lui-même, Monsieur Webster.

Interview du poète Denis Hamel

Bonjour Denis, tu viens de faire paraître en l’espace d’un an deux recueils de poèmes (Le Festin de Fumée chez Petit Pavé en 2016 et Saturne chez Polder en 2015), peux-tu nous expliquer dans quelles circonstances ces publications ont eu lieu ? Comment définirais-tu la différence de styles entre ces deux recueils ?
D.H. : Les poèmes ont été écrits entre 1999 et 2014. J’ai commencé à envoyer des manuscrits en 2008. Saturne est un long poème alors que Le festin.. est plus éclaté et composite.

D’une manière générale, qu’est-ce qui, selon toi, caractérise ta poésie ?
D.H. : Certainement la mélancolie. « La sagesse ne viendra jamais » dit Debord.

Y a t-il des situations ou des états d’âme qui favorisent ton inspiration plus que d’autres ? As-tu des rituels d’écriture ?
D.H. : Environ 80% des poèmes ont été écrits sur mon lieu de travail. Chez moi, j’aime écouter Morton Feldman pour écrire. Sa musique me stimule.

Peux-tu nous dire comment tu es venu à l’écriture poétique ? Quel est le premier livre de poèmes qui t’a marqué ?
D.H. : J’ai commencé à lire de la poésie en 1995, à en écrire en 1999. Je venais d’avoir le diplôme de l’école de bibliothécaire de l’institut catholique. Les premiers poèmes qui m’ont bouleversé sont peut-être ceux de Trakl, en livre de poche, prêté par un ami que je ne fréquente plus aujourd’hui.

Y a-t-il des livres ou des auteurs – pas forcément de poésie – qui ont influencé ton écriture ?
D.H. : Beckett, Schopenhauer, Michaux, Mallarmé …

Penses-tu qu’il existe des critères objectifs pour juger un poème, ou crois-tu que ce soit instinctif
D.H. : L’ennui est un critère négatif objectif. Il est impossible de croire que l’on s’ennuie et de se tromper. C’est une sensation irréfragable, comme disent les philosophes modernes.

Tu m’as dit quelquefois que tu écrivais plus quand tu étais malheureux que quand tu étais heureux, comment l’expliques-tu ?
D.H. : L’écriture est certainement une forme de résistance au malheur.

Tu es un grand lecteur de philosophie, penses-tu qu’il existe des liens ou des passerelles entre poésie et philosophie ?
D.H. : Certainement, mais ce sont des liens souterrains et inapparents.

As-tu déjà écrit autre chose que de la poésie ?
D.H. : Oui, je travaille depuis 2009 sur un court roman.

Les dadaïstes disaient que l’art était « un produit pharmaceutique pour imbéciles », comment juges-tu cette assertion ?
D.H. : Je trouve cette assertion sans intérêt. Provocation à la petite semaine.

Que penses-tu de ceux qui disent que la poésie n’est qu’un jeu verbal ?
D.H. : Il y a une part de jeu, oui, mais ça va plus loin.

Penses-tu que la poésie dite expérimentale offre des perspectives intéressantes ?
D.H. : Toute la poésie qui m’intéresse pourrait être dite expérimentale.

Comment expliques-tu que la poésie intéresse si peu de lecteurs ? Penses-tu qu’il soit possible d’y remédier ?
D.H. : Lire de la poésie demande du temps et de la patience.

Peux-tu nous parler de tes projets d’écriture ?
D.H. : Mon roman commencé en 2009.

Merci d’avoir bien voulu me répondre.

Liebster Award

J’ai eu l’honneur aujourd’hui d’avoir été sélectionnée pour le Liebster Award par cicileartistica

Alors qu’est-ce que c’est?
Il a été crée pour promouvoir et faire découvrir des blogs qui ont moins de 200 abonnés sur Hellocoton ou Facebook. L’objectif est de se présenter un peu plus en détails et promouvoir d’autres blogs.

20140313-205906.jpg

En quoi ça consiste? Il faut : – mettre un lien vers le blog qui vous a choisi et tagué – donner 11 anecdotes sur soi – répondre aux 11 questions qui ont été posées par la blogueuse qui vous a nominé – et désigner 11 blogueuses nominées et leur poser 11 questions

Voici donc mes réponses aux questions qui m’ont été posées par cicileartistica:

1. Quelle est votre boisson chaude préférée?
Le café, mais j’essaye d’en boire un peu moins !
2. Quelle est la chanson que vous écoutez toujours depuis des années?
Le Baron Noir d’Arthur H. J’adore cette chanson !
3. Quel est votre objet fétiche?
Mes stylos de marque Pilot, V5, écriture fine !
4. Quel est votre animal préféré?
J’aime bien les hippocampes.
5. Quel est votre livre de chevet?
Je n’ai pas vraiment de livre de chevet. Mais le livre que j’ai lu le plus grand nombre de fois c’est Une saison en enfer de Rimbaud : une fascination !
6. Quelle est l’oeuvre d’un artiste qui vous a le plus touché, qui vous a le plus transporté?
Une œuvre pour piano de Maurice Ravel qui s’appelle Ondine, et qui fait partie du cycle Gaspard de la Nuit 
7. Quel est votre endroit préféré dans votre quartier ou dans votre ville?
J’aime beaucoup le quartier de Montparnasse.
8. Quel est votre truc pour vous détendre lorsque vous êtes stressé(e)?
Quitte à me répéter beaucoup, je vais répondre : Fumer !
9. Quel est le pays que vous rêvez depuis toujours de découvrir?
Sans doute la Chine ou le Japon !
10. Quel est le personnage (de livre, de film, connu etc) qui vous a le plus inspiré dans votre vie?
Désolée mais je ne vois pas !
11. Quel serait-le titre du roman qui raconterait votre vie?
J’écris actuellement un roman sur ma vie et il s’appelle Désordres

Les 11 anecdotes sur moi
1. Je pense reprendre des études un jour.
2. Je suis maladroite de mes mains sauf pour dessiner
3. Je bois au moins 10 cafés par jour.
4. J’aime la cuisine asiatique
5. J’avais commencé à apprendre le japonais, j’ai été régulière environ un an, et puis j’ai arrêté.
6. Je ne fais jamais de couture (cf. question 2 ! :-))
7. J’en suis toujours à acheter de la musique sur CD, je ne suis passée ni aux téléchargements ni aux mp3, mp4, etc. !
8. Je ne suis pas une femme à bijoux.
9. J’en suis restée aux photos argentiques, je ne sais pas me servir des appareils numériques (cf. question 7)
10. Je ne supporte pas la violence au cinéma, je ne vais pas voir les films déconseillés aux moins de 13 ans (bien que j’aie quelque peu dépassé l’adolescence !)
11. Depuis l’été dernier, j’apprends le modelage/sculpture, je fais de l’argile.

Les 11 questions que je pose (J’en ai piqué certaines à Bernard Pivot)
1. Quelle est votre boisson fraîche préférée? 2. Quel métier n’auriez-vous pas aimé faire ? 3. Quel est votre mot préféré dans la langue française ? 4. A quelle époque auriez-vous aimé vivre ? 5. A quel(s) jeu(x) jouez-vous ? 6. Quelle est la qualité que vous préférez (par exemple chez vos amis) ? 7. Quel était votre but en créant un blog ? 8. Si vous deviez écrire un livre, de quoi parlerait-il ? 9. Quelle œuvre d’art vous a le plus marqué ? 10. Dans quel domaine aimeriez-vous être doué ? 11. Si Dieu existe, qu’aimeriez-vous, après votre mort, l’entendre vous dire ?

J’ai finalement réussi à trouver onze blogs ayant moins de 200 abonnés !

Les 11 blogueurs sont :
 C’est tout vu, tout lu  ?
L’impermanence n’est pas un rêve
Cuneipage
Colors and Pastels
Les livres de Camille
Le vent qui souffle
Mon Café Lecture
Biancat’s Room
L’heure d’Abraxas
La Vie d’un Bipolaire
Et Le blog de Sally Helliot

Interview de Sibylline, créatrice du site Lecture/Ecriture

Je voudrais présenter aujourd’hui un site littéraire que j’aime beaucoup et qui s’appelle Lecture/Ecriture.
Sa créatrice et animatrice, Sibylline, a accepté de répondre à mes questions sur la vie de ce site.

–        Bonjour Sibylline.  Quelle était ton idée quand tu as créé le site Lecture/Ecriture ? Y a-t-il des spécificités de Lecture/Ecriture par rapport aux autres sites littéraires ?

J’ai eu internet chez moi il y a une dizaine d’année (je n’étais pas parmi les précurseurs, j’avais même l’impression que cela n’allait pas m’intéresser, en quoi je me trompais fort.) J’ai tout de suite visité tous les sites littéraires que j’ai pu trouver et j’ai participé à certains. Au bout d’un moment, j’ai constaté que cela ne me satisfaisait pas. J’étais gênée d’abord par les publicités avérées ou dissimulées car ce que j’avais tout de suite compris avec le net, c’est que c’était un lieu unique où l’on pouvait échapper totalement aux lois de la rentabilité et du commerce, alors pourquoi ne pas le faire? Le royaume du gratuit et du bénévolat, le royaume de la libre expression aussi. Cette liberté était assurée par l’usage de pseudos ce qui permettait à chacun de s’exprimer librement sans avoir à subir la réprobation de ses voisins, employeurs, familles… et, en ce qui concerne les livres par exemple, la parole pouvait être donnée à de vrais lecteurs, des gens dont ce n’était pas le métier de lire, qui faisaient cela uniquement parce qu’ils aimaient le faire. Des gens qui ignoraient superbement les plans marketing des maisons d’édition, qui ne connaissaient, ni les éditeurs, ni les auteurs, ni les agents littéraires et ne se souciaient ni de les flatter, ni de les vexer. Ils lisaient juste ce qui les tentaient et disaient ensuite ce qu’ils en avaient pensé.

–         Pensais-tu que le site prendrait une telle ampleur quelques années après ?

Je ne m’étais pas posé la question. Je ne me la pose toujours pas. Lecture/Ecriture s’est révélé avoir une vraie vie autonome. Il est vivant. Il se meut, croît et se diffuse de façon naturelle et sans plan de carrière. Il ne se préoccupe pas d’être, il est.

–         Combien de visites as-tu par jour (ou par semaine) ?

Elles sont vraiment nombreuses et le site peut se vanter d’être bien et assidument fréquenté. Mais ce n’est pas pour rien que le compteur du site n’affiche pas les visites, nous ne voulons pas d’un jugement basé sur la quantité, ni entrer dans une logique de compétition. Pas plus que dans celle de la rentabilité. Nous sommes en dehors de ce système. Lecture/Ecriture est très visité, mais même s’il ne l’était pas, il existerait quand même et au fond, cela ne changerait rien à ce qu’il est, cela ne changerait que la connaissance que les autres en ont.

–         Quels sont les livres ou les auteurs qui attirent le plus de visiteurs : les grands classiques, les best-sellers, les dernières parutions … ? Y a-t-il un genre plus populaire que les autres ?

Eh bien, sans surprise, les classiques sont très visités et sûrement par des jeunes qui ont à en parler pour leurs cours et veulent s’en économiser la lecture. Mais ils peuvent globalement être déçus car ce que nous en disons a beau être assez souvent intéressant, ce n’est pas ce que leurs professeurs attendent d’eux. Ce ne sont pas des analyses scolaires, ni par le fond, ni par la forme. Par contre, pour peu qu’ils soient prêts à un effort, il se peut tout autant que ce que nous en disons leur montre que ces romans peuvent intéresser des gens qui n’ont aucune obligation de les lire et leur indique le plaisir que l’on peut y trouver.

Aux périodes de rentrées littéraires, les nouveautés sont très consultées aussi car les lecteurs ont envie d’avoir les commentaires de simples lecteurs comme eux et pas seulement des critiques officiels du monde littéraire.

Et en permanence, quand un livre ou un auteur fait parler de lui, il a un pic ici, les visiteurs venant voir de quoi il s’agit au juste et ce que nos lecteurs en ont pensé.

–         Selon toi, quelles sont les qualités requises pour être un bon critique ?

Tout d’abord, nous ne sommes pas des critiques, donc je ne saurais répondre à cette question. Nous sommes juste des lecteurs bavards. Nous aimons non seulement lire, mais encore parler de nos lectures. Notre plus grand plaisir : trouver quelqu’un qui a lu le même livre et en discuter avec lui. Même si son avis est différent du nôtre. Et un tout grand plaisir encore : faire lire des livres qui nous ont plu à des gens qui autrement, ne l’auraient pas fait. Faire découvrir des auteurs à côté desquels nos visiteurs auraient pu passer.

Et pour revenir à ta question, pour être un bon participant à Lecture/Ecriture, il faut aimer lire, aimer parler de ses lectures et être capable d’exprimer son ressenti et l’argumenter par écrit. C’est tout.

–         J’ai vu que tu acceptes pratiquement tous les genres de livres, des romans aux guides pratiques en passant par les guides de voyage et les bandes dessinées. Mais y a-t-il des genres exclus du site ? Accepterais-tu par exemple la critique d’une méthode de japonais, d’un dictionnaire des synonymes, d’une revue de poésie contemporaine, ou d’un livre de mathématiques ?

Tout d’abord, une des limites est qu’il faut que le livre soit publié par un vrai éditeur, nous ne commentons pas l’édition à compte d’auteur. Je sais que beaucoup de grands auteurs ont commencé comme cela et il est même possible que cela puisse être une bonne façon de commencer, mais il est tout autant indéniable que l’on trouve une foule d’ouvrages sans aucun intérêt dans l’édition à compte d’auteur. Nous avons donc placé cette limite : pas d’autoédition. En dehors de cela, je dirais qu’il faut qu’il y ait une rédaction et une intention dans cette rédaction. Parmi ceux que tu cites, nous ne prendrions pas les dictionnaires (qui ne sont pas rédigés) pour le reste, faudrait voir…

–         Toi-même, quand as-tu commencé à t’intéresser à la littérature ?

Je me suis toujours intéressée à la lecture. Mais vraiment toujours, depuis mon premier abécédaire. Ça a été en permanence une de mes passions.

–    As-tu un métier en rapport avec les livres ?

Non, cela fait partie des activités que je fais purement pas amour, et pour aucune autre raison plus rationnelle.

–         J’ai vu que lorsqu’on avait écrit au moins dix critiques pour Lecture/Ecriture, on pouvait participer à la partie Ecriture du site : en quoi consiste cette partie Ecriture ?

C’est très simple. On peut envoyer un texte (une nouvelle ou un poème), tout comme on envoie ses commentaires de lecture et il est mis en ligne dans la partie « Ecriture ». On peut en envoyer un à chaque fois qu’on a envoyé 10 commentaires de lecture. Pour un poème, sauf s’il est vraiment très long, je pense qu’on pourrait en mettre un pour 5 commentaires de lecture. Nous avons dû établir ce quota car nous étions envahis par des gens qui entendaient limiter leur participation au site à une profusion de leur propre production, parfois même sans s’être souciés de la travailler un peu. Ce qu’ils ne font plus en étant limités. Mais dans le cas contraire, il ne faut pas hésiter à utiliser cette possibilité que Lecture/Ecriture offre de diffuser ses propres textes.

–         Que penses-tu des blogs littéraires?

Je les aime beaucoup. Beaucoup des participants à Lecture/Ecriture tiennent un blog littéraire. Et leur participation au site vaut des visites à leur blog. Les blogs et le site ne font pas double emploi. Le blog est un espace personnel où l’on parle plus de soi, où l’on papote, que l’on illustre à sa guise, sur lequel on reçoit publiquement des avis etc. Par contre, quand un texte est vieux de plusieurs mois (ou années) il devient difficile de le garder facile à trouver pour le visiteur. C’est là que Lecture/Ecriture est utile. Tous les textes restent toujours facilement repérables et accessibles. Le site est plus comme les archives classées des blogs.

Mais il y a aussi des lecteurs qui n’ont pas le désir ou le temps de tenir un blog (c’est très chronophage, comme on le sait) mais qui veulent tout de même s’exprimer sur leurs lectures. Ceux-là sont chez eux sur Lecture/Ecriture. Ils y ont leur page, ils s’y expriment à chaque fois qu’ils le veulent (souvent ou rarement à leur gré) et peuvent recevoir des réactions s’ils joignent une adresse mail à leur signature. Là, Lecture/Ecriture est l’auberge espagnole des lecteurs non blogueurs.
–         Quels sont tes rapports avec les lecteurs du site?

Je tiens beaucoup à avoir des contacts personnels et humains avec chaque lecteur. Je ne suis pas un robot ni même un humain bureaucratique. Pour moi chaque lecteur est bien une personne individualisée et avec qui je peux bavarder. Non seulement je le peux, mais j’aime bien. Les lecteurs m’intéressent.

–         Comment choisis-tu l’auteur du mois ?

Le choix de l’auteur du mois est un choix difficile qui se fait à partir des suggestions des lecteurs. Il faut un auteur qui présente un vrai intérêt littéraire, il faut qu’il ne soit pas déjà sur le site (ou presque pas). Il faut qu’il ait plusieurs livres publiés en français etc. Tu vois le genre de critères qui entrent en jeu. Mais tout lecteur peut faire une suggestion, elle sera considérée.

–         Comment se passent les interviews d’écrivains publiées sur le site – acceptent-ils facilement l’interview ?

Oui, mais c’est une partie du site qui est un peu à l’abandon en ce moment, faute de temps. Cela demande énormément de travail (contacts, déplacement, retranscription etc.). Mais le site accueille volontiers celles qui lui sont envoyées par ses participants. N’hésitez surtout pas! Tout le monde peut rencontrer un écrivain à un salon du livre, une signature etc. et lui poser quelques questions en enregistrant les réponses.

–         Comment voudrais-tu voir évoluer le site ?

Mon souhait le plus vif serait que nous ayons davantage de participants. Plein. De toutes sortes. Que davantage de lecteurs n’hésitent pas à nous envoyer leurs avis sur leurs lectures. C’est une chose toute simple. Il suffit de prendre son clavier et d’écrire ce que l’on dirait à un ami à qui l’on parlerait du livre que l’on vient de finir. Nos lecteurs sont déjà nombreux mais j’en voudrais plus. J’ai l’impression que les gens n’osent pas. Ils ne s’autorisent pas à s’exprimer. Il se disent qu’ils ne sont pas critiques littéraires. Certes, ils ne le sont pas, mais ce n’est pas non plus ce que l’on demande aux participants à Lecture/Ecriture. Ils sont lecteurs et c’est tout ce que nous attendons d’eux : ça et qu’ils prennent la parole. Venez nous rejoindre !
–         Merci de m’avoir répondu 🙂