Deux poèmes de Georges Perros

Ce document a été créé et certifié chez IGS-CP, Charente (16)

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J’ai trouvé ces deux poèmes dans le recueil « Une vie ordinaire », sorte d’autobiographie en octosyllabes qui date de 1967.
Georges Perros (1923- 1978) était également acteur puis lecteur chez Gallimard.

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Je suis un homme maintenant
et pourrais être militaire
et quand on me dit de parler
je sais pourquoi je dois me taire
Quoique me sentant peu au monde
je dis bonjour ça va bonsoir
à mes semblables que je croise
et qui me le rendent parfois
Certes je sais que mon royaume
est bien de ce monde Voilà
ce qui m’embarrasse plutôt
je récupère mal le temps
que j’ai passé à faire l’âne
en laissant ma pauvre maman
s’occuper à torcher mon cul
à me donner le sein si tant
il est vrai qu’elle fit ce geste
de laiteuse et pâle tendresse.

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J’avance en âge mais vraiment
je recule en tout autre chose
et si l’enfance a pris du temps
à trouver place en moi je pense
voilà qui est fait et je suis
devenu susceptible au point
qu’on peut me faire pleurer rien
qu’en me prenant la main Je traîne
en moi ne sais quelle santé
plus prompte que la maladie
à me faire sentir la mort
Tout m’émeut comme si j’allais
disparaître dans le moment
Ce n’est pas toujours amusant.

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Un poème de Georges Perros

pleiade_anthologie
J’ai trouvé ce poème dans l’anthologie de la poésie française (volume 2) parue dans les éditions de la Pléiade. Malgré mes recherches, je n’ai pas trouvé de quel recueil il était extrait ni de quand ce poème datait. Georges Perros, de son vrai nom Georges Poulot, est né le 23 août 1923 à Paris et mort le 24 janvier 1978, à 54 ans. (Source Wikipédia).

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Anecdotique je le suis
Merci de me le faire entendre
Mais si vous saviez comme amuse
le vers qui prend n’importe quoi
dans sa délirante salive
L’itinéraire qu’il me faut
c’est le sien Je suis, sans valise,
sa trace au fil de mon plaisir
et si ce que je pense y passe
tant pis tant mieux ce n’est rien que
pour me distraire un peu Si lasse
est parfois ma rame de cœur
que même la mer y renonce
Elle ne bat plus pour personne
pour moi moins encor et pourtant
le vers va toujours Je persiste
à ne le croire tout à fait
et le voilà qui recommence
Où irons-nous donc aujourd’hui ?

Mon vers est lièvre il est tortue
Furet ici escargot là
il court et dérape souvent
car la vie est peau de banane
et c’est elle qui cherche allant
au gré de sa buissonnerie
Ainsi marche-t-il sur les mines
et saute saute pauvre enfant.