Nos vies, de Marie-Hélène Lafon

J’ai acheté ce roman par curiosité, ayant entendu un jour une interview de l’auteure et m’étant dit « Pourquoi pas essayer, un jour, de la lire ? » mais sans précipitation ni enthousiasme excessif.
C’est le hasard qui finalement a placé ce roman sur mon chemin.

Je laisse la parole à la Quatrième de Couverture :

« Il y a comme ça des périodes où les plaques tectoniques de nos vies se mettent en mouvement, où les coutures des jours craquent, où l’ordinaire sort de ses gonds ; ensuite le décor se recompose et on continue. »

Le Franprix de la rue du Rendez-Vous, à Paris. Une femme, que l’on devine solitaire, raconte et imagine. Gordana, la caissière. L’homme qui s’obstine à venir chaque vendredi matin. Silencieusement elle dévide l’écheveau de ces vies ordinaires. Et remonte le fil de sa propre histoire.

Mon avis :

C’est rare que je fasse une chronique 100% négative mais là, franchement, j’ai passé un moment de lecture très pénible.
La seule chose que j’ai aimée dans ce roman, c’est sa quatrième de couverture.
Et encore, quand je lis l’expression « vies ordinaires », je ne comprends pas trop ce que ça veut dire.
La banalité ne se trouve généralement que dans le regard qu’on pose sur les choses.
Des personnages sans épaisseur, réduits à quelques caractéristiques physiques (des gros seins, un pied-bot), des situations convenues, une absence navrante d’humour, ont réussi à me plonger dans un ennui abyssal à chaque fois que je reprenais ma lecture.
Jamais on ne ressent le moindre souffle de vie animer ces personnages ou donner un peu d’élan à cette histoire.
A aucun moment je n’ai été touchée ou concernée par ces lignes.
Le style n’est pas désagréable, mais n’a pas suffi à m’extirper de mon ennui !

***

Nos vies de Marie-Hélène Lafon est paru chez Libella en 2017. Je l’ai lu en folio.

Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès

Mes vacances ne sont pas loin d’être finies, ou du moins je commence à préparer sérieusement mon retour sur ce blog.

En attendant ma réapparition définitive du 1er septembre (avec les comptes-rendus de toutes mes lectures estivales), voici un petit billet en guise de mise en bouche.

Cette lecture est encore très fraîche dans ma mémoire puisque je viens juste de la terminer, mais je dois dire que je ne suis pas convaincue du tout et que je me suis passablement ennuyée. On me rétorquera peut-être qu’une pièce de théâtre est faite pour être vue sur une scène, et non pas lue, et certainement une mise en scène judicieuse doit pouvoir pimenter un peu ce texte qui m’a paru bien plat. La situation de départ est pourtant prometteuse et intéressante mais, rapidement, l’action se fige et se dilue sans que rien ne se passe, ni dans les actes ni dans les paroles.
La situation de départ : un homme (Koch) se fait conduire par son chauffeur (Monique) sur le quai désert d’un quartier misérable, dans le but de se suicider. Alors qu’il vient de sauter dans le fleuve, il est repêché par un homme qui n’est pas forcément animé par de bonnes intentions. Une famille d’immigrés (espagnols ou indiens ?) cherche à profiter de la situation pour le racketter.
Les personnages se disputent pour savoir s’ils vont crever les pneus de la voiture, où est le delco, où est la montre luxueuse de Koch (le candidat au suicide), où sont les clés de la voiture, est-ce que tel personnage veut bien donner les clés de la voiture à tel autre, etc.
La fin redonne un peu d’énergie à ces situations plates et figées, avec quelques dialogues qui font mouche, et une tension dramatique accrue, mais ça reste tout de même très en-dessous (à mon avis) de cette autre très bonne pièce de Koltès : Dans la solitude des champs de coton qui n’est pourtant postérieure que d’une année (1986) mais dont l’écriture me parait bien plus élaborée.
Pour moi qui aime bien Koltès d’habitude et qui apprécie son style, c’est une assez mauvaise surprise.