Parution de mon Nouveau Recueil de Poésie

J’ai le plaisir de vous annoncer la parution dès mars 2019 aux éditions du Contentieux de mon nouveau recueil de poésie intitulé Buées dans l’hiver, qui réunit une trentaine de poèmes en vers libres.
Vous pouvez vous le procurer pour la somme modique de 5 euros (port compris) en écrivant à :

Editions du Contentieux
Robert Roman
7 rue des Gardénias
31100 TOULOUSE
(règlement par chèque)

Voici le Flyer de ce recueil, que vous pouvez imprimer comme bon de commande si le cœur vous en dit :

Et enfin, last but not least, je vous propose de lire un poème extrait de ce recueil.

Suivre la pente

Le monde sera toujours
à la fois jeune et vieux
vénéneux et vénérable,
la vie sera toujours
à la fois laide et belle
et nul ne tranchera ce conflit
sans trahir le jour qui vient.

Notre enfance court encore
devant nous, par les champs et les bois,
trop vite pour jamais la rattraper,
notre enfance a la bouche
et les doigts cramoisis
d’avoir cueilli trop de rires bien mûrs
dans les broussailles de la mémoire.

Les jours se ressemblent trop
pour laisser le moindre souvenir,
paroles et pensées
s’assèchent fatalement,
il y a peu à raconter
mais beaucoup à faire,
nous allons devenir
faute de mieux
des êtres efficaces,
on ne nous en demande
pas davantage.

Marie-Anne Bruch

***

Publicités

Trois poèmes de Fabrice Marzuolo


J’ai trouvé ces trois poèmes dans le recueil Vivre c’est oublier qu’on est mort, publié en 2017 aux éditions du Contentieux.
Fabrice Marzuolo est un poète et écrivain français né en 1955, il dirige la revue poétique L’autobus.

***

Ceci n’est pas un poème

Ne sachant comment vivre
je cherchais quoi écrire
mais remplir une feuille blanche
avec des jours qui ressemblent
à de tristes dimanches
revient à fondre du noir sur du noir
je balayais du regard ici et là
espérant une inspiration un souffle
mais ce n’était pas comme un moteur
qui tousse et qu’on pousse
et qui ne redémarre jamais
car j’entendais bien mon cœur
battre et s’en foutre
c’est une horloge en somme
vulgaire peut-être qui décompte
les secondes qu’elles soient pleines ou pas
je me souviens de m’être dit alors
qu’il n’est pas certain que des poèmes
suffisent à remplir une vie
au fond n’est-ce pas comme tout ici-bas
quelques bouts de sparadrap
qu’on fiche sur la blessure d’être au monde
et à la fin voir ce qu’il en sort bon pour la casse

***

Je m’en moque
d’être rien du tout
et même rien de rien
ce qui me contrarie
c’est que du vent
m’empêche de dormir
et surtout
que le Rien qui créa
le rien à son image
n’ait poussé
le vide jusqu’au bout.

***

Les je nous pas clairs

Une impasse étrange
où l’on avance
comme dans un puits sans fond
nos regards se croisent
il me reconnaît
je le reconnais
il est celui que j’étais
je suis celui qu’il sera
ça lui donne un coup au moral
mais rien de plus normal
je ne suis pas fier non plus
de celui que j’étais