Aimer, boire et chanter, d’Alain Resnais

Aimer-Boire-et-Chanter_ResnaisAyant toujours apprécié les films d’Alain Resnais, je tenais absolument à voir son dernier film, d’autant que certains critiques parlaient à son sujet de « film testament », ce qui ne pouvait pas se manquer.
Je dois préciser que j’ai vu ce film il y a environ un mois, et que j’en suis sortie assez contente. Mais, au fur et à mesure des jours et des semaines, j’avoue que l’impression n’est plus aussi positive et que les défauts sont apparus plus clairement en y repensant.
Racontons d’abord un peu l’histoire : Tout se passe entre trois couples vivant dans la campagne anglaise du Yorkshire. Un certain George Riley, que l’on ne verra jamais, n’en a plus que pour six mois à vivre, et ses six amis – les trois couples en question – se demandent ce qu’ils peuvent faire pour rendre sa fin plus douce. Il se trouve que George Riley est un grand séducteur et que les trois épouses seront tentées de partir avec lui pour un dernier voyage qu’il désire faire à Ténériffe.
Le scenario de ce film est inspiré d’une pièce anglaise du dramaturge Alan Ayckbourn, Life of Riley … le seul problème étant à mon avis que cette pièce n’est pas excellente, et qu’on ne parvient pas vraiment à être ému par l’histoire, qui reste constamment légère et superficielle alors que le thème en est pourtant la mort et la maladie. Il y a de nombreux revirements et rebondissements, quelques effets de surprise, qui donnent du rythme et de l’animation et empêchent de s’ennuyer, qui font même sourire plusieurs fois, mais disons que l’émotion n’est pas au rendez-vous, même si le savoir-faire d’Alain Resnais est évident et incontestable.
Les décors sont, de prime abord, déconcertants, puisqu’il s’agit de toiles peintes, mais on s’y habitue très rapidement, et, comme au théâtre, on en accepte la convention.
Les jeux d’acteurs sont très bons, et, pour ceux qui aiment Alain Resnais, on retrouve avec plaisir certains de ses acteurs fétiches, comme Sabine Azéma et André Dussollier (dans un rôle quasiment muet d’agriculteur jaloux, ce qui est plutôt réjouissant).
Je regrette juste le choix de la pièce, qui ne me semblait pas mériter le talent qu’Alain Resnais a déployé pour la mettre en valeur. Smoking/No smoking et surtout le magnifique Cœurs, que je conseille vivement, reposaient certainement sur des pièces bien meilleures.

Malgré tout, un bon moment de divertissement.

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L’extraordinaire voyage du fakir … de Romain Puértolas

Fakir_IkeaLe titre complet de ce livre est L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea – un bon titre, qui préfigure bien le genre de roman que l’on peut s’attendre à trouver : loufoque, divertissant, imaginatif… et pas intellectuel !
Je ne dirais pas que ce roman m’a fait éclater de rire, mais j’ai souvent souri et j’ai franchement ri deux ou trois fois. L’humour de ce livre n’est ni méchant ni vulgaire, ce qui contribue à en rendre le ton sympathique, bon enfant, mais les blagues sont parfois trop appuyées comme, par exemple, les explications sur la manière dont il faut prononcer les noms des héros, ce qui est prétexte à des blagues pendant quasiment tout le long du livre, et finit par être fatigant. Alors c’est vrai que ce n’est pas un humour très subtil, que les ficelles sont souvent très grosses, mais, franchement, ça met de bonne humeur et, pour ma part, j’aimais assez retrouver ce livre chaque soir pour connaître la suite des aventures de ce fakir.
Par contre, là où ce roman est, à mon avis, faible, c’est quand il essaye de devenir plus grave et de toucher le lecteur sur la corde sensible. Par exemple, il essaye à plusieurs reprises de nous émouvoir sur le sort des immigrés clandestins mais on patauge dans les bons sentiments et le simplisme, et les arguments que l’auteur utilise sont tous plus clichés les uns que les autres.
J’ai trouvé aussi, en partie pour cette raison, que la deuxième moitié du roman était moins réussie que la première, car le côté humoristique s’essouffle au détriment du côté « bons sentiments », qui prend de plus en plus de place.
Ce qui m’a un peu gênée, aussi, c’est l’aspect trop décousu de ce livre – quelque chose de mal construit, voire pas construit du tout : par exemple, lorsqu’on rencontre le groupe d’immigrés clandestins et que l’auteur nous raconte leur histoire et nous amène (plus ou moins) à nous y intéresser, on lâche brutalement ces personnages pour passer à tout autre chose et il faut attendre un des derniers chapitres pour retrouver un de ces immigrés clandestins, qui se perd de nouveau assez vite dans la nature…
Mais, d’une manière générale, je dirais que ce livre est un assez bon divertissement … à lire dans une période où on a des soucis et où on veut se changer les idées – mais pas davantage que ça !

L’extraordinaire voyage du fakir … Ikea avait paru en automne 2013 aux éditions du Dilettante.