La Garden-Party de Katherine Mansfield

Ce recueil de nouvelles a été écrit par Katherine Mansfield (1888-1923) en 1922.
Il comporte quatre nouvelles : la garden-party, la jeune fille, son premier bal et L’étranger.

J’ai beaucoup aimé ces quatre nouvelles, qui ont en commun de faire surgir le malaise ou la tristesse dans un contexte léger, futile, mondain ou même joyeux.

Ainsi, dans la première nouvelle, qui donne son nom au recueil, les préparatifs d’une fête chez une famille riche et bourgeoise semblent ignorer et mépriser un deuil survenu chez un voisin pauvre. Les uns continueront leurs joyeuses festivités comme si de rien n’était, les autres se recueilleront dans la douleur. Mais une jeune fille, Laura, plus sensible et compatissante que le reste de sa famille, tentera d’apporter un peu de réconfort dans la famille endeuillée et prendra conscience de la dureté de la vie.
Ici, les bourgeois sont présentés comme généralement égoïstes, superficiels, sans cœur, mais les pauvres ne sont pas beaucoup plus aimables, avec des attitudes inquiétantes, pour ne pas dire hostiles.
Oppositions multiples entre la jeunesse et la mort, les riches et les pauvres, la superficialité et la profondeur, l’égoïsme et l’altruisme.
La jeune fille qui tente de passer au-dessus des clivages sociaux, qui brave les interdits de sa classe, se met sérieusement en danger mais, en même temps, atteint une compréhension de la vie inaccessible aux autres.

Extrait page 31 :

« Bonjour », dit-elle en imitant la voix de sa mère. Mais cela lui parut si horriblement affecté qu’elle en eut honte et balbutia comme une petite fille : « Ah !… Euh !… Vous venez… C’est pour la tente ?
– C’est ça, mademoiselle », dit le plus grand des quatre, un homme dégingandé, couvert de taches de son. Il déplaça légèrement son sac d’outils sur ses reins, rejeta son chapeau de paille en arrière et lui sourit. « C’est bien ça. »
Son sourire était si naturel, si amical, que Laura se ressaisit. Quels jolis yeux il avait, petits, mais d’un bleu si profond ! Et maintenant qu’elle les regardait, les autres aussi souriaient. « Courage, on ne va pas vous mordre », semblait dire leur sourire. Que les ouvriers étaient donc sympathiques ! Et quelle belle matinée ! Surtout pas un mot sur le temps ; elle était là pour s’occuper de choses sérieuses. La tente.
« Eh bien, que diriez-vous de la pelouse aux lys ? Est-ce que ça irait ? »

J’ai lu ce livre en édition bilingue, chez Folio, dans une traduction de Françoise Pellan, et mon exemplaire a été imprimé en 2010.

Les Ecrivements de Matthieu Simard

couverture chez Alto

Pour le défi de lecture de ce mois de décembre 2020, organisé par Madame lit, il fallait lire un roman lauréat du Prix Littéraire France-Québec et j’ai souhaité y participer, par curiosité pour cette littérature québécoise que les Français connaissent souvent mal (et moi la première !).

Le prix littéraire France-Québec est un prix littéraire remis annuellement par l’association France-Québec, et qui a pour but de faire connaître aux lecteurs français la littérature québécoise. Il prend la suite du prix Philippe-Rossillon, créé en 1998 et nommé en mémoire du diplomate et militant de la Francophonie Philippe Rossillon (1931-1997). Depuis 2006, le prix est parrainé par Patrick Poivre d’Arvor. (Source : Wikipédia)

Les Ecrivements de Matthieu Simard ont obtenu le Prix Littéraire France-Québec en 2019.

Quatrième de Couverture :

Les traces de pas dans la neige finissent toujours par disparaître, comme des souvenirs qu’on est forcé d’oublier, soufflés par le vent ou effacés par le soleil. Celles de Suzor, parti un soir de décembre 1976, n’existent plus depuis longtemps. Pourtant, Jeanne les voit encore chaque jour par la fenêtre du salon.

Pendant quarante ans, elle s’est promis de ne jamais le chercher, mais lorsqu’elle apprend qu’il est atteint d’alzheimer, sa promesse ne tient plus : elle doit retrouver Suzor avant qu’il oublie.

Dans un Montréal enneigé, aidée par une jeune complice improbable, Jeanne retracera le chemin parcouru par Suzor et devra, pour ce faire, revisiter leur passé. La famille qu’ils n’avaient pas. Leur jeunesse en solitaire. Le voyage en Russie dont elle porte encore les cicatrices. Le trou dans le mur de la cuisine. Le carnet que la petite n’avait pas le droit de lire. Les boutons trouvés sur le trottoir.

«Je ne veux pas être la seule condamnée au souvenir de nos bonheurs », dira Jeanne dans ce doux roman sur les caprices de la mémoire, sur ces choses qu’on oublie sans le vouloir et celles qu’on choisit d’oublier.

(Source : Site de l’éditeur)

Mon humble Avis :

J’ai terminé ce livre hier soir et je suis embarrassée pour en parler car très mitigée.
D’un côté, il y a de jolies choses dans ce livre, des réflexions sur l’amour, sur la vieillesse ou sur la mémoire que j’ai trouvées émouvantes. Ce personnage de vieille dame sans famille et sans enfant, mais au caractère combattif et au cœur généreux, et qui semble avoir tout sacrifié à son amour pour Suzor, est plutôt attachant et même touchant par moment, avec une certaine complexité.
De même, dans les points appréciables, je dirais que l’histoire est bien ficelée, que le suspense est assez soutenu pour nous inciter à tourner les pages jusqu’au bout, et que ce livre est agréable à suivre dans l’ensemble, si on n’en demande pas trop à la littérature.
Et c’est là que ça coince un petit peu : j’ai sans doute un peu trop d’exigence, parfois, avec les livres, mais celui-ci n’a pas tout à fait comblé mes attentes de lectrice.
Certaines choses sont cousues de fil blanc dans cette intrigue, artificielles, ou invraisemblables – et les événements visent tous un peu trop la corde sensible du lecteur pour lui tirer une petite larme d’attendrissement ou un petit frisson d’effroi.
Qu’un auteur cherche à émouvoir son lecteur, quoi de plus normal, me direz-vous ? C’est vrai, mais il y a des émotions plus ou moins faciles ou raffinées à obtenir par la littérature.
Disons aussi que le personnage de Fourmi, l’adolescente mal dans sa peau, est particulièrement stéréotypé et agaçant, et que la vieille dame ne craint pas, à son contact, certains clichés ou bons sentiments.
Je regrette que cette chronique sur un livre québécois ne soit pas très positive, car j’attendais beaucoup de cette lecture.
Mais je ferai certainement d’autres incursions dans cette littérature riche et intéressante, un prochain jour.

Un Extrait page 116 (pris au hasard) :

Je ne peux pas passer le peu de jours qu’il me reste à chercher Suzor. Il m’a volé ma jeunesse, il ne me volera pas ma vieillesse aussi. J’ai envie de lui chuchoter « adieu ».

Je pleure sans larmes, j’ai laissé toute l’eau de mon corps dans le passé. Des sanglots secs. Je dois me cacher. J’enfonce ma tête encore plus creux dans mes cuisses en espérant la faire disparaître. Fourmi, mal à l’aise devant ma peine, touche à tout, piétine sur place.

– Qu’est-ce que je suis venue faire ici, moi ? Je veux plus être là. Je veux rentrer chez moi.

– D’accord, petite. On va rentrer. C’était une erreur.

Elle se redresse, l’air fâché. Elle frappe du poing ce qu’il reste du bureau de Suzor.

– Vous me faites chier, Mamie !

– Pardon ?

(…)

Mariage contre Nature de Yukiko Motoya

J’ai acheté ce court roman japonais un peu par hasard. Il était sur un présentoir de littérature japonaise dans ma librairie habituelle et sa couverture (première et quatrième) m’a attirée.
Comme il a reçu en 2016 le prix Akutagawa (équivalent du Prix Goncourt au Japon), j’ai été intriquée d’autant plus.

Je recopie ici La Quatrième de Couverture :

Depuis qu’elle a quitté son boulot pour se marier, San s’ennuie un peu à la maison. Surtout que son mari, à peine rentré le soir, joue les plantes vertes devant la télévision. Parfois San se demande si elle ne partagerait pas la vie d’un nouveau specimen d’être humain. D’ailleurs, en regardant bien, il y a quelque chose qui cloche. Les traits du visage de son mari sont en train de se brouiller. Un processus étrange et déroutant est en route …
Une écriture délicate, un regard pénétrant, ironique, une exploration drôle et poétique des doutes et des interrogations de la vie de couple : autant de qualités qui ont valu en 2016 à ce roman singulier le prix Akutagawa, le Goncourt japonais. (…)

Mon avis :

C’est une vision très caustique de l’homme japonais ou plus exactement du mari nippon : indifférent à sa vie de couple, froid, et voulant par-dessus tout ne penser à rien par tous les moyens possibles. En effet, qu’il se vide la tête devant des émissions de variétés, devant des jeux vidéos stupides, ou devant les fourneaux de la cuisine pour préparer des fritures, il se jette obsessionnellement sur ces activités, sans plus rien faire d’autre, comme atteint de compulsions irrépressibles. Cela inquiète sa femme, mais elle en vient aussi à s’interroger sur le sens de tout cela et sur sa propre attitude : pourquoi montre-t-elle tant de complaisance ? Et si, finalement, elle y trouvait aussi son compte ? Et si, progressivement, elle devenait comme son mari ? En quoi vont-ils finalement se transformer, sous l’influence l’un de l’autre ?
Un roman teinté de surréalisme et d’étrangeté, que j’ai trouvé à la fois très divertissant, surprenant, et fort intelligemment observé. On a parfois l’impression de se trouver devant un petit livre léger, vite lu et vite oublié, mais quand on fait bien attention à chaque détail, à chaque question posée, on s’aperçoit qu’il y a beaucoup de profondeur.
Je conseille tout à fait ce livre ! Même aux jeunes couples enamourés, car cette histoire les fera rire …

Extrait page 50 :

Hakone a continué à parler en mangeant.
A propos, tu connais l’histoire de la boule de serpents ? Je ne sais plus où j’ai lu ça. Ou c’est peut-être quelqu’un qui m’en a parlé, il y a longtemps. Ce sont deux serpents qui mangent chacun la queue de l’autre. Ils se grignotent l’un l’autre, à la même vitesse, et pour finir, ça fait comme une boule avec seulement les deux têtes, avant qu’ils disparaissent en entier, engloutis jusqu’au dernier morceau. Tu vois ce que je veux dire ? Quelque part, pour moi, c’est ça, l’image du mariage. (…)

Mariage contre nature a été édité pour la première fois au Japon en 2016.
Je l’ai lu en Picquier Poche, dans une traduction de Myriam Dartois-Ako, publiée en 2020.

La Mort, l’amour et les Vagues de Yasushi Inoue

La Mort, l’amour et les Vagues est un bref recueil de trois nouvelles de Yasushi Inoue (1907-1991).
La première nouvelle, qui donne son titre au recueil, aborde un thème typiquement japonais – le suicide – et le détourne en le rendant quelque peu dérisoire, avec une critique voilée du sens de l’honneur et de la froideur des relations humaines dans la société nippone. Cette nouvelle est d’une beauté incroyable, chaque élément (dialogue, description) semble porteur de sens, dans une grande subtilité psychologique et esthétique. Les contraires s’allient particulièrement bien dans cette histoire, opposant sans cesse la mort-la vie, l’amour et l’indifférence, la honte et l’honneur, l’homme et la femme.

La deuxième nouvelle est au moins aussi fascinante que la première, avec des études de caractères très intelligemment décrits qui, en même temps, nous placent face au mystère des êtres.
Si le personnage principal agit avec un égoïsme peu reluisant, le regard de l’auteur ne cherche absolument pas à le condamner et, même, nous amène à comprendre que la passion amoureuse est pleine de ces égoïsmes et de ces lâchetés. Et la jeune épouse réservée et bien élevée révèlera elle aussi sa part d’ombre et de duplicité. L’amour n’est donc certainement pas, à travers cette nouvelle, l’abandon de soi-même à la clairvoyance de l’autre ou le plaisir de la confidence sincère. Au contraire, l’amour suppose le mensonge et le non-dit et c’est en révélant la vérité que l’on prend le risque de la rupture.
L’importance du paysage est aussi très grande dans cette histoire : le jardin zen, qui sert chaque fois de révélateur, par son aspect hautement spirituel, rend impossible tout attachement durable entre les êtres.

La troisième nouvelle m’a semblé un peu moins géniale que les deux précédentes – avec une fin un peu attendue et des personnages moins subtilement dessinés – mais elle a aussi son charme, en abordant là encore le thème du couple confronté à l’avarice et au qu’en-dira-t-on. Une certaine ironie se fait jour au fil des pages et, là, nous trouvons un couple fortement soudé – non pas par l’amour de l’un pour l’autre mais par la cupidité maladive.

Ce recueil de nouvelles a été un grand coup de cœur, une découverte tout à fait superbe !
Je conseille ce livre à tous les amateurs de littérature japonaise et/ou de nouvelles.

Un été sans les hommes, de Siri Hustvedt

un_ete_sans_les_hommesCela faisait longtemps que je prévoyais de découvrir l’œuvre de Siri Hustvedt et ce mois de mars consacré aux auteurs femmes aura été l’occasion de m’y plonger.
Siri Hustvedt est une romancière américaine, née en 1955, et qui est l’épouse de Paul Auster.

Résumé de l’histoire :

Mia est une femme poète de cinquante-cinq ans, mariée depuis trente ans à un brillant scientifique prénommé Boris. Un beau jour, alors qu’elle ne s’y attend pas, Boris lui déclare qu’il a besoin « d’une pause » dans leur couple et quitte le domicile conjugal. En réalité « la pause » en question est une jeune française rencontrée récemment par Boris. Pour Mia c’est l’effondrement : elle fait une bouffée de paranoïa soudaine mais intense et doit être hospitalisée quelques temps. A sa sortie de l’hôpital, elle se lance dans de nouvelles activités pour oublier son chagrin. Elle donne des cours de poésie à un groupe d’adolescentes de treize ans qui, de prime abord, ne semblent pas très intéressées par la littérature. Parallèlement, Mia se met à fréquenter assidûment la maison de retraite où vit sa mère, et où elle rencontre « Les Cygnes » : un groupe de très vieilles dames à la santé précaire mais à l’esprit toujours vif et alerte. Parallèlement encore, elle fait connaissance avec sa voisine de vingt-six ans, une jeune mère de famille, dont le mari est un homme colérique et violent, et noue avec elle une joyeuse amitié. Mia, durant cet été sans les hommes, va également établir une correspondance avec un(e) mystérieux(se) inconnu(e) qui signe ses lettres du nom de Personne et semble vouer à Mia une grande admiration.

Mon avis :

J’ai trouvé sympathique cette idée de nous montrer des femmes aux différents âges de la vie, depuis l’adolescence jusqu’à l’extrême vieillesse, mais il m’a semblé que le groupe des adolescentes étaient nettement le plus réussi et le plus crédible et, surtout, qu’il fournissait à l’auteure des sujets d’analyse psychologique très intéressants, en particulier sur l’empathie, sur l’émulation de groupe et sur l’image de soi à l’adolescence.
Il m’a semblé par contre que le personnage de la jeune mère de famille, qui se dispute sans arrêt avec son mari pour des raisons qui nous restent inconnues jusqu’au bout du roman, n’était pas très intéressant et que l’auteure ne savait pas trop quoi faire de ce personnage.
Quant au groupe de vieilles dames, il est un peu convenu dans la mesure où on oscille entre vieille dame indigne et malade d’Alzheimer, mais on trouve tout de même un beau portrait de femme dans le personnage d’Abigail, artiste à ses heures perdues et auteure de broderies secrètement érotiques.
Mais ce qui m’a nettement plus intéressée ce sont les réflexions de Siri Hustvedt sur le féminisme, ou plus exactement son ironie mordante à propos des théories sexistes qui ont pu fleurir dans l’Histoire de la pensée. C’est ainsi qu’on a pu tenter de justifier l’infériorité supposée des femmes par diverses particularités anatomiques découvertes au gré de l’histoire de la médecine, comme une trop grande finesse du corps calleux (dans le cerveau), puis d’une trop grosse épaisseur découverte dans une partie de ce même corps calleux …
J’ai pris plaisir à lire ce livre émaillé de nombreuses réflexions pertinentes et intelligentes. Mais j’ai regretté que les personnages ne soient pas toujours assez fouillés.

Clair de Femme de Romain Gary

Deux êtres en perdition, Michel et Lydia, se rencontrent un soir et tentent, au cours de la nuit qui suit, de se raccrocher l’un à l’autre. La femme de Michel est en train de mourir et lui a fait promettre de rencontrer une autre femme pour poursuivre avec elle l’amour de leur couple. Le mari de Lydia est resté gravement handicapé à la suite d’un accident de voiture dans lequel est morte leur petite fille.

Roman sur le désespoir, il y a un savant mélange, comme souvent chez Romain Gary, de dérision et de lyrisme – mélange qui, ici, ne parvient pas vraiment à émouvoir le lecteur.

L’habileté de l’auteur à manier le paradoxe, que l’on retrouve dans chacun de ses autres romans et ici quasiment à chaque page, finit par devenir systématique et ne sonne pas toujours juste.
Certains passages, pourtant, sont émouvants, en particulier ceux qui concernent le mari de Lydia, atteint de jargonaphasie, et qui tente, à travers son étrange charabia, de retenir sa femme en lui disant qu’il l’aime.

On peut supposer que dans les années 1970, période où a été écrit Clair de Femme, Romain Gary avait plutôt investi son énergie créatrice du côté d’Émile Ajar, et que l’œuvre poursuivie sous son vrai nom a été moins centrale pour lui …
Clair de Femme est en tout cas loin d’être le meilleur roman de Romain Gary, on y trouve quelque chose d’artificiel et de théorique, que les accents de vrais désespoir ne parviennent pas vraiment à faire oublier.

Extrait page 28 :

 » Pars, va-t-en loin, comme tu l’as promis. Là. Mets ta tête ici, chez toi. Ne t’engonce pas dans le malheur, ne pense pas à moi tout le temps, je ne veux pas devenir une rongeuse … Je suis obligée de te quitter. Je te serai une autre femme. Va vers elle, trouve-la, donne-lui ce que je te laisse, il faut que cela demeure. Sans féminité, tu ne pourras pas vivre ces heures, ces années, cet arrachement, cette bestialité que l’on appelle si flatteusement, si pompeusement : « le destin ». J’espère de tout mon amour que tu vas la rencontrer et qu’elle viendra au secours de ce qui, dans notre couple, ne peut pas, ne doit pas mourir. Ce ne sera pas m’oublier, ce ne sera pas « trahir ma mémoire », comme on dit pieusement chez ceux qui réservent leur piété à la mort et au désespoir. »