Corniche Kennedy, de Maylis de Kerangal

maylis-de-kerangal-corniche-kennedyLe début de l’histoire :
Une bande de jeunes des cités, un peu frondeurs et têtes brûlées, occupe toute la journée une plateforme en bord de mer, par laquelle on peut accéder à trois plongeoirs naturels, dont les deux plus hauts – le Just do it et le Face to Face – se trouvent à près de dix mètres au-dessus de la mer. Cette bande, dont les jeunes sont âgés de treize à dix-sept ans, est bientôt rejointe par une jeune fille des beaux quartiers, nommée Suzanne, qui se montre aussi intrépide qu’eux et relève les défis qu’on lui lance.
Sur la rive opposée, un commissaire de police, Sylvestre Opéra, diabétique, boiteux et porté sur la boisson, observe avec attention le petit monde de la Plateforme. Il fait partie de la surveillance du littoral et ses sentiments pour la petite bande sont un mélange de sympathie et d’agacement. Mais, bientôt, ses supérieurs lui donnent l’ordre de mettre fin aux débordements de la Plateforme.

Mon avis :
Le premier chapitre de ce livre m’a beaucoup plu car la situation de départ y est exposée brillamment, et donne vraiment envie de découvrir la suite. Les vertiges adolescents y sont décrits d’une manière très évocatrice et on se sent vraiment emporté par l’histoire. Malheureusement, dans les chapitres suivants, ça se gâte : ce sont particulièrement les pages où il est question de Sylvestre Opéra qui manquent de crédibilité : on a l’impression de se trouver dans une mauvaise série télévisée, avec des situations clichés et des dialogues qui sonnent un peu faux. C’est dommage que l’auteure n’ait pas davantage approfondi les relations entre les jeunes car, lorsqu’elle s’y met, cet aspect de l’histoire est très intéressant et donne envie d’en savoir plus.
Pour le style du livre, c’est souvent un mélange de lyrisme et d’argot (ou en tout cas de « parler jeune ») qui est un peu déconcertant par moments mais qui n’est pas si mal – ou en tout cas je m’y suis habituée au fur et à mesure.

Je ne conseillerais pas ce livre, je l’ai trouvé trop moyen, et beaucoup de chapitres sont du domaine du déjà-vu.