La Bouche à Oreilles a 9 ans

Le 15 juin 2012 je créais La Bouche à oreilles sans projet bien défini, et surtout sans objectif de longévité particulier.
Finalement, neuf ans plus tard, je suis contente du chemin parcouru, des personnes côtoyées ou rencontrées grâce à ce blog, des nombreuses lectures intéressantes qu’il m’a permis de commenter ou de chroniquer, des échanges sympathiques et enrichissants qui foisonnent sur la blogosphère.
Jusqu’à aujourd’hui ce sont 795 articles qui ont paru ici, attirant plus de sept mille commentaires et environ deux cents vingt mille visiteurs.
Me voici donc partie pour une dixième année, avec toujours autant de plaisir et d’envie de continuer.
Merci à ceux qui me suivent, de façon régulière ou occasionnelle, et aux amis blogueurs qui me laissent leurs commentaires.

Bilan de mon Printemps des Artistes 2021

Voilà, la première édition de mon double mois thématique « le Printemps des Artistes » s’est terminée hier et il est temps d’en faire un bilan et de rappeler les nombreux billets qui ont été publiés à cette occasion et qui ont été très variés, dans les thèmes, les arts et les époques choisis.
Merci aux participant(e)s et tout particulièrement à Goran, à qui je dédie ce billet, et ce d’autant plus qu’il avait créé le logo de ce « Printemps des Artistes » avec un talent graphique formidable. Merci aussi à Claude pour ses nombreux billets de qualité et à Madame lit qui a eu la gentillesse de participer à l’aventure avec une très intéressante biographie des sœurs Brontë.
J’espère que vous avez pris autant de plaisir à suivre ce défi que moi à l’organiser et je serai ravie de vous en proposer une deuxième édition l’année prochaine, en avril 2022.

Logo du Défi créé par Goran

Billets de Goran :

La Belle noiseuse, de Jacques Rivette, film sur le thème de la peinture
Le chef d’oeuvre inconnu, de Balzac, roman sur le thème de la peinture.

Billets de Claude :

Le Chat et l’oiseau à la manière de Paul Klee
A mains nues de Leïla Slimani , livre où il est question de peinture (mais aussi de chirurgie)
Glenn Gould une vie à contretemps de Sandrine Revel, livre sur le célèbre pianiste virtuose
Une poésie de Bernard Noël
Monet nomade de la lumière, livre sur le peintre Claude Monet
Au hasard les oiseaux de Jacques Prévert, très beau poème
Reflet de choses de Maurice Carême, très beau poème

Billet de Madame lit :

Les Brontë par Jean-Pierre öhl, biographie des célèbres sœurs Brontë

Mes propres Billets :

Emily Dickinson, a quiet passion, biopic sur la grande poétesse
Les Parapluies d’Erik Satie, de Stéphanie Kalfon biographie romancée du musicien
Le Piano que baise une main frêle, de Paul Verlaine, poème sur la musique
Marcher jusqu’au soir, de Lydie Salvayre, livre sur la sculpture et l’art moderne
Térébenthine, de Carole Fives, roman sur l’art contemporain et la peinture
Coltrane (Méditation), de Zéno Bianu, recueil de poésie sur le jazz
Pour un Herbier, de Colette et Raoul Dufy, recueil de textes poétiques et d’aquarelles.
Des Poèmes de J.M. de Heredia sur des peintres
Les Demoiselles de Rochefort, de Jacques Demy, film sur la musique et la danse
Jeune Fille d’Anne Wiazemsky, roman dans le milieu du cinéma, autour de Robert Bresson
Deux poèmes de Jean-Michel Maulpoix sur la couleur bleue
Au Piano, de Jean Echenoz, roman dont le héros est un pianiste virtuose
Comment Wang-fô fut sauvé et autres nouvelles, de Marguerite Yourcenar, nouvelle sur la peinture
Django, biopic sur le grand musicien de jazz Django Reinhardt
Gloire tardive d’Arthur Schnitzler, roman sur un groupe de poètes

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Bilan de mes lectures d’août


Mes lectures du mois d’août ont été dans la continuité du mois précédent, mais plus variées dans leurs genres puisqu’il y a eu des romans, un essai, du théâtre, de la poésie, et des proses inclassables.
Voici donc un résumé de ces lectures :

Proust, de Samuel Beckett. Un essai, sorte d’analyse philosophique de la Recherche du Temps perdu. Comme il y a de nombreuses références à des passages de l’oeuvre proustienne que je n’ai pas encore lus (donc postérieurs au tome 2) j’ai parfois été un peu déroutée, surprise, et je me suis dit que je relirais cette brillante étude quand j’aurai terminé Proust (dans un certain nombre d’années).

Nom de Pays : le pays. Deuxième partie d’A l’ombre des jeunes filles en fleurs. Eh oui, encore Proust. Je me suis délectée de ce roman, où l’analyse de la rencontre amoureuse atteint des sommets d’intelligence et de raffinement. Nous faisons la connaissance de plusieurs personnages importants et captivants : Monsieur de Saint-Loup, un beau jeune homme dont l’appartenance à l’aristocratie ne l’empêche pas de prôner des idées égalitaires et socialistes, Monsieur de Charlus, qui apparaît d’abord comme un excentrique, et qui se comporte de manière étrange, Albertine, une jeune fille de la bonne bourgeoisie dont le narrateur tombera amoureux, Le peintre Elstir, qui donne au narrateur l’occasion de réfléchir à la beauté et au génie.

Le Chaudron, du Kiyoko Murata. Un bref roman japonais, écrit dans les années 80, qui s’articule autour de secrets de famille dans un cadre de vacances estivales au milieu de la nature. Je reparlerai de ce livre d’ici une huitaine de jours puisque je vais lui consacrer un billet.

Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès. Une pièce de théâtre qui m’a ennuyée. J’avais déjà publié la chronique en août, que vous pouvez lire ici


Nocturnal de René Pons, un recueil de proses inclassables, l’occasion de découvrir ce très bon écrivain. Là encore, vous pouvez lire la chronique que je lui avais consacrée en août ici

Et, côté poésie : Vénus Khoury-Ghata, Etienne Faure, Lydia Padellec, dont j’avais déjà parlé ou dont je reparlerai.

Un poème inédit de Denis Hamel

J’ai demandé à mon ami Denis Hamel – un poète que j’admire beaucoup – s’il voulait bien sélectionner un de ses poèmes pour que je le publie ici. Et j’ai eu la grande joie de recevoir son accord.
Le poème qui suit s’appelle 40 ans, bilan d’un homme seul et il est extrait d’un recueil inédit intitulé Le Festin de fumée, dont l’écriture s’est échelonnée du début des années 2000 jusqu’à ces toutes dernières années.

40 ans : bilan d’un homme seul

les racines de ton karma se roulent
autour de ce que tu es libre de faire
en ne le faisant pas et restant silencieux
à la table de travail faiblement éclairée
faiblement tu notes la mort des oiseaux
et la décomposition des amitiés qui perdurent
dont il ne restera que du sable
ta part de liberté tu l’as laissée fanée
sur les comptoirs des pharmacies tardives
entre ciel de coton et patte de velours
tu refuses à-demi de prendre part au festin
et ce refus porte le masque de l’abandon
les produits qui t’abîment et te rendent plus faible
font un habile vieillard de ton corps fatigué
mais les lampes orangées ne te quittent jamais
la nuit fraîche et lunaire dans le lointain du parc
la peur entièrement bue dans les ravins passés
tu sais que les dés sont jetés et jamais
ne laisseras plus tes ailes inexistantes
effleurer le souffle d’un autre continent
la gamme fleurit spiralée en modes orientaux
qu’égrènent le sitar dans les après-midi
mornes mondes rappelant l’avant de la parole
alors oui cette table travaillée de ta peine
est la seule compagne de ton front vacillant
et la persévérance des halos te sera plus heureuse
que le sourire sournois des filles des eaux
perdu dans une mémoire que tu ne comprends plus

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