Quelques poèmes de jeunesse de Richard Brautigan


J’ai trouvé ces quelques poèmes dans le recueil intitulé « Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus » (je précise que ce livre n’apporte aucune réponse à cette intéressante question).
Il s’agit du premier recueil de poèmes de Brautigan, écrit alors qu’il n’avait que 21 ans, et qui a été découvert en 1992 dans le grenier d’Edna Webster, une ancienne amie du poète.
On y trouve déjà le style limpide et efficace qui feront plus tard la fortune de ce poète américain, héritier de la Beat Generation.

***

rien de neuf

Rien
de
nouveau
sous le soleil
sauf
toi et moi.

***

homme

Certains croient
que l’homme
est un fils de pute.

Certains croient
que l’homme est un ange
sans ailes.
(une pensée plutôt
morbide.)

Je crois que tous
ont tort et raison.

J’ai aussi
quelques idées à moi.

Plus
ou
moins.

***
baiser fantôme

Il n’y a
pas pire
enfer
que
de se rappeler
intensément
un baiser
qui
n’est pas venu.

***

asticots mangeant mon cerveau

Les asticots
mangeront
le cerveau
qui a ressenti
et s’est interrogé
en écrivant
ces poèmes.

Laissez les asticots
s’amuser.

Ils
ne vivent
qu’une fois.

***

Le cœur hanté

La plus grande tragédie de la vie
est le cœur hanté. Là où
préside un amour immense. Un amour
qui ne peut être résolu,
qui ne peut trouver la signification d’un baiser,
la paix d’une étreinte.

Toujours il y a un homme qui aime une femme
qui ne l’aime pas.

Les volets du cœur hanté claquent, le parquet
grince, des pleurs proviennent d’une chambre noire.

***

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Un poème d’Allen Ginsberg

allen_ginsberg_poemeAllen Ginsberg, né le 3 juin 1926 à Newark et mort le 5 avril 1997 à New York, est un poète américain, membre fondateur de la Beat Generation.(Wikipédia) Il est un précurseur du mouvement Hippie. On peut trouver un recueil de ses poèmes traduit en français (version bilingue) : Howl Kaddish dans la collection domaine étranger de 10/18.

J’ai sélectionné pour cet article un de ses poèmes les plus courts, mais je tiens à dire que les poèmes les plus longs méritent vraiment d’être lus et sont même sans doute parmi ses meilleurs (mais, excusez-moi, je suis trop paresseuse pour recopier des poèmes de plusieurs pages).
En espérant que ce poème aiguillonnera votre curiosité :

Un asphodèle

O cher doux rosâtre
inaccessible désir
… c’est triste, pas moyen
de changer le fol
asphodèle cultivé, la
réalité visible …

Et les épouvantables pétales
de la peau – quelle inspiration
d’être ainsi couché là ivre
et nu dans le salon
à rêver, en l’absence
d’électricité …
à manger encore et encore la basse racine
de l’asphodèle,
grise destinée …

roulant en génération
sur le sofa fleuri
comme sur un rivage en Arden –
ma seule rose ce soir le régal
de ma propre nudité.

(poèmes de jeunesse)

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