Les Illusions perdues de Xavier Giannoli

Affiche du film

J’ai vu ce film en novembre 2021, au moment de sa sortie, et j’ai planifié cette chronique plus de six mois en avance, car elle s’inscrit très bien dans le cadre de mon Printemps des Artistes 2022.
Comme j’ai déjà parlé il y a quelques jours des « Illusions perdues » de Balzac, je tâcherai de parler de cette adaptation sans trop répéter ce que j’avais déjà raconté dans ce premier article.

Note technique sur le film :

Durée : 2h29
Date de sortie : 20 octobre 2021
Genre : Drame historique
Scénario : Xavier Giannoli, d’après Balzac

Présentation succincte du début de l’histoire :

A Angoulême, un jeune homme, Lucien Chardon (Benjamin Voisin), imprimeur de son état mais poète à ses heures perdues, rêve de gloire littéraire. Il a la chance qu’une aristocrate de la ville, la belle Madame de Bargeton (Cécile de France) admire ses talents d’écriture et soit, en plus, sa maîtresse très aimante. Bientôt, le couple prend la fuite vers Paris, pour échapper au vieux mari jaloux (Jean-Paul Muel) de Madame de Bargeton et obtenir pour le jeune homme un triomphe à la hauteur de son talent. Tous les deux pensent, en effet, que la vie culturelle et artistique ne s’épanouit vraiment que dans la capitale. A Paris, Lucien – qui se fait appeler du nom de sa mère « de Rubempré » – essaye de faire son entrée dans le grand monde, lors d’une soirée à l’opéra, mais il passe pour ridicule à cause de son manque d’élégance et de distinction. A la suite de cette soirée, Madame de Bargeton a honte de son jeune protégé et le laisse tomber. Il se retrouve seul et sans argent, sans aucune relation ni soutien dans Paris. Il va devoir se débrouiller par lui-même car il est toujours aussi ambitieux. Heureusement, il fait la connaissance d’un jeune journaliste, Etienne Lousteau (Vincent Lacoste), qui va l’introduire dans le milieu du journalisme et de la critique culturelle. (…)

Mon avis :

J’avais un apriori très négatif sur ce film car je croyais dur comme fer que le chef d’œuvre de Balzac, un monument littéraire de huit cent pages, fourmillant de personnages et d’intrigues multiples, n’était pas transposable au cinéma.
Par ailleurs, je trouve souvent que les adaptations cinématographiques de la littérature française du 19ème siècle, qui fonctionnent à grands renforts de hauts-de-forme et de crinolines, ont quelque chose de scolaire et de compassé, où les dialogues sonnent faux et les allures sont guindées.
Eh bien, ce film m’a vraiment épatée ! Il m’a très heureusement surprise. Car il m’a semblé à la hauteur du roman de Balzac, tout à fait convaincant et réussi.
Les lumières chatoyantes et tamisées, parmi les décors joliment reconstitués et les costumes délicatement inventifs, font de la plupart des images des tableaux très artistiques, où les visages et les corps sont bien mis en valeur et comme sculptés par le clair-obscur.
La musique est également bien choisie et pas trop envahissante. Elle est plutôt caractéristique du 17ème siècle que du 19ème, mais ce choix sonore est agréable et en harmonie avec les images.
Le scénario m’a semblé tirer un très bon parti du roman de Balzac, en simplifiant ce qui aurait trop rallongé l’histoire et en conservant les lignes de force du roman et les idées porteuses de sens et d’émotions. Xavier Giannoli a eu raison de concentrer son propos sur la deuxième partie du roman, car c’est sans conteste la plus somptueuse et spectaculaire et celle dont les thèmes sont les plus modernes, avec ses références claires au capitalisme corrupteur, aux journalistes, aux critiques culturels et aux éditeurs exclusivement intéressés par l’argent ou par des jeux de relations et ignorants de la beauté et de l’art. Le réalisateur profite d’ailleurs de quelques dialogues à double sens et jeux de mots bien tournés pour asséner quelques coups de griffe de-ci de-là à quelques figures de notre actualité médiatique (entre autres : les fake news, les canards enchaînés, le masque et la plume, …et même Macron se prend une petite allusion piquante).
Par dessus tout, j’ai beaucoup aimé les acteurs, qui incarnent les personnages de Balzac avec le naturel, l’énergie et le panache qu’il faut. De ce point de vue, Vincent Lacoste, dans le rôle d’Etienne Lousteau, m’a paru particulièrement brillant, retors et drôle mais Benjamin Voisin réussit très bien également à montrer l’insouciance naïve de Lucien de Rubempré et la plupart des autres rôles sont tout à fait crédibles – je pense aussi à Gérard Depardieu, excellent en Dauriat, l’éditeur cupide, sans scrupules et grand amateur d’ananas.
On pourrait bien sûr trouver des petits défauts de temps en temps, une voix-off qui pourrait être moins présente par exemple, ou des petits détails dans les dialogues qui sonnent un peu trop contemporains, mais ce serait vraiment chercher la petite bête et on ne peut pas s’arrêter à ça.
Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce film !

Les Illusions perdues de Balzac

couverture des Illusions Perdues chez Folio

Je voulais lire « les Illusions perdues » depuis plusieurs années mais je repoussais de saison en saison à cause de son imposant volume (près de 800 pages), heureusement mon actuel défi « Le Printemps des artistes » m’a permis de réaliser enfin mon vœu.

Ce roman a pour cadre le début des années 1820, c’est-à-dire la période de la Restauration . A ce moment-là, Napoléon a été déchu et exilé cinq ans plus tôt (1815) et la monarchie a été rétablie sur le trône avec l’aîné des frères de Louis XVI : Louis XVIII, qui règnera jusqu’à sa mort en 1824.

Voici une petite présentation des Illusions Perdues :

Ce livre se compose de trois parties :
Dans la première, située à Angoulême, nous suivons la trajectoire de deux jeunes gens, très amis, et tous les deux poètes : Lucien Chardon et David Séchard.
Lucien est un beau jeune homme, très talentueux et extrêmement ambitieux. Tandis que David, qui a un caractère plus prudent et plus raisonnable que son ami, s’occupe de l’imprimerie qu’il a rachetée à son père à un prix exorbitant et ne cherche pas particulièrement la gloire littéraire.
Bientôt David épouse la sœur de Lucien, Eve, une jeune fille droite et honnête, et les deux amis deviennent donc beaux-frères.
Pendant que David et Eve essayent de vivre tant bien que mal de l’imprimerie familiale, malgré les manigances de l’imprimerie concurrente des affreux frères Cointet et l’avarice maladive du Père Séchard (le père de David), Lucien essaye de faire connaître et apprécier ses œuvres poétiques et romanesques auprès de la riche noblesse d’Angoulême.
Lucien trouve bientôt une protectrice et une muse en Madame de Bargeton, une noble dame, mariée, plus âgée que lui, qui organise une soirée littéraire en son honneur et cherche à faire reconnaître son génie parmi ses amis.
Comme ils sont tous les deux amoureux l’un de l’autre (platoniquement) Lucien et Louise de Bargeton décident de fuir à Paris où, pensent-ils, leurs amours illégitimes seront mieux acceptées et, surtout, la gloire littéraire attend les jeunes provinciaux talentueux.

La deuxième partie se déroule entièrement à Paris et nous suivons l’extraordinaire ascension de Lucien Chardon, devenu Lucien de Rubempré, où il a l’occasion de fréquenter le milieu fourbe et cupide des éditeurs, celui des écrivains intègres et géniaux qui vivent dans la misère, celui des journalistes corrompus et malhonnêtes, des salles de spectacle prêtes à tout pour un succès, des jeunes actrices au grand cœur et de leurs riches protecteurs dont il faut s’accommoder, des dandys élégants de la noblesse parisienne dont les moqueries et médisances sont particulièrement perfides, etc.
Mais Lucien, sans vraiment s’en douter, se sera fait une énorme quantité d’ennemis durant sa rapide ascension sociale, qui sera donc suivie d’une chute d’autant plus rude et fulgurante.
Après sa ruine, Lucien n’a plus d’autre choix que de rentrer à Angoulême auprès de sa famille.

La troisième partie se passe de nouveau à Angoulême. Et nous allons suivre de plus près les affaires de David Séchard et de sa femme, Eve. Car leur imprimerie leur pose de gros soucis et David essaye de mettre au point un nouveau procédé de fabrication du papier, grâce auquel il pense faire fortune.

Mes impressions de lecture :

Ce livre nous plonge dans la France de 1820 et nous en donne une description d’un réalisme saisissant. Divers milieux sociaux et une multitude de personnages sont successivement décrits, avec le regard neuf et assez innocent de Lucien de Rubempré, qui nous en montre les rouages, la psychologie, les habitudes comme si nous y faisions un reportage pris sur le vif.
Tout est décrit avec précision, depuis les vêtements des personnages jusqu’aux meubles des diverses habitations, les quartiers de Paris et leur architecture, aucun détail matériel n’est laissé au hasard et nous sentons que, pour Balzac, ces questions vestimentaires et mobilières sont très importantes car elles révèlent les valeurs morales, les défauts et qualités des personnes, et leur degré de réussite ou d’appartenance à telle ou telle catégorie.
Les différents aspects de la société et de ses règles du jeu sont bien mis en valeur : pour réussir socialement et matériellement il ne faut avoir aucune morale, aucun idéal, tous les coups sont permis pour accumuler toujours plus d’argent, et les hommes les plus malhonnêtes peuvent s’appuyer sur le droit et la justice pour consolider leur pouvoir.
Le milieu de l’édition est décrit comme essentiellement mercantile, peu soucieux de qualité littéraire, ne lisant pas les ouvrages qu’on leur confie et ne misant que sur des auteurs déjà très connus et dont le succès est assuré (Balzac parle bien ici des années 1820 mais on pourrait s’y tromper !)
Le milieu journalistique est présenté comme complètement pourri, sans la moindre déontologie, faisant chanter tout le monde et se vendant au plus offrant, mais constituant le meilleur marchepied vers la fortune, à condition de ne pas se faire trop d’ennemis et d’être protégé politiquement.
Lucien est un personnage dont Balzac souligne souvent l’ambiguïté : il pense bien mais agit mal ; il est à la fois intelligent et idiot. Il a le cœur bon mais il est doué pour écrire des critiques féroces et, avec une grande naïveté, ne se doute pas que ses articles assassins peuvent lui attirer beaucoup de haines. Bref, il ne calcule jamais les conséquences de ses actes et semble tout à fait irresponsable et dépourvu de psychologie.
J’ajoute que ce roman avait été initialement publié en feuilleton dans des journaux, c’est-à-dire que Balzac l’a conçu pour tenir les lecteurs en haleine en leur proposant de fréquents rebondissements : on ne s’ennuie donc pas un seul instant.
Un roman vraiment passionnant, d’une actualité étonnante – un chef d’œuvre palpitant !

Un Extrait page 158 :

(…) Pendant sa lecture, Lucien fut en proie à l’une de ces souffrances infernales qui ne peuvent être parfaitement comprises que par d’éminents artistes, ou par ceux que l’enthousiasme et une haute intelligence mettent à leur niveau. Pour être traduite par la voix, comme pour être saisie, la poésie exige une sainte attention. Il doit se faire entre le lecteur et l’auditoire une alliance intime, sans laquelle les électriques communications des sentiments n’ont plus lieu. Cette cohésion des âmes manque-t-elle, le poète se trouve alors comme un ange essayant de chanter un hymne céleste au milieu des ricanements de l’enfer. Or, dans la sphère où se développent leurs facultés, les hommes d’intelligence possèdent la vue circumspective du colimaçon, le flair du chien et l’oreille de la taupe ; ils voient, ils sentent, ils entendent tout autour d’eux. Le musicien et le poète se savent aussi promptement admirés ou incompris, qu’une plante se sèche ou se ravive dans une atmosphère amie ou ennemie. Les murmures des hommes, qui n’étaient venus là que pour leurs femmes, et qui se parlaient de leurs affaires, retentissaient à l’oreille de Lucien par les lois de cette acoustique particulière ; de même qu’il voyait les hiatus sympathiques de quelques mâchoires violemment entrebâillées, et dont les dents le narguaient. (…)

Ce livre a été lu dans le cadre de mon « Printemps des artistes » puisque le héros est un poète et écrivain et qu’il est beaucoup question du monde des arts (théâtre, édition, journalisme, critique littéraire, etc.)

Logo du Défi, créé par Goran

La Vieille Fille, de Balzac

J’ai lu La Vieille Fille, un court roman de Balzac, écrit en 1836, dans le cadre du défi de lecture de Madame lit puisqu’il s’agit de lire un classique au mois d’août.
Dans son édition chez Garnier Flammarion ce roman est suivi du Cabinet des Antiques car les deux romans forment une sorte de diptyque – d’après la préface de Philippe Berthier.
Les deux font partie de La Comédie Humaine, et plus précisément des Scènes de la vie de Province.

Mais venons-en à l’histoire proprement dite.

Le roman se déroule à Alençon pendant la Restauration.
Une vieille fille d’une quarantaine d’années, Melle Cormon, qui fait partie de la noblesse et possède une grosse fortune, mène une vie sociale brillante puisqu’elle attire chez elle la meilleure société.
Trois prétendants sérieux se pressent autour d’elle :
Le Chevalier de Valois, un gentilhomme distingué et spirituel, mais assez âgé.
Monsieur du Bousquier, un bourgeois ambitieux qui vise surtout la fortune de Melle Cormon.
Athanase Granson, un jeune homme de vingt-trois ans, pauvre mais plein de talent, éperdument amoureux de la vieille fille.
Pendant une bonne partie du livre, on se demande auquel des trois hommes la vieille fille accordera sa main – et si tous ces projets ne vont pas finir par échouer car Melle Cormon n’est pas très intelligente, elle est gaffeuse et comprend mal la psychologie des uns et des autres.
Mais, bien au-delà d’un roman d’amour, il est plutôt question ici d’ambitions politiques et financières, et les idées royalistes de Balzac apparaissent de manière très claire, avec une critique acide des républicains, présentés comme parvenus et immoraux.
Je ne voudrais pas dévoiler l’intrigue du livre, mais ce roman est aussi l’occasion pour Balzac d’évoquer quelques unes de ses idées sur le mariage, qui représentait une grande perte de liberté pour une femme.

Un livre intéressant, avec des personnages pittoresques, mais qui nous parait aujourd’hui un peu désuet.

***

Le Chef-d’oeuvre inconnu, de Balzac

balzac_chef_doeuvreCette nouvelle de Balzac a pour cadre le Paris du 17ème siècle, et pour protagonistes trois peintres de l’époque, dont deux ont réellement existé : le jeune Nicolas Poussin, encore inconnu, le futur représentant du classicisme français, et Franz Porbus, le peintre officiel d’Henri IV. Balzac leur adjoint un personnage inventé, le peintre Frenhofer, qui est supposé avoir été le seul élève de Mabuse, et qui est capable de donner des leçons de peinture d’une grande sagacité aux deux grands peintres que sont Poussin et Porbus.
Frenhofer apprend à ses deux amis qu’il travaille depuis vingt ans à un chef-d’œuvre, intitulé La belle noiseuse, qui est l’aboutissement de toutes ses réflexions et de toutes ses recherches, mais il refuse obstinément de leur montrer le tableau.
Poussin, dont la curiosité a été piquée, invente, en se servant de sa maîtresse, Gillette, un stratagème pour pénétrer dans l’atelier de Frenhofer. Mais, quand il y parviendra, sa surprise sera grande.

Une bonne partie du livre est consacrée à la leçon essentiellement théorique, que Frenhofer donne à Porbus et à Poussin, et j’ai trouvé que c’était une introduction brillante pour toute personne souhaitant connaître les idées que l’on se faisait sur l’art au 19ème siècle.
Pour cet aspect théorique, Balzac se serait inspiré des propos de Delacroix ou de Théophile Gautier – ou, en tout cas, des grands débats qui avaient lieu sur la peinture dans les années 1830. Par exemple, il développe le thème de l’opposition entre la couleur et la ligne, ce qui est typique du débat qui existait alors entre les tenants du classicisme – qui privilégiaient la ligne – et les tenants du romantisme – qui privilégiaient la couleur.

A côté de cet aspect historique intéressant, il existe aussi un aspect plus philosophique : Frenhofer est un artiste hanté par l’idée fixe du Beau, mais il est trop théoricien, trop intellectuel, il cherche trop à s’approcher d’une perfection inaccessible, et, pour ces raisons, son œuvre est vouée à l’échec. On peut dire que Frenhofer s’est tellement accroché à son idéal qu’il est devenu fou, ce qui est une vision très romantique de l’artiste.

J’ai lu ce livre dans une édition de poche, où cette nouvelle est suivie de La leçon de violon de E.T.A. Hoffmann – une nouvelle dont Balzac s’est beaucoup inspiré pour Le Chef-d’œuvre inconnu, et j’ai trouvé qu’effectivement le rapprochement entre les deux histoires révélait beaucoup de points communs.

Cette lecture s’est faite, de nouveau, dans le cadre de ma participation au Challenge Balzac organisé par Marie, la créatrice du blog mesaddictions.

César Birotteau, de Balzac

balzac_birotteauCésar Birotteau est un riche parfumeur de Paris, il a fait fortune grâce à deux crèmes cosmétiques : la pâte des sultanes et l’Eau carminative, et il s’apprête à inventer un nouveau produit, l’Huile céphalique, une lotion pour les cheveux. Il demande à son commis, Anselme Popinot, de lancer cette affaire et de s’occuper de la fabrication et de la publicité. Popinot, qui est amoureux de la fille de César Birotteau, Césarine, voit là un moyen de s’enrichir assez pour l’épouser, et fait prospérer cette fabrique.

Mais César Birotteau a investi une somme très importante pour l’achat de terrains dans le quartier de la Madeleine et il a confié cette somme à un notaire, Roguin. Mais Birotteau ignore que c’est son ancien commis, du Tillet, qui tire les ficelles de cette affaire. En effet, du temps où il était son commis, du Tillet lui avait volé de l’argent et avait tenté de séduire sa femme et César Birotteau l’avait mis à la porte. Depuis cette histoire, du Tillet a juré de se venger et il a pris un homme de paille, Claparon, pour être parti prenant dans cet investissement des terrains à la Madeleine. C’est aussi du Tillet qui manipule Roguin, le notaire. Dans l’ignorance de ce qui se trame contre lui, Birotteau, qui va être bientôt décoré de la légion d’honneur, organise un bal somptueux qui lui coûte plusieurs milliers de francs. Il fait aussi redécorer son appartement pour une somme très importante.

Mais Roguin s’enfuit bientôt avec l’argent que Birotteau lui avait confié et celui-ci n’a plus les moyens de payer ses trop nombreux créanciers. C’est la faillite : les Birotteau sont dépouillés de tous leurs biens et contraints de trouver des emplois salariés. César Birotteau, qui est un homme parfaitement honnête et qui est mortifié par sa situation de failli, n’a plus qu’un seul but : rembourser tous ses créanciers et se faire réhabiliter aux yeux de la société – car au XIXème siècle il était considéré comme déshonorant de faire faillite.

Mon avis : C’est un roman très prenant, et pourtant ce n’était pas évident car Balzac donne énormément de détails sur les diverses transactions financières puis, au moment de la faillite, sur les procédures judiciaires de l’époque. Tous ces détails sont difficiles à suivre mais on comprend quand même le sens général de toutes ces opérations.
J’ai trouvé qu’il était intéressant de voir la naissance du système capitaliste dans ce roman, particulièrement à un moment : celui où Claparon explique à Birotteau le nouveau type de société qui est en train de se mettre en place et qui va écraser le parfumeur.J’ai trouvé aussi que beaucoup de pages de ce livre annonçaient les romans de Zola : un grand réalisme, une volonté d’expliquer la psychologie des personnages par des critères scientifiques (le tempérament, la constitution), un côté didactique aussi par moments.

J’ajoute que j’ai lu César Birotteau dans le cadre de ma participation au Challenge Balzac organisé par Marie – la créatrice du blog mesaddictions