La philosophie antique de Pierre Hadot

hadot_phi_antiqueAutant dire tout de suite que je ne suis pas une habituée des lectures philosophiques : j’en ai peut-être lu trois ou quatre ouvrages dans toute ma vie et je n’ai jamais été très férue de cette discipline … Mais là, avec ce livre intitulé Qu’est-ce que la philosophie antique ? j’ai été emballée et convaincue : d’une part il se lit très facilement, sans jargon technique ou coupage de cheveux en quatre, d’autre part il éclaire d’un jour nouveau – en tout cas nouveau pour moi ! – ce que l’on croyait déjà connaître sur Platon, Socrate, Epicure, Diogène, etc.
L’idée maîtresse du livre est que, dans l’Antiquité, la philosophie était davantage un mode de vie qu’un savoir théorique et que la « Sophia » recherchée par les philosophes antiques était également un savoir-faire, une habileté, ainsi qu’une capacité à discuter et à vivre en communauté.
Dans l’Antiquité, il y avait en effet des « écoles » philosophiques réunissant maîtres et disciples mais ce n’était pas des cours dans le sens moderne qui étaient dispensés – c’était plutôt un art de la discussion et de la réflexion, à la manière de Socrate. Il y avait également des examens de conscience et ce qu’on pourrait apparenter à des confessions.
Selon Hadot, c’est avec le développement de la doctrine chrétienne que la philosophie est devenue de plus en plus théorique et réduite à des enseignements scolaires.
J’ai particulièrement apprécié l’exposé qu’il fait de la doctrine épicurienne qui n’est pas, comme on le croit généralement, une recherche effrénée du plaisir, mais qui aurait été une manière de contrôler ses désirs pour parvenir à la sérénité (je résume beaucoup).
J’ai été intriguée également par les modes de vie cynique, sceptique, aristotélicien, … et j’ai trouvé que ces courants de pensée pourraient tout à fait être remis à la mode aujourd’hui, car ils sont séduisants chacun dans leur style.
Un livre que j’ai trouvé aussi instructif que plaisant !