Un de mes poèmes récents

Gracie du blog la Nef aux mille runes et Christian du blog Arbralettres m’ont demandé dans des commentaires à lire l’un de mes poèmes parus dans l’Anthologie La Poésie cent ans après Apollinaire éditée par La Maison de Poésie aux éditions Proverbe, dont j’avais parlé ici.
C’est avec plaisir que j’accède à cette demande.

Vraie vie

Il n’y a pas d’ailleurs, la vraie vie est ici. La vraie vie c’est les nuages qui nous fuient, l’amour qui nous néglige, les soleils à contretemps et les ciels à moitié dépolis. C’est les ongles rongés dans les salles d’attente combles, et vouloir le plein jour au milieu de la nuit. La vraie vie, c’est d’ignorer l’avenir, d’oublier le passé, de passer à travers le présent trop friable sans pouvoir en garder une miette.
La vraie vie, cette corvée, c’est du plein et du vide, des plages de silence, des parasites et des interférences, et parfois le miracle ordinaire d’une joie pure.

Marie-Anne Bruch

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Pour ceux qui sont intéressés par cette Anthologie, je signale qu’il est possible de se la procurer en contactant par mail La Maison de poésie : lamaisondepoesie (at) gmail (point) com.

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Quelques poèmes extraits de l’Anthologie Emile Blémont 2018

Cette Anthologie de la poésie française 100 ans après Apollinaire a été publiée au début décembre 2018 par La Maison de Poésie- Fondation Emile Blémont, dirigée par le poète Sylvestre Clancier.
Ce recueil réunit 50 poètes aux styles variés, chacun étant représenté par trois poèmes, ce qui offre un panorama représentatif de la poésie actuelle.
Je précise que j’ai eu le privilège de voir trois de mes poèmes figurer dans cette anthologie, ce dont je me réjouis beaucoup.

J’ai sélectionné quelques poèmes à partager ici :

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Je suis au-delà
de toute contingence
appliquée à vivre
sur la pointe des pieds
sans faire de bruit
j’étais dans un lieu
suspendu dans le temps
j’ai marché sur une vipère
dans l’herbe jaunie
elle s’est enfuie en zigzagant
le long des remparts
la vue surplombait
le bleu roi du fleuve

Valérie Canat de Chizy

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Verlainien Vers les miens

Le soleil est un revenant
Car il n’était jamais parti
Dans la rue maintenant j’entends
Des cris de collégiens sortis

Or, tout à l’heure j’écoutais
Le vent les bougeait pour de bon
Des feuilles le son discret
L’aria d’un opéra profond

Dont les camions et les voitures
Et les grilles d’emploi du temps
N’avaient dissipé la voix pure
Ne pourraient ternir le brillant

Elles ne parlent pas pour nous
Et n’iront non plus disparaître
Mais je me disais malgré tout
Ces feuilles nous enjoignent d’être

Jean-Luc Despax

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Fantaisie du dimanche

la rage rougeoyante des peuples se retire
soleil ouvert comme un fruit mûr
dont le sang se mélange à la mer

les rivières entremêlées remontent vers la source
c’est l’endroit qui les a vues naître
par-delà les carapaces de tortues

quatre fillettes dansent au clair de lune
parmi l’horreur des charniers
leurs cheveux se perdent dans les étoiles

alors que les chiens s’entre-égorgent
murmures indéchiffrables tombent
dans la terre comme une semence

Denis Hamel

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Le Saut

Rien qu’un saut
Et l’on tombe
Du berceau
Dans la tombe,

Mais ce saut,
Fais en sorte
Qu’au plus haut
Il te porte.

Saut de loup ?
Saut de l’ange ?
Vol d’aigle ou
De mésange ?

Ton départ
Peut-il n’être
Qu’un saut par
La fenêtre ?

Jean-Luc Moreau

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