Les Vagues de Virginia Woolf

woolf_vagues_couverture
Les Vagues est un roman expérimental de Virginia Woolf (1882,1941) qui date de 1931.

Bien que l’histoire soit assez ténue, je vais tout de même essayer de la raconter : Six personnages dont trois masculins (Bernard, Neville et Louis) et trois féminins (Suzanne, Jinny, et Rhoda) s’expriment à tour de rôle sur leurs vies et leurs préoccupations depuis l’enfance jusqu’à la fin de leur vie. Chacun a un caractère bien défini : Louis est un homme d’affaires efficace, Suzanne est une mère de famille travailleuse, Rhoda est une femme repliée sur sa vie intérieure, Jinny est « amoureuse de l’amour », Bernard est un homme très sociable qui redoute plus que tout la solitude, et Neville est un homme cultivé qui cultive des passions intellectuelles et sensuelles. Ces six personnages se rencontrent donc pendant l’enfance, juste avant l’entrée au collège, et se retrouvent à différents moments de leur vie – tous ensemble – pour des diners raffinés au restaurant. Le début de leur vie est marqué par une grande admiration pour un de leurs amis, nommé Perceval, mais ce dernier meurt en pleine jeunesse dans un accident et les six amis (mais surtout Neville et Suzanne) ressentent douloureusement cette perte, qui reviendra comme un leitmotiv.

Mon avis : Ce roman est très poétique, l’écriture est superbe, avec de nombreuses références à la nature qui se montre tantôt riante tantôt cruelle et menaçante. Le discours intérieur des six personnages est parfois difficile à suivre malgré sa beauté car c’est un mélange d’impressions fugaces et de notations philosophico-poétiques, avec parfois des analyses psychologiques très subtiles. Bien que j’aie admiré l’écriture de cette œuvre, la lecture m’a paru interminable car j’avais l’impression de ne pas avancer d’un pouce à cause du caractère cyclique de l’écriture et de la minceur de la trame narrative.
Ceci dit, j’ai trouvé que c’était un roman très intéressant à lire quand on écrit soi-même, car il peut donner des idées de constructions littéraires originales, et fait réfléchir à la manière de construire la psychologie des personnages.
Je ne sais pas si je conseillerais ce livre à un lecteur de romans – je crois que je le conseillerais plutôt à un lecteur de poésie.

Avec le cœur du chêne, un poème de Robert Desnos

‹ion÷è¥AèdBè¥Aompressionion J’ai trouvé ce poème dans le livre Corps et biens de Robert Desnos, et il fait partie plus précisément du recueil Les ténèbres (1927). Je suis pour ma part sensible à son rythme un peu lancinant, à sa musicalité, mais aussi pour l’expression subtile des sentiments.

Avec le cœur du chêne

Avec le bois tendre et dur de ces arbres, avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau combien ferait-on de ciels, combien d’océans, combien de pantoufles pour les jolis pieds d’Isabelle la vague ?

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau.

Avec le ciel combien ferait-on de regards, combien d’ombres derrière le mur, combien de chemises pour le corps d’Isabelle la vague ?

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau, avec le ciel.

Avec les océans combien ferait-on de flammes, combien de reflets au bord des palais, combien d’arcs-en-ciel au-dessus de la tête d’Isabelle la vague ?

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans.

Avec les pantoufles combien ferait-on d’étoiles, de chemins dans la nuit, de marques dans la cendre, combien monterait-on d’escaliers pour rencontrer Isabelle la vague ?

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans, avec les pantoufles.

Mais Isabelle la vague, vous m’entendez, n’est qu’une image du rêve à travers les feuilles vernies de l’arbre de la mort et de l’amour.

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau.

Qu’elle vienne jusqu’à moi dire enfin la destinée que je retiens dans mon poing fermé et qui ne s’envole pas quand j’ouvre la main et qui s’inscrit en lignes étranges.

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau, avec le ciel.

Elle pourra mirer son visage et ses cheveux au fond de mon âme et baiser ma bouche.

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans.

Elle pourra se dénuder, je marcherai à ses côtés à travers le monde, dans la nuit, pour l’épouvante des veilleurs. Elle pourra me tuer, me piétiner ou mourir à mes pieds.

Car j’en aime une autre plus touchante qu’Isabelle la vague.

Avec le cœur du chêne et l’écorce du bouleau, avec le ciel, avec les océans, avec les pantoufles.

Trois poèmes de Samuel Beckett

poemes_beckettLes poèmes de Samuel Beckett forment un court recueil d’une vingtaine de poèmes, écrits vers la fin des années 30, et sont suivis par un autre recueil, intitulé Mirlitonnades et qui date de 1978.
J’ai choisi trois poèmes dans ce livre :

 

Que ferais-je sans ce monde sans visage sans questions
où être ne dure qu’un instant où chaque instant
verse dans le vide dans l’oubli d’avoir été
sans cette onde où à la fin
corps et ombre ensemble s’engloutissent
que ferais-je sans ce silence gouffre de murmures
haletant furieux vers le secours vers l’amour
sans ce ciel qui s’élève
sur la poussière de ses lests

que ferais-je je ferais comme hier comme aujourd’hui
regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
à errer et à virer loin de toute vie
dans un espace pantin
sans voix parmi les voix
enfermées avec moi

****

bon bon il est un pays
où l’oubli où pèse l’oubli
doucement sur les mondes innommés
là la tête on la tait la tête est muette
et on sait non on ne sait rien
le chant des bouches mortes meurt
sur la grève il a fait le voyage
il n’y a rien à pleurer

ma solitude je la connais allez je la connais mal
j’ai le temps c’est ce que je me dis j’ai le temps
mais quel temps os affamé le temps du chien
du ciel pâlissant sans cesse mon grain de ciel
du rayon qui grimpe ocellé tremblant
des microns des années ténèbres

Vous voulez que j’aille d’A à B je ne peux pas
je ne peux pas sortir je suis dans un pays sans traces
oui oui c’est une belle chose que vous avez là une bien belle chose
qu’est-ce que c’est ne me posez plus de questions
spirale poussière d’instants qu’est-ce que c’est le même
le calme l’amour la haine le calme le calme

****

musique de l’indifférence
cœur temps air feu sable
du silence éboulement d’amours
couvre leurs voix et que
je ne m’entende plus
me taire

****

Les poèmes de Samuel Beckett étaient parus aux éditions de Minuit.

 

Extrait de la Postface de Plume de Michaux

michaux_plumeJ’ai choisi de recopier ici tout le début de la postface de Plume d’Henri Michaux parce que j’ai ressenti une vraie illumination en lisant ce texte. Je crois que ça correspond à ce que je ressens depuis toujours et que je n’aurais pas su formuler.

J’ai, plus d’une fois, senti en moi des « passages » de mon père. Aussitôt, je me cabrais. J’ai vécu contre mon père (et contre ma mère et contre mon grand-père, ma grand-mère, mes arrière-grands-parents) ; faute de les connaître, je n’ai pu lutter contre de plus lointains aïeux.
Faisant cela, quel ancêtre inconnu ai-je laissé vivre en moi ?
En général, je ne suivais pas la pente. En ne suivant pas la pente, de quel ancêtre inconnu ai-je suivi la pente ? De quel groupe, de quelle moyenne d’ancêtre ? Je variais constamment, je les faisais courir, ou eux, moi. Certains avaient à peine le temps de clignoter, puis disparaissaient. L’un n’apparaissait que dans tel climat, dans tel lieu, jamais dans un autre, dans telle position. Leur grand nombre, leur lutte, leur vitesse d’apparition – autre gêne – et je ne savais sur qui m’appuyer.
On est né de trop de Mères – (Ancêtres : simples chromosomes porteurs de tendances morales, qu’importe ?) Et puis les idées des autres, des contemporains, partout téléphonées dans l’espace, et les amis, les tentatives à imiter ou à « être contre ».
J’aurais pourtant voulu être un bon chef de laboratoire, et passer pour avoir bien géré mon « moi ».
En lambeaux, dispersé, je me défendais et toujours il n’y avait pas de chef de tendances ou je le destituais aussitôt. Il m’agace tout de suite. Etait-ce lui qui m’abandonnait ? Etait-ce moi qui le laissais ? Etait-ce moi qui me retenais ?
Le jeune puma naît tacheté. Ensuite, il surmonte les tachetures. C’est la force du puma contre l’ancêtre, mais il ne surmonte pas son goût de carnivore, son plaisir à jouer, sa cruauté.
Depuis trop de milliers d’années, il est occupé par les vainqueurs.
MOI se fait de tout. Une flexion dans une phrase, Est-ce un autre moi qui tente d’apparaître ? Si le OUI est mien, le NON est-il un deuxième moi ?
MOI n’est jamais que provisoire (changeant face à un tel, moi ad hominem changeant dans une autre langue, dans un autre art) et gros d’un nouveau personnage, qu’un accident, une émotion, un coup sur le crâne libérera à l’exclusion du précédent et, à l’étonnement général, souvent instantanément formé. Il était donc déjà tout constitué.
On n’est peut-être pas fait pour un seul moi. On a tort de s’y tenir. Préjugé de l’unité. (Là comme ailleurs la volonté, appauvrissante et sacrificatrice).

Un beau poème d’Edouard J. Maunick

orizet_plus_belles_pages
J’ai trouvé ce poème d’Édouard J. Maunick dans Les plus belles pages de la poésie tendre et sentimentale (du Moyen-âge à nos jours) par Jean Orizet, publié par le Cherche-Midi éditeur.

Présences (1931)

Je viens pour te guérir de l’espérance et dire que la nuit n’a jamais existé.Je viens pour te délivrer de l’insupportable bonheur d’aimer. La nuit, c’est ce que nous avons créé. Un signe pour nous rencontrer entre les autres fleurs.
La fleur du visage et celle de l’éclatante justice, la fleur immense de la voix et celle du songe, celle de la fumée et la fleur océane, celle qui s’ouvre lointaine et celles qui sont déjà tes yeux.
La nuit c’est l’heure vivante contre laquelle luttent tant de fantômes. Et nous qui n’avons jamais été des êtres réels !
Je viens pour te délivrer de l’insupportable bonheur d’aimer. Rien ne ressemble plus à l’amour que ce feu qui défaisait notre solitude. Ses flammes, des baisers de sang, encore un signe que ce n’était pas le feu des autres : un feu pour nous reconnaître à travers les autres flammes.
La flamme que la tempête reprend à l’oiseau qui meurt, celle des mots vivants, la flamme rendue à l’autre flamme comme un songe au sommeil, celle de la haine qui déchire le ciel,
la flamme toujours régénérée de la misère humaine, celles que tes mains portent comme des gants sanglants,
L’amour, c’est la terre interdite. La minute qui n’attend pas et que tous les hommes ont détruite sans le savoir.
Car la nuit et l’amour sont la promesse d’un même malheur.

Je viens pour te créer une chance.

**********

Je m’excuse pour les éventuelles erreurs de ponctuation et de majuscules, mais elles sont nombreuses dans cette édition.

La Méprise de Vladimir Nabokov

Hermann, un petit bourgeois bien installé dans la vie, croise au cours d’une promenade à la campagne, un vagabond nommé Félix dans lequel il reconnait son sosie. Cette rencontre et surtout cette grande ressemblance font germer dans l’esprit fantasque d’Hermann un plan d’escroquerie auquel il veut associer son épouse, une femme stupide mais qui lui fait aveuglément confiance.

Ce roman joue avec les codes de plusieurs genres littéraires qui sont ici étroitement imbriqués : roman policier, roman psychologique, roman russe dans la lignée de Dostoïevsky. Nabokov s’amuse de ces genres et de leurs codes pour mieux les détourner.
Le lecteur essaye d’anticiper les futurs rebondissements mais le héros est un personnage si imprévisible et si bizarre que toute anticipation est impossible.
Le thème de ce roman ? Je dirais que c’est l’identité et la folie – l’angoisse du dédoublement de soi.
Beaucoup de passages, spécialement vers la fin, sont burlesques (et tragiques en même temps), d’autres, notamment au début, sont très énigmatiques, comme cette longue scène où Hermann imagine sa femme en train de coucher avec Félix et essaye de s’éloigner mentalement de la scène pour mieux la percevoir.

Bref, ce roman est d’une grande richesse de significations et je pense que plusieurs lectures et interprétations sont possibles.

Le grand homme de Philippe Soupault

Quand Philippe Soupault a écrit ce roman en 1929 il voulait écrire une charge contre la bourgeoisie.
Pour son personnage principal de grand patron d’industrie, il a pris comme modèle son oncle, Louis Renault, l’inventeur des voitures du même nom.
Ce dernier s’est d’ailleurs reconnu dans le livre et a pensé à «faire casser la gueule» à son neveu, avant d’acheter finalement tous les exemplaires parus …
Voilà pour la petite histoire.

Je pensais que ce roman serait le tableau d’une époque révolue et j’ai été surprise par sa grande modernité. Il n y a rien dans ce livre qui ne pourrait se produire à notre époque et je ne trouve même pas que les mentalités aient tellement évolué.
Pour “une charge contre la bourgeoisie”, c’est très finement mené : rien n’est caricatural, les personnages, malgré leurs défauts et leur égoïsme, ont aussi des failles qui les rendent humains, parfaitement crédibles.

Lucien Gavard, le grand patron d’industrie automobile, n’a pas plus de considération pour ses ouvriers que pour ses machines de production, il n’éprouve aucun intérêt pour sa femme, et ne se passionne que pour l’agrandissement sans fin de son usine, mais lorsqu’il voyage aux États-Unis et se compare aux américains il se met à douter de lui-même et devient presque touchant.
Claude Gavard, sa femme, qui n’existe que par et pour sa beauté et qui ne vit que pour des mondanités et des conventions, a aussi quelque chose de touchant par ses hésitations et sa manière de toujours réprimer ses sentiments.
Quant à Ralph Putnam, chanteur noir américain, aussi doué que Caruso, et capable d’interpréter avec autant de talent des chansons populaires ou de la musique classique, il est le vrai grand homme de cette histoire. Il est mondialement célèbre et ses tournées sont des triomphes. La bourgeoisie parisienne l’acclame et l’applaudit mais cette admiration n’est que de surface car il reste à leurs yeux, malgré tout son talent, un nègre, qu’il est mal vu de fréquenter de trop près.

J’ai bien aimé ce livre : les analyses psychologiques sont très fouillées, les sentiments sont exprimés avec délicatesse, et le regard porté sur cette société est très lucide.
Le petit bémol que j’apporterais c’est qu’on a du mal à s’attacher durablement aux personnages. Le seul auquel on pourrait vraiment s’attacher est Ralph Putnam, mais son caractère reste assez mystérieux jusqu’à la fin.

Quant à l’écriture de Philippe Soupault, elle est alternativement sèche, développée, elliptique, poétique, et ces variations, déroutantes au début, donnent du piquant à cette histoire.

 

(Cet article avait paru la première fois dans le blog La Bouche à Oreille au début 2012)

Radio Days de Woody Allen

Dans les années 30 aux États-Unis, une famille juive plutôt pauvre mais pleine de vie et de bonne humeur, mène sa vie tant bien que mal, au rythme des voix et des chansons d’une radio locale. La radio est alors le seul média qui existe et elle apporte dans les foyers le divertissement, les nouvelles, une certaine forme de culture et peut-être même un mode de vie.
Chaque membre de la famille a ses rêves et ses émissions préférées : le petit garçon aime les épisodes du Vengeur Masqué, la tante Béa aime le jazz, la mère aime l’émission « Irène et Roger » : couple snob se racontant les potins mondains à l’heure du petit déjeuner…

Ici Woody Allen évoque ses souvenirs d’enfance avec beaucoup de charme et d’humour. Il montre, dans sa manière de filmer, de la tendresse pour ses personnages et signe une comédie pleine de nostalgie. On découvre un petit Woody Allen malin, espiègle, indépendant, mais aussi en enfant souvent battu, ce qu’il évoque chaque fois avec beaucoup de drôlerie.

Parallèlement à la vie de la famille, les aventures des animateurs de radio sont également retracées, multipliant les gags et les situations cocasses. Mia Farrow tient ici le rôle d’une jeune chanteuse à la voix haut perchée, mais prête à tout pour réussir.

C’est un de mes films préférés de Woody Allen : il date de 1987 – sa bonne époque ! – c’est un film alerte, intime, plein de chaleur humaine, et qui divertit vraiment le spectateur.

A voir absolument !

 

Sur Le Bal d’Irène Némirovsky

Ce bref roman est une analyse très fine des sentiments que peuvent éprouver certaines jeunes filles dans les toutes premières années de l’adolescence – époque de grande métamorphose interne et physique mais où l’existence demeure celle de l’enfance.
Un désir urgent de vivre, toujours réfréné par des adultes qui imposent la patience parce que l’heure n’est pas encore venue, s’exprime par de sourdes mais violentes colères, par des accès de tristesse mais aussi par un penchant pour de romantiques rêveries.
Et pendant les longues journées d’attente où l’adolescente ronge son frein, son observation du monde des adultes devient toujours plus cruelle, des projets de revanche s’échafaudent, se bousculent, jusqu’à la brève impulsion qui anéantira les projets élaborés par les adultes.
Ce bref roman est surtout le récit d’une rivalité entre une mère et sa fille – une mère qui entend maintenir sa fille le plus longtemps possible dans l’état d’enfance, et qui se montre à la fois autoritaire, acariâtre, mais aussi curieusement confiante vis à vis de celle qu’elle voudrait « mâter » : confiante au point de lui offrir une victoire aussi facile qu’écrasante …
Mère et fille partagent en tout cas un important point commun : le désir de vivre et l’exaspération d’avoir déjà trop longuement attendu.
La ressemblance entre les deux personnages, pourtant antagonistes,  est soulignée à plusieurs reprises :
« Charmant, dit Mme Kampf quand elle fut partie ; ça promet … D’ailleurs, j’étais toute pareille à son âge (…) »
« Elle serrait violemment les mains en parlant, d’un geste tellement identique à celui d’Antoinette en colère, que la petite, immobile sur le seuil, tressaillit brusquement, comme quand on se trouve, à l’improviste, devant un miroir. »
Le Bal est aussi un roman sur la mesquinerie du monde adulte lorsqu’il est en proie à l’ambition et à la vanité : petitesses des rêves de grandeur sont ainsi brutalement révélées.

Ce livre m’a paru être un roman parfait, tant par ses analyses psychologiques que par la limpidité de son style. C’est une œuvre d’une grande richesse et d’une belle acuité, que l’on peut lire sous plusieurs angles.
L’histoire est menée avec une superbe maîtrise, chaque personnage et chaque réplique est parfaitement à sa place et, chaque fois, sonne juste.

Je recommande vivement ce roman !