Le sel de la vie, de Françoise Héritier


J’ai lu ce livre car il m’a été prêté par une amie qui m’a dit que cette lecture lui avait fait du bien, mais qui a tenu à me prévenir que ce livre était écrit sous forme de liste et qu’il fallait aimer (ou pas).

Effectivement, ce n’est pas un livre très rédigé ou très littéraire, ce qui m’a laissée sur ma faim.
L’auteure dresse la liste de toutes les choses qui font le sel de la vie, c’est-à-dire essentiellement les moments agréables (bien que le sel puisse aussi avoir ses côtés déplaisants), et dresse du même coup une sorte d’autoportrait ou de méli-mélo d’autobiographie, quelque chose entre le « je me souviens » de Pérec et « La première gorgée de bière » de Philippe Delerm puisqu’on reste dans l’exploration des « plaisirs minuscules » et autres menus événements de l’existence.
Il y a un aspect répétitif dû au fait qu’un même plaisir peut être décliné sous différentes formes à différents moments du livre, ainsi la simple cueillette dans la nature se retrouve à plusieurs reprise sous forme de « raisins », « fraises » et « champignons » (et on aurait encore pu allonger le livre en rajoutant bien d’autres cueillettes : prunelles, myrtilles, noisettes, que sais-je encore !)
Bref, un livre un peu facile, qui n’a sans doute pas d’autre ambition que de susciter de fugaces évocations et de remuer la surface de nos mémoires.

Le sel de la vie de Françoise Héritier était paru chez Odile Jacob en 2012 et je l’ai lu dans le cadre du défi Autour du Monde elles écrivent, pour le continent Européen.

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Un poème d’Amour en vers libres

Ce poème a paru dans la revue ARPA du mois de juillet 2012 (n°104 de la revue).

Guerre Sainte

L’amour planait comme une menace.
Lorsqu’il s’est abattu nos nerfs ont grincé.
L’hiver serait long et froid.
Tu ne poserais plus jamais tes peines sur mes genoux.
Seule une guerre pouvait nous rapprocher.
J’ai tiré en l’air ma première salve de mots tendres.
Tu as creusé la première tranchée.
J’ai vidé sur toi des chargeurs de larmes.
Puis ce ne furent qu’assauts et silences.
Et le Ciel réclama son lot nocturne de claires prières. Puisque le désir était indigne il fallait bien que l’amour soit pur. Comme j’étais soucieuse alors, lèvres et mains dans la boue, de ne pas me salir le cœur !
Mais c’était pure et désarmée que je semblais la plus dangereuse : tu as brisé tous mes drapeaux blancs.
Pouvais-je seulement te blesser ? Ce mystère me dévastait.
L’amour est une raison si puissante de mourir et si insuffisante de vivre qu’on a peine à choisir son camp.
J’ai mis très longtemps à voir que tu avais déserté.
Cette guerre est partie en fumée et le Ciel est retourné à ses moutons.

Je suis restée sur le champ de bataille.

Marie-Anne BRUCH