Des Poèmes de Silvaine Arabo sur Nicolas de Staël

Nu-Jeanne de Nicolas de Staël

Ces poèmes sont extraits du recueil Kolia paru chez Encres Vives en 2015, dans la collection Encres Blanches n°626.
Kolia est le diminutif en langue russe du prénom Nicolas (car Nicolas de Staël était d’origine russe, exilé en France à la suite de la Révolution bolchévique).

Note sur la Poète :

Silvaine Arabo fut professeur de Lettres et chef d’établissement. Elle est l’auteur à ce jour (en 2015) d’une trentaine de recueils de poèmes et d’aphorismes parus chez divers éditeurs ainsi que de deux essais.
Elle a été publiée dans de nombreuses anthologies et revues françaises et étrangères.
Silvaine Arabo a créé en 2001 la revue « de poésie, d’art et de réflexion » Saraswati ainsi que plusieurs sites sur Internet dont l’un est dévolu à la cause animale.
Plasticienne, elle a exposé à Paris, en province et à l’étranger (Chine et Japon) et a remporté plusieurs prix pour ses travaux (Orangerie du Sénat : expo d’huiles sur toiles ; Japon : trois prix d’honneur pour ses encres). Elle illustre de ses dessins, toiles ou encres les recueils des poètes qui lui en font la demande.

Extrait de la note de l’auteure (en préface du recueil)

A travers ces quelques textes poétiques, j’ai tenté de suggérer la vie et l’œuvre du peintre Nicolas de Staël. J’ai préféré la méthode « impressionniste », à petites touches, avec jeux sur le temps, confrontation des dates, des situations…
En 2015, cela fera exactement soixante ans que le peintre s’est donné la mort en sautant dans le vide, du haut de son immeuble d’Antibes. (…)

**

Citation

Comme l’écrit Jacqueline Saint-Jean à propos de ce recueil, « Silvaine Arabo invente ici un genre nouveau, une biographie poétique, en résonnance avec la vie fulgurante de Nicolas de Staël. (…) Rien de chronologique ici, car le ressenti ne l’est jamais. »

J’ai choisi cinq poèmes dans ce recueil

Page 3

Travailler la frontière
entre visible
et invisible
et aussi entre
abstrait et figuratif
Inventer un langage nouveau
Travailler !

*

Page 6

Tu maçonnes
une cathédrale
dira plus tard ta fille
et puis c’est l’éthéré – ou presque –
avant l’éclatement des couleurs
des footballeurs
du Parc des Princes

*

Page 6

Nu-Jeanne :
comme si le corps
ne pouvait se dégager
de la lumière.
Deux qui font bloc
juste pour suggérer
l’intensité d’un feu blanc

*

Ciel à Honfleur de Nicolas de Staël

Page 10

Ciel à Honfleur
mer et ciel en camaïeu gris-bleu
se touchent se confondent
Au premier plan
comme une neige
avant le noir absolu
de quelle secrète angoisse ?

*

Page 14

Staël, orphelin d’enfance
de pays,
de père, de mère,
de femme
– O Jeannine disparue –
Peindre peindre encore
et puis mourir !

*

Le Parc des Princes de Nicolas de Staël, 1952
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13 Commentaires

  1. Oh, j’aime beaucoup. La résonance est belle et sensible entre les mots et chaque tableau.
    Merci pour la découverte Marie-Anne

    Réponse
    • J’ai beaucoup aimé ce recueil poétique. Il est intéressant de le lire en cherchant sur internet les tableaux auxquels il fait référence. Merci Laurence d’avoir apprécié ! Bonne soirée 🙂

      Réponse
  2. Les textes sont bouleversants comme la peinture. Le regard de l’auteur est visionnaire comme cette image de « neige avant le noir absolu » d’une fatale angoisse… Merci, merci, Marie-Anne pour ce partage ! Amitiés, Danielle

    Réponse
    • Bonjour Danielle, je suis contente que tu aies été sensible à ces poèmes sur Nicolas de Staël. La poète Silvaine Arabo est aussi artiste peintre et ça se voit dans sa poésie, je trouve. Les mots, les couleurs et les sentiments s’entremêlent. Merci de ton commentaire, bien amicalement 🙂

      Réponse
  3. J’aime bien «Le ciel à Honfleur». Merci encore pour cette découverte! C’est beau et très imagé. Bonne fin de journée Maie-Anne!

    Réponse
    • Bonjour Nathalie. C’est vrai que les poèmes et les tableaux se répondent bien. Moi aussi « le ciel à Honfleur » est celui que je préfère. Merci de ton commentaire, belle journée 🙂

      Réponse
  4. natlarouge

     /  11 mai 2022

    magnifique ! j’aime profondément ce peintre, j’ai vu ces oeuvres en autre à Antibes, au musée Picasso et la plaque sur sa maison où il s’est suicidé. Intense

    Réponse
    • Bonjour Nathalie, merci de votre commentaire ! Je n’ai pas eu souvent l’occasion de voir des tableaux de Nicolas de Staël « en vrai » mais j’aimerais bien. Ca me plairait de visiter Antibes. Bonne journée à vous !

      Réponse
  5. De Stael…Je reviens sur ces poèmes, bien que la peinture de De Stael m’emmène encore plus loin, et m’ai emmené au temps de ma propre peinture, dans une quête sans limite. j’ai arrêté depuis. Merci pour ces textes. Je découvre les vôtres dans le n°18 de mot à maux que je viens de recevoir. J’aime beaucoup « le silence est l’âme de l’air, il voltige doucement autour de toi… »

    Réponse
    • Bonjour, merci beaucoup de ces mots ! De Staël a quelque chose d’unique, de fascinant. A la fois figuratif et abstrait, comme l’écrit la poète. J’aime beaucoup l’impression de relief dans ses tableaux, le côté « construit ». Bonne journée !

      Réponse
  6. it's a riddle

     /  27 mai 2022

    Bonjour, merci pour cette découverte ! Les poèmes que vous proposez sont à la fois brefs et profonds, cela donne envie d’en lire d’autres 🙂

    Réponse
    • Bonjour ! Merci. Je crois que Silvaine Arabo a publié de nombreux recueils de poésie et il est possible que j’écrive d’autres articles sur elle… Sinon il doit être possible de s’en procurer chez ses éditeurs. Bon week-end à vous !

      Réponse
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