Madame de, de Max Ophuls

J’avais souvent entendu parler du cinéaste Max Ophuls (1902-1957) et il était grand temps que je découvre un de ses films. J’ai donc choisi de regarder l’une de ses œuvres les plus réputées, « Madame de » qui date de 1953, et dont le scénario est inspiré du roman éponyme de Louise de Vilmorin, publié deux ans plus tôt, en 1951.

Résumé du début de l’intrigue :

Louise (Danielle Darrieux), une riche comtesse, dépensière, frivole et coquette est l’épouse d’un général attaché au ministère de la Guerre (Charles Boyer). Pour rembourser ses dettes, elle revend en secret ses boucles d’oreilles en cœurs de diamants, auxquelles elle ne tient pas beaucoup, mais qui sont un cadeau de son mari, au bijoutier chez lequel il les avait achetées. Pour expliquer leur disparition, elle fait mine, quelques temps après, au cours d’une soirée à l’Opéra, de les avoir perdues. Le général les fait chercher partout et croyant qu’on les lui a volées, déclenche un petit scandale. Informé du prétendu vol par les journaux, le bijoutier gêné va trouver le général et lui révèle la vérité.
Le général rachète les boucles d’oreilles et les offre à sa maîtresse, en guise de cadeau de rupture. Arrivée à Constantinople, cette dernière, qui joue et perd beaucoup au casino, vend les boucles à son tour. De passage dans cette ville, un ambassadeur, le baron Donati, voit les cœurs en diamant dans la vitrine d’un marchand et les achète.
Nommé ambassadeur à Paris, le baron rencontre Louise sur un quai de gare, s’éprend d’elle, lui fait la cour (sans que cela émeuve le général, qui sait que sa femme est une coquette au sang froid). Amoureuse pour la première fois, et craignant de céder au baron Donati, Louise décide de fuir Paris pour un long voyage. (…)
(Source : moi et Wikipédia)

Mon humble Avis :

Je comprends que ce film soit considéré comme un chef d’œuvre car la mise en scène et la beauté des images sont tout à fait exceptionnelles. Au delà des décors et des costumes somptueux, on sent que chaque plan est savamment étudié, avec des imbrications de cadres dans des cadres (fenêtres, miroirs), des jeux de transparences à travers lesquels apparaissent les personnages (vitres, voilages, etc.), comme pour nous laisser comprendre que nous naviguons de mensonges en faux-semblants et que, sous les apparences d’une vie brillante, Louise est certainement moins vaine et moins frivole qu’on ne l’imagine au départ.
Au fur et à mesure de l’histoire, nous voyons en effet le personnage de Louise se métamorphoser : d’abord assez froide et dissimulée, d’une gaîté superficielle, préoccupée seulement de sa beauté et de son élégance, c’est-à-dire de sa propre personne, l’irruption d’un amour dans son cœur la bouleverse profondément et la fait tantôt se replier sur elle-même tantôt pleurer et se lamenter, elle en oublie même sa coquetterie et se plaint d’être devenue laide.
L’accès à l’amour et à la profondeur des sentiments semble vécu par elle comme une chose douloureuse et dangereuse, par une forme de fidélité à son mari que l’on a un peu de mal à comprendre, mais qui est peut-être plutôt une peur de ne plus s’appartenir.
Les relations qui unissent ce couple semblent assez étranges : le comte et la comtesse font chambre à part et ont, d’après lui, des liens de simple camaraderie qui ne l’empêchent pas, lui, d’avoir une maîtresse mais, parallèlement, il exige de la part de sa femme une fidélité parfaite et ne supporte pas de la savoir amoureuse d’un autre homme, au point de l’humilier et de la conduire au désespoir. En bref, il veut bien accepter de ne pas être aimé par sa femme, mais à la condition expresse qu’elle n’aime personne d’autre.
Le motif des boucles d’oreilles est intéressant car il symbolise tout au long de l’histoire les sentiments de Louise pour celui qui les lui a offertes : initialement, c’est un cadeau de son mari et elle n’hésite pas à s’en séparer sans aucun état d’âme, mais quand ces mêmes boucles d’oreilles lui reviennent plus tard comme cadeau de son amoureux, elle y attache soudain un prix énorme et est prête à tout sacrifier pour les garder.
Un grand classique du cinéma que je suis très contente d’avoir vu !

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20 Commentaires

  1. J’avoue ne plus m’en souvenir !

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    • natlarouge

       /  1 décembre 2021

      pareil mais j’ai quand même un souvenir ébloui de Danielle Darrieux et du noir et blanc

      Réponse
      • Les images sont en effet très esthétiques, comme des tableaux où tout est soigneusement pensé. Danielle Darrieux était très belle et j’aime les scènes où elle danse la valse en tourbillonnant. Merci Natlarouge, bonne journée !

    • Ca arrive 🙂 Bonne journée Matatoune !

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  2. Je ne connais pas ce film, moi je n’ai vu que « Le plaisir » tiré je crois de Maupassant, un chef d’œuvre également. Merci pour cette idée de soirée

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  3. Je ne l’ai encore jamais vu mais ta très belle chronique est une invitation qui attise ma curiosité. Belle journée Marie-Anne 🙂

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  4. Michel B.

     /  1 décembre 2021

    Quel gand cinéaste !

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  5. J’avais bien aimé La Ronde. Me souviens plus très bien de ses autres films…
    Bonne journée !

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  6. Ce film est un bijou et je suis ravi qu’il soit à ton goût Marie-Anne.
    Le revoir est a chaque fois un bonheur, en particulier celui de retrouver cette chère Danielle Darrieux dont j’avais chanté les louanges dans mon article.

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    • Un bijou, oui, c’est le cas de le dire ! Danielle Darrieux et très jolie et une actrice merveilleuse. Merci Prince Ecran Noir, bonne journée 🙂

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  7. Tout est beau en effet dans ce film, l’un des plus beaux du cinéma français. Quelle mise en scène et quels interprètes ! Quelle séquence d’ouverture et quelle fin ! Content que tu aies aimé. J’en avais également parlé. 🙂

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    • Il me semble que j’avais lu ton article et que ça avait attisé ma curiosité 🙂 je vais aller le relire pour voir si nos avis sont similaires. Merci Strum bonne soirée !

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  8. Je ne connais pas le réalisateur… Désolée… Je n’ai pas beaucoup de connaissances en cinéma.

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