Trois poèmes de Bernard Fournier, lauréat du Prix Troubadours 2020

couverture de la revue friches 131

J’avais consacré la semaine dernière un article aux nominés du Prix Troubadours 2020, un concours de poésie organisé par la revue Friches une fois tous les deux ans (années paires).
Le lauréat est Bernard Fournier pour son recueil Vigiles de Villages, un livre en l’honneur des pierres levées (menhirs, dolmens) des régions bretonne et rouergate.

Bernard Fournier né à Paris en 1952 est poète, essayiste, critique, animateur du café poétique « Le mercredi du poète », membre de l’Académie Mallarmé et Président des Amis de Jacques Audiberti. Il a soutenu une thèse de doctorat sur Guillevic. (source : revue Friches).

**
page 18

Nous souffrons
de ne pas être pierre

nous sommes trop neufs et trop bavards

nous manque
le silence des siècles ;

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page 30

L’homme revient sur la pierre,
la marque de ses doigts :
ses ongles, un peu, grattent le granite :
un grain poudroie dans l’air chaud ;

à la fin,

bras croisés
un dieu le regarde ;

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page 32

C’est comme si les pierres se levaient elles-mêmes,
comme si elles sortaient de la terre,
comme si la terre les avait fécondées :

non, elles viennent de plus loin,
elles viennent de très loin dans le temps et dans l’espace :

elles viennent de loin
à l’intérieur de moi ;

**

Bernard FOURNIER

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Je vous conseille l’achat de cette belle revue, dont vous trouverez le lien vers le site Internet sur cette même page, à droite et en déroulant un peu vers le bas, parmi la liste de mes revues préférées.

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8 Commentaires

  1. Merci pour ces beaux poèmes…

    Réponse
  2. Ça me parle…les pierres. J’ai toujours imaginé qu’elles étaient habitées…surtout en Bretagne…

    Réponse
    • C’est vrai ! Les pierres ont une âme, surtout quand elles passent entre les mains des hommes ! Elles font partie de notre histoire humaine. Merci Pat Bon week-end 🙂

      Réponse
  3. J’ai bien aimé ces poèmes, surtout le premier.
    Bonne journée, Marie-Anne.

    Réponse
  4. Encore une belle découverte 😉 et du coup, je partage un autre petit extrait :
    Les silences sont longs dans la pierre,
    c’est à peine si les lignes s’émeuvent
    peut-être remâchent-ils leurs peines en langue d’oc :
    menhirs, dolmens, obélisques, cippes et stèles
    vous êtes des âmes, vous vous êtes aimées, vous nous êtes chères
    vous êtes un peuple, un village, une maison que le temps nous apporte
    même scarifiées, même suggérées, même trop vieilles,
    vous nous êtes une âme ;
    Merci tellement et très bon weekend

    Réponse

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