Les Ronces de Cécile Coulon


Ce recueil de poèmes, Les Ronces de Cécile Coulon, remporte un succès inespéré pour un recueil de poésie. Il a aussi remporté le Prix Apollinaire et le Prix Révélation de la Poésie de la SGDL. Devant un tel phénomène, j’ai eu envie de me rendre compte par moi-même si c’était compréhensible ou justifié.
Je n’ai pas été très enthousiasmée – pas dégoûtée non plus -, la langue est assez plate et les effets rythmiques sont obtenus par des répétitions un peu fastidieuses qui marquent une influence certaine de Prévert.
Beaucoup de ces poèmes sont trop longs, et je décrochais au bout de deux pages, mon intérêt se délitant au fur et à mesure.
Mais je reconnais qu’il y a parfois de jolies idées, et une émotion qui transparait, ce qui est l’essentiel.
Je comprends que ce recueil puisse plaire et émouvoir, grâce à des thèmes de la vie quotidienne et amoureuse qui concernent le plus grand nombre.
Si ce recueil réussit à amener vers la poésie contemporaine des lecteurs qui en sont éloignés, c’est parfait, et il n’y a pas à faire la fine bouche.

Cécile Coulon est née en 1990 en Auvergne, à Clermont-Ferrand, ville qu’elle habite, et qui l’habite encore aujourd’hui. Elle a commis de nombreux romans aux éditions Viviane Hamy, dont le roi n’a pas sommeil, prix France Culture / Nouvel Observateur et Trois saisons d’orage, prix des Libraires. Les Ronces est son premier recueil de poèmes. (Note de l’éditeur)

Je vous donne à lire un des poèmes les plus courts du recueil, page 26, qui est aussi l’un de mes préférés.

***

Interlude

Ce visage endormi que tes yeux éclaboussent
de ce bleu si profond où la nuit
je ramasse
ce qu’il faut de trajets de tes lèvres
à ma bouche
pour pouvoir le matin s’arrêter
se suspendre au bord
du temps qui passe
comme deux grands oiseaux
alourdis par la pluie
font sécher au soleil
leurs plumes d’oreillers

***

Les Ronces est un recueil paru en 2018 chez les éditions Le Castor Astral.

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29 Commentaires

  1. Bonjour Marie-Anne…
    J’ai suivi exactement le même cheminement que vous sans être emballée non plus…J’ai trouvé que la langue manquait d’audace…

    Réponse
  2. Merci pour cette belle présentation…

    Réponse
  3. Bon jour,
    Un morceau plaisant surtout ce (le) matin au réveil 🙂
    Merci pour le partage.
    Max-Louis

    Réponse
  4. J’aime beaucoup le court poème que vous avez choisi, mais qui apparemment dénote du reste de ce recueil. De ces ronces inhospitalières, Il y a au moins une belle épine à laquelle se frotter.

    Réponse
    • Il dénote effectivement, ne serait-ce que par sa brièveté – car je ne suis pas très amatrice de longs poèmes de 4 ou 5 pages très narratifs comme c’est le cas ici … Mais on peut avoir des goûts différents bien sûr …

      Réponse
  5. Gatien

     /  20 janvier 2019

    C’est un prix et un recueil qui font beaucoup parler d’eux sur les réseaux, blogs et sites. Voir notamment les avis (différents l’un de l’autre) de deux connaisseurs, F-X Farine sur son blog Le Feu Central et C. Vercey sur le site de Décharge, articles de novembre qui ont généré pas mal de commentaires.
    Perso, je suis un peu perdu, je ne sais pas si je lirai « Les Ronces ». Dans tous les cas, j’ai une liste de recueils à lire pour lesquels j’ai moins de doutes, donc je verrai plus tard !

    Réponse
    • Je n’ai pas encore lu les avis de F-X Farine et de C. Vercey mais j’ai entendu parler des grosses polémiques concernant ce recueil. Je ne sais pas si ce livre mérite vraiment de déchaîner les passions …
      Tu as raison de remettre à plus tard cette lecture – qui ne me parait pas impérative sauf à la rigueur pour se faire sa propre idée sur le sujet …

      Réponse
  6. … Pas emballée par l’extrait que vous avez choisi.
    Je passe… Nulle envie de Ronces dans ma vie.

    Réponse
  7. Oh ces Ronces… Je n’ai pas lu le recueil, seulement des extraits, qui m’ont effarée, et c’est peu de le dire. Est-ce que c’est faire la fine bouche ? Peut-être, mais tant pis, je ne peux feindre de ne pas avoir été très désagréablement touchée…

    Réponse
    • Je comprends bien, mais ce recueil semble amener vers la poésie des nouveaux lecteurs, et je trouve ça positif … Peut-être que cet engouement profitera à d’autres poètes par contrecoup.

      Réponse
      • Je comprends, mais franchement, n’y avait-il pas d’autres recueils à primer ? Des choses sur la vie quotidienne, si c’est cela qui plaît, il n’en manque pas, j’imagine, et qui sont bien écrites, qui ne confondent pas simplicité et bâclage (je ne peux parler que des extraits que j’ai lus, c’est vrai)… Je n’en veux nullement à Céline Coulon d’écrire ! Seulement aux jurys dont j’ai du mal à croire qu’ils ont sincèrement jugé ce recueil meilleur que tout ce qu’ils ont pu lire d’autre. Je ne crois pas que la médiocrité fasse mieux vendre.

      • Il y avait sans doute de meilleurs recueils à récompenser … Je connais en effet bien d’autres poètes plus intéressants (à mes yeux) … mais celui-ci remporte un succès et un intérêt auprès des lecteurs qui pose question, je trouve. Car une poésie « populaire » ou « à succès » mérite aussi d’exister.

      • Je me demande dans quelle mesure ce recueil rencontre du succès en raison de la couverture médiatique liée au prix qu’il a reçu et aussi aux controverses dont il fait l’objet. Je n’arrive pas à croire que son succès tienne à son écriture. Je suis tout à fait d’accord avec vous sur la poésie populaire – une vraie poésie populaire doit être encouragée. Je crois que je ne vois pas la poésie dans les extraits des Ronces que j’ai lus.

      • Oui, ce n’est pas facile de démêler les raisons d’un succès … Je suppose qu’il y a malgré tout dans ce livre quelque chose qui répond à une attente … Je ne saurais dire quoi.

  8. Bonsoir; votre article ayant stimulé ma curiosité je suis allé lire un nombre certain d’extraits du dudit recueil ; je vous rejoins dans l’ensemble . Je ne suis pas fan des très longs poèmes qui courent sur plusieurs page. Je peux apprécier les poèmes narratifs ( en écrivant parfois moi-même ) à la condition qu’un style poétique y réside … Or, là ce que j’ai pu lire manquait vraiment de poésie . Seul le texte que vous avez choisi m’a touché … Du coup je lirai bien un de ses romans 🙂

    Réponse
  9. arbrealettres

     /  23 janvier 2019

    … pas assez.. courts 😉 😉 😉

    Réponse
  10. Bonjour. Vous vous posez tous des questions légitimes. Ce recueil parfaitement indigent, d’une part, n’aurait jamais dû figurer dans telle ou telle sélection du Prix Apollinaire. D’autre part, s’il fallait absolument le sélectionner pour telle ou telle raison, c’est dans la catégorie Découverte du Prix Apollinaire qu’il aurait dû apparaître (et non dans la catégorie principale !). En effet, pour un premier recueil, on peine à comprendre comment il a pu tenir la dragée haute à tout un panel d’auteurs confirmés (bien que pas tous auréolés du génie poétique attendu). Mais une fois qu’on pose les bonnes questions et qu’on effectue les rapprochements nécessaires, on obtient des éléments de réponse à la fois effarants et troublants : http://www.juanasensio.com/archive/2018/12/16/succes-litterature-le-systeme-bien-rode-de-cecile-coulon-les-ronces.html#more

    Et pour compléter votre lecture : http://www.juanasensio.com/archive/2018/11/24/lorsqu-hello-kitty-fait-de-la-poesie-cecile-coulon-floue-tous-les-couillons.html#more

    Et enfin ceci : http://www.juanasensio.com/archive/2019/02/02/extension-du-domaine-financier-de-cecile-coulon-ego-commerce-gregory-mion.html#more

    Réponse
    • Merci pour vos commentaires. Je trouve les articles vers lesquels vous me renvoyez un peu trop polémiques et je ne m’en solidarise pas mais je vous laisse vous exprimer librement.

      Réponse
      • bien d’accord avec toi marie anne. le recueil de coulon ne me semble pas mériter ce tombereau d’ordures et d’attaques scatologiques ad-hominem que l’on voit ici et là. prix ou pas prix, je m’en fou complètement : on sait bien depuis longtemps que les prix littéraires en poésie, c’est de la couillonnade, rien de neuf sous le soleil. enfin, ayant lu intégralement le recueil de coulon, je trouve ça nettement moins pire que de nombreux gros patapoufs publiés chez pol ou flammarion, avec grand prix de l’académie française et légion d’honneur à la clé !… coulon s’inscrit dans une tradition poésie narrative américaine qu’il faut un peu connaître et apprécier pour pouvoir la lire : carver ; brautigan ; bukovski ; etc … mâtiné d’un peu de fantaisie légère à la prévert. bon, pas de quoi hurler au génie, mais j’ai lu ça en entier : il y a une intelligence dans la construction du recueil, ce n’est pas du n’importe quoi ou de la m… comme ça a été dit ailleurs.

      • Cher Denis, ce recueil déchaîne des aigreurs et des haines tout à fait surprenantes à mes yeux … Je n’ai pas été emballée par ce livre mais sans ressentir pour autant une telle rage, bien au contraire, il m’aurait même un peu assommée. Merci de ton avis pondéré et éclairé !

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