Bilan de mes lectures de Juillet


Me voilà donc de retour après des vacances reposantes et agréables.
Je m’étais fixé de lire des classiques, des livres que j’avais envie de lire depuis longtemps et dont j’attendais beaucoup.
J’ai lu quatre romans en juillet :

Voyage au bout de la nuit de Céline :

Après avoir lu Rigodon il y a quelques mois, j’entamai cette lecture avec quelque appréhension, mais je fus vite rassurée et captivée par les aventures de Bardamu. Le style, beaucoup moins heurté et chaotique que dans Rigodon, m’a paru très expressif et agréable à lire, avec des traits d’humour vif et acéré. Céline se pose comme un misanthrope invétéré, et son regard sur le monde est presque constamment caustique et négatif, mais quelques personnes trouvent grâce à ses yeux, comme Molly, et il leur consacre des pages pleines d’émotions et de sensibilité. J’ai, d’une manière générale, préféré la première partie du roman, avant que Bardamu devienne médecin en banlieue parisienne : le début pendant la guerre de 14, le voyage en Afrique, puis le séjour aux Etats-Unis m’ont paru tout à fait succulents et formidables. J’ai été beaucoup plus réservée vis-à-vis des longues péripéties avec les Henrouille et Robinson, avec des histoires de meurtres que je n’ai pas trouvé convaincantes, puis j’ai de nouveau aimé les passages concernant l’asile psychiatrique, où l’acuité et l’humour de l’auteur font de nouveau merveille.
Bref, une lecture que j’ai globalement aimée, et que j’ai rapidement terminée malgré l’épaisseur de son volume car l’énergie du style et la vivacité du récit portent le lecteur vers l’avant !

Autour de Madame Swann de Marcel Proust :

J’avais lu avec un énorme plaisir le premier tome de La recherche du temps perdu il y a deux ans et je me faisais une joie de poursuivre avec le deuxième tome (A l’ombre des jeunes filles en fleurs). Je ne dirais pas que je suis déçue, car c’est toujours un grand plaisir de s’imprégner de l’atmosphère proustienne, mais j’avoue que j’ai parfois du mal à suivre les longues analyses psychologiques ou réflexions sur tel ou tel sentiment amoureux. Autant le premier tome m’avait semblé parfaitement rythmé, alternant dans un savant dosage les parties de récit, celles des descriptions, et celles de l’analyse, sans longueur et sans temps mort, autant « Autour de Madame Swann » (1ère partie du 2è tome) m’a paru lent, long, et excessivement raffiné à mon goût. Mais c’est peut-être moi qui n’étais pas dans le bon état de réceptivité, ou la canicule qui m’avait trop ramolli les neurones …
Une lecture, en tout cas, qui est loin de m’avoir déplu, mais qui aurait pu m’enthousiasmer davantage.

La Métamorphose de Franz Kafka :

J’avais découvert cette géniale nouvelle de Kafka en classe d’allemand au Lycée mais, partagée entre la fascination et le dégoût, je n’avais pas su déterminer si j’aimais ou non ce livre. Relue vers l’âge de 25 ans, mais cette fois en français, cette nouvelle m’avait encore plus impressionnée qu’à la première lecture et je m’étais terriblement identifiée à Gregor Samsa – mais je n’étais toujours pas persuadée d’aimer ce livre qui avait un impact si fort sur moi. J’étais donc très tentée de relire cette nouvelle pour voir ce que j’en penserais vingt ans après. Eh bien, elle m’a beaucoup touchée, émue, et de nombreux passages, que je n’avais pas remarqués étant jeune, m’ont paru cette fois lourds de sens et méritant d’être médités, comme la pomme pourrie envoyée par le père dans le dos de Gregor, ou l’épisode de la jeune sœur jouant du violon pour les locataires de l’appartement.
Un chef d’oeuvre à lire et relire !

Molloy de Samuel Beckett :

Ce roman est une lecture commune avec Goran du blog des Livres et des Films.
On connaît Samuel Beckett comme dramaturge, voire comme poète, mais son oeuvre romanesque mérite aussi qu’on s’y attarde.
Molloy (1951) est le premier volet d’une trilogie qui se poursuit par Malone meurt (1951) et par l’Innommable (1953).
Vous pourrez lire mon article complet sur ce livre, ainsi que celui de Goran, le 12 septembre, donc je n’en dis pas plus pour le moment !

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20 Commentaires

  1. RDV le 12 🙂

    Réponse
  2. J’ai lu Le Voyage adolescente et ne l’ai jamais relu en entier depuis. Ca a été la claque dans la figure dont je ne me suis pas remise. J’ai préféré les mêmes passages que vous, et eu la même impression pour ce tome de Proust, même si je reste éblouie de son talent de peintre. Merci de partager vos impressions !

    Réponse
    • Contente que vous partagiez mes impressions 🙂 Oui, le Voyage est un grand livre, je le relirai certainement un jour … Ce style tellement énergique est impressionnant.

      Réponse
  3. frédéric perrot

     /  1 septembre 2018

    Un bel été de lecture ! Il ne manquerait que l’Ulysse de Joyce – que je n’ai pas lu, pas plus que je n’ai lu Proust, m’étant arrêté au début de ces Jeunes filles en fleurs que vous évoquez – pour que tous les incontournables du vingtième siècle soient présents ! Pour ma part, mon été a été occupé essentiellement par La Guerre et la Paix de Tolstoï, que je ne cesse depuis de conseiller ! Merci pour votre blog, que je consulte toujours avec autant de plaisir. Bien cordialement

    Réponse
    • J’ai essayé l’Ulysse de Joyce il y a bien longtemps mais ne suis pas allée très loin. Peut-être que je consacrerai un futur été à lire La Guerre et la Paix – un énorme pavé me semble-t-il – qui jusqu’à présent me faisait un peu peur …
      Merci à vous de votre fidélité ! Je lis également vos articles avec intérêt.
      Bien cordialement

      Réponse
  4. arbrealettres

     /  2 septembre 2018

    Bravo à vous toutes tous grands lecteurs lectrices… où trouvez vous tout ce Temps?😉
    ah.. Guerre et Paix.. lu.. il y a .. long Temps😁
    ça parle.. de la Russie 😁
    Bon apm au Soleil 🌞

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  5. Bonne semaine ! 🙂

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  6. La métamorphose. Quelle nouvelle…

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  7. J’ai pris du retard dans les visites de mes blogs préférés. J’essaie de me rattraper. Je reprendrais bien un peu de Beckett.

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  8. Bon retour de vacances. Un bel été de lecture. Je suis d’accord, il faut lire et relire Kafka. Quant au Voyage, c’est un livre très impressionnant même si l’impression qu’il produit finit effectivement par s’émousser au milieu. Pour rebondir sur les commentaires, Guerre et Paix est un livre extraordinaire, beaucoup plus facile à lire que Proust et Céline. S’agissant de Proust d’ailleurs, il faut perséverer malgré les longueurs car le dernier tome est prodigieux. Je précise que j’ai mis vingt ans à lire la Recherche après avoir parfois souffert. En revanche, Ulysse m’est tombé des mains au bout de cent pages et je n’ai nullement envie de m’y remettre.

    Réponse
    • Merci, bon retour à vous aussi !
      J’essaierai de lire Guerre et Paix, et d’aller jusqu’au bout de la Recherche, mais ça me prendra sûrement plusieurs années.
      J’ai déjà acheté « le côté de Guermantes » et je compte m’y mettre à Noël …
      Bonne journée !

      Réponse

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