Le vieux garçon, d’Adalbert Stifter

couverture du livreJ’ai lu ce roman dans le cadre d’une lecture commune avec Goran du blog des livres et des films, dont vous pourrez lire l’article ci-après.

Une brève présentation de l’auteur (que je ne connaissais pas avant que Goran m’en parle, merci à lui pour cette découverte) : Adalbert Stifter (1805-1868) est un écrivain autrichien de la période romantique qui a écrit Le vieux garçon (aussi traduit par « L’homme sans postérité ») en 1844.

L’histoire est celle d’un jeune homme orphelin de dix-huit ans,  Victor, qui mène une existence douce et tranquille entre sa mère adoptive et la fille de cette dernière, Hanna. Ils vivent tous les trois dans un charmant village entouré d’une campagne riante.
Mais cette vie sereine et heureuse doit prendre fin dès le lendemain car Victor est appelé par son oncle, son unique parent, qu’il n’a encore jamais rencontré, et qui vit à plusieurs journées de marche. Après avoir séjourné chez cet oncle, il devrait normalement commencer un emploi de bureau en ville. Mais les choses ne se déroulent pas comme prévu et l’oncle, un vieil homme solitaire et acariâtre, reçoit son neveu avec des manières rudes et grossières.

Mon avis :

Ce roman foisonne de très belles descriptions de la nature car Victor, le héros, aime marcher, soit seul soit accompagné, dans des paysages de campagne ou de montagne, ce qui donne à ce livre un caractère quelquefois contemplatif, comme si on restait quelques temps arrêté à admirer l’environnement. De ce point de vue, j’ai souvent pensé à Robert Walser et à sa Vie de poète, qui me parait très proche de ces descriptions pittoresques.
Le vieux Garçon est incontestablement un roman d’initiation, où un jeune homme bon et pur quitte le monde parfait de l’enfance pour se heurter à certaines épreuves dont l’injustice et l’arbitraire semblent les marques, épreuves qu’il réussira à vaincre et grâce auxquelles il accèdera à la fois à l’âge adulte et à la prospérité, mais il deviendra aussi plus avisé et plus conscient du vaste monde.
Le personnage du vieux garçon, c’est-à-dire l’oncle, est un homme très ambivalent, qui vit dans la méfiance des autres et se retranche derrière une certaine méchanceté, mais qui est aussi capable de bonté et de générosité et qui apprendra à Victor des secrets sur ses origines, sur ses parents et sur lui-même.
J’ai beaucoup aimé les dialogues, qui sont d’un grand naturel, et la psychologie des personnages, même si elle est assez simple, n’est pas dépourvue de finesse.

 

Ce roman est paru chez les éditions Sillage en 2014, dans une traduction de Marion Roman.

Extrait page 102 :

Déjà les cimes des arbres allongeaient leurs ombres, les plantes grimpantes escaladaient le mur et penchaient leur tête par-dessus le rebord ; en bas scintillait le lac, et sur chaque sommet les rayons en fête faisaient une parure d’or et d’argent. Victor aurait volontiers arpenté toute l’île, qui ne devait pas être bien vaste et qu’il lui aurait plu d’explorer, mais il dut se faire une raison : ainsi qu’il l’avait supposé, l’ancien monastère, avec ses dépendances et ses jardins, était ceint d’une muraille dont les buissons fleuris ne faisaient que dissimuler, par endroits, les pierres. Il regagna le parvis. Là, il se tint longuement à la grille de fer, examinant ses barreaux et éprouvant sa serrure. Il ne se sentait pas à même de monter trouver son oncle pour lui demander de la lui ouvrir ; il y répugnait.

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11 Commentaires

  1. Sympa ta critique… 🙂

    Réponse
  2. frédéric perrot

     /  23 mai 2018

    Dans son essai, Le rideau, Milan Kundera évoque un autre roman de Adalbert Stifter, L’Arrière-saison (1857). Selon Kundera, dans ce roman, Stifter est le premier qui « découvrit la signification existentielle de la bureaucratie », un précurseur de Kafka donc, lecteur de Stifter (Le Château).
    Merci pour le lien sur votre blog.
    Frédéric Perrot

    Réponse
    • J’avais entendu parler de L’arrière-saison et j’avais assez envie de le lire également, oui il y a une lointaine parenté avec Kafka.
      Merci de votre visite !

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  3. Ca va me donner des souvenirs de mon époque romans initiatiques !
    Ta description me fait penser à Stephane Wassilieff de Jules Laforgue

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    • C’est drôle car hier soir on m’a aussi parlé des poèmes de Laforgue … je n’avais jamais entendu parler de ce roman par contre.

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  4. J’aimerais bien le lire. Claudio Magris consacre plusieurs pages à Stifter dans son Danube.

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    • Je n’ai pas lu Claudio Magris, mais je crois en effet que Stifter est un écrivain assez important. qui a influencé la littérature allemande.

      Réponse
  5. Evidemment, je ne connais pas cet auteur, je connais rarement les auteurs que lit Goran, faut dire. Un bonne impression pour vous, je n’ai pas encore lu l’autre critique, j’y vais de ce pas… ou plutôt de ce clic.

    Réponse
  1. Le vieux garçon, de Adalbert Stifter – Des livres, des films et autres…

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