Guerre et guerre, de Làszlo Krasznahorkai


J’ai lu ce roman grâce à l’excellent article que lui avait consacré Goran du blog Des livres et des films, article que vous pourrez lire ici.

Le début de l’histoire :

Un obscur historien, nommé Korim, travaillant dans le centre des archives d’une petite ville de province en Hongrie, découvre tout à fait par hasard un manuscrit énigmatique aux thèmes et au style captivants, qui date sans doute de plusieurs siècles, et qui apparaît à Korim comme un texte capital, essentiel, qu’il doit diffuser le plus largement possible.
Il décide de quitter sa ville et son emploi pour se rendre à New York qu’il considère comme le centre du monde et où il pense sans doute mener à bien sa mission de faire connaître ce manuscrit.
En chemin, il se fait agresser plusieurs fois, fait des rencontres décisives de personnes qui vont l’aider, et vit des tas de péripéties qui le rapprochent de son but.

Mon avis :

C’est un roman très prenant, que l’on ne parvient à comprendre que très progressivement car les éléments importants sont délivrés peu à peu.
Le personnage principal, Korim, est une sorte de fou, atteint d’une continuelle logorrhée et d’obsessions tenaces, mais il est aussi  attachant par sa sincérité et sa ténacité, sa passion pour ce manuscrit.
J’ai pensé plusieurs fois que ce livre ferait un film intéressant car certaines scènes très étranges créeraient des images marquantes, et font en tout cas penser que cet écrivain a un imaginaire très visuel.
Rebondissements et péripéties s’enchaînent comme dans un roman d’aventures, mais le milieu du roman est plus calme puisque Korim raconte le contenu du manuscrit à une jeune femme dans une cuisine, alors qu’elle lui tourne le dos, postée devant une gazinière, et qu’on ne sait pas si elle parle la même langue que Korim, si elle comprend ce qu’il dit.
Le style est fait de très longues phrases, parfois de plusieurs pages, mais elles sont très rythmées, très structurées, et ne vous perdent pas en cours de route, ne provoquent pas non plus l’ennui, bien au contraire.
Mise en abyme, roman dans le roman, jeu entre fiction et réalité, imbrications de narrations les unes dans les autres, sont aussi des éléments que l’on retrouve ici.

 

Extrait page 100

C’est peut-être la première fois que cela arrive mais je ne suis pas venu aux USA pour démarrer une nouvelle vie, dit Korim en préambule et, tout en se demandant si son interlocuteur qui, alangui par les nombreuses bières ingurgitées, était affalé sur la table, tout en se demandant, donc, si celui-ci l’écoutait ou dormait, il reposa son verre, posa la main sur l’épaule de l’homme, jeta des regards autour de lui et poursuivit, en baissant la voix : j’aimerais plutôt mettre fin à l’ancienne

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4 Commentaires

  1. Merci pour le compliment et d’ailleurs le tien (d’article) est tout aussi excellent… 🙂

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  2. J’ai assez envie de le lire celui-ci et c’est également chez Goran que j’en ai entendu parler.

    Réponse

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