Demain les chiens, de Clifford Simak


Je ne crois pas avoir déjà chroniqué de livre de science-fiction sur ce blog, et il est vrai que je n’accroche généralement pas à ce type d’imaginaire, qui me parait souvent laborieux et factice.
Mais j’ai pris grand plaisir à lire ce classique de la SF américaine, qui déploie un monde imaginaire foisonnant et cohérent, où les animaux prennent leur revanche sur la civilisation humaine, vouée à péricliter par son égoïsme et son manque d’altruisme. C’est la civilisation canine qui prend la relève en se révélant plus pacifique, plus humaniste, et mieux adaptée à la complexité du monde.
Ce sont les robots, fabriqués par les hommes pour les servir, qui vont seconder les chiens en leur servant de mains.
Ce roman se présente sous la forme de huit contes. Avant chacun de ces contes, des notes explicatives à l’intention des lecteurs canins mettent en garde contre tel ou tel aspect peu crédible, ou cherchent à expliquer tel ou tel détail que leur civilisation a rejeté depuis longtemps. Ainsi, l’existence des hommes leur semble fort peu avérée, et la civilisation humaine développée dans des villes leur parait incompréhensible. Dans le premier conte, les seuls personnages sont des humains. Dans le dernier conte, il n’y a plus d’humains. Entre les deux, sept mille ans se sont écoulés et les six autres contes retracent les grandes étapes de cette histoire.
Ici aucune violence, les hommes ne disparaissent pas de la surface de la Terre par l’effet d’une guerre ou d’une épidémie, mais ils choisissent pour la plupart de devenir autre chose que des humains, sur une autre planète, dans un cadre plus harmonieux, pour trouver la plénitude. Ceux qui restent malgré tout sur Terre finissent par abandonner la partie en se vouant à un sommeil sans fin, par désœuvrement, par ennui.
Mutants, fourmis, Martiens, horlas, … enrichissent également ce roman de leurs particularités psychologiques ou philosophiques.
J’ai lu que ces contes avaient été écrits par Simak à partir de la fin de la deuxième guerre mondiale et jusqu’au début des années 50, comme une réaction à la barbarie humaine, et on sent en effet une émotion et une sensibilité particulières.
Un roman intelligent, un imaginaire insolite et captivant.

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21 Commentaires

  1. arbrealettres

     /  9 avril 2018

    oui!! Je l’ai lu celui-là! Je dévorais la SF quand j’étais jeune… surtout … les nouvelles (toujours dans le « court »!) un classique dans le genre 🙂

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  2. Celui-là il me donne vraiment envie… Et j’aime beaucoup cette couverture de livre…

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  3. Je l’ai lu ado il y a longtemps. J’en ai un très bon souvenir. Il y a plein de romans de science-fiction classiques intéressants et si tu as aimé Simak, il n’y a pas de raison que tu n’y trouves pas ton bonheur. Le défaut du genre, c’est souvent l’absence de style des auteurs, mais il y a plusieurs exceptions à cette règle (Jack Vance, Ursula K. Le Guin, Bradbury, voire Herbert, par exemple, c’est bien écrit) et chez certains romanciers qui n’ont pas de style, ce dernier est remplacé par des idées qui valent le détour (Asimov, Dick, Clarke, etc.)

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    • Ah merci pour tous ces conseils ! Je n’ai presque jamais lu de SF (je connais Bradbury ceci dit) et je conçois ce genre surtout comme du divertissement, que je lis très occasionnellement, pour changer des lectures plus réalistes et plus littéraires.
      J’ai trouvé aussi que Simak n’avait pas un style très recherché, l’écriture est assez « plate », mais ça permet peut-être de mieux entrer dans son monde.

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  4. c’est aussi un des livres de chevet de houellebecq, qui le cite souvent comme une de ses références. et en effet il y a des points communs entre les 2 univers, surtout dans les particules élémentaires et la possibilité d’une île.

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    • Intéressant ! Merci Denis pour cet éclairage que j’ignorais ! J’avais remarqué en effet que Houellebecq flirtait souvent avec l’anticipation, je l’avais vu dans « La carte et le territoire », entre autres.

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  5. Crémieu-Alcan

     /  12 avril 2018

    Un classique de la SF humaniste ! Je préfère la SF des années 1970 : meilleurs style, thème plus « lourd ». Quelques pistes sur mon blog de S F (https://sciencefiction2016.wordpress.com) – et oui, je suis plutôt multicartes ! Ursula K LeGuin est un excellent conseil de Strum. Il y a également Jeury. La SF peut-être tout sauf détendante, c’est comme la littérature. Lévy ou Simon ?

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  6. Réminiscence…adolescente 🙂
    J’avais adoré.

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  7. Oh tous les souvenirs qui remontent, à la lecture des commentaires, de la merveilleuse collection Ailleurs et Demain, chez Robert Laffont ! Oui, la SF a souvent vu venir des transformations importantes de notre monde. Elle est aussi souvent un terrain d’exploration, d’expérimentation. La SF est importante.

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