Les enfants Tanner, de Robert Walser

 

Les enfants Tanner, ce sont quatre frères et une sœur : Kaspar, le peintre, Klaus, l’homme sévère et respectable, qui a bien réussi dans la vie, Hedwig, l’institutrice, une jeune femme courageuse qui a le goût du devoir, Emil, dont nous apprendrons le destin tragique vers la fin du roman, et surtout Simon, le héros, qui exerce successivement divers métiers d’employés dont il n’est jamais satisfait, et qui est sans doute trop épris de liberté pour se fixer durablement quelque part.

C’est essentiellement Simon Tanner que nous suivons à travers ce roman, personnage autour duquel les autres gravitent, nous suivons ses errements et ses errances, ses longs monologues sur le sens de la vie, sur la composition de la société, sur les valeurs humaines qui méritent ou non qu’on s’y attache.

Simon est un personnage haut en couleur, qui prend facilement en amitié des inconnus dans la rue ou dans la campagne, mais qui est en même temps un grand solitaire. Il se sait intelligent et raffiné, il a le goût des discussions philosophiques, mais il est aussi exalté et velléitaire, sans doute aussi paresseux. C’est un homme excentrique, qui a des jugements singuliers sur à peu près tous les sujets.

Roman essentiellement introspectif, il regorge aussi de belles descriptions de la nature.

Un beau livre, que certains pourraient trouver bavard à certains moments, mais que j’ai lu avec grand plaisir, retrouvant dans le personnage de Simon les mêmes traits de caractère qui m’avaient séduite chez le héros de Vie de Poète.

Je remercie Strum, du blog Newstrum Notes sur le cinéma, puisque c’est grâce à ses conseils que j’ai lu ce roman.

Extrait page 246

« Le malheur instruit, et c’est pourquoi je vous prie de boire à sa santé ce vin qui resplendit dans nos verres. Encore un coup ! Voilà. Je vous remercie. Laissez-moi vous dire que je suis un ami du malheur et même un ami très intime, car il mérite qu’on lui fasse confiance comme à un ami. Il nous rend meilleurs et c’est un grand service que celui-là, un vrai service d’amitié auquel on doit répondre comme il se doit. Le malheur est l’ami un peu bourru mais d’autant plus sincère de notre vie. Il serait assez arrogant et même cynique de n’en pas tenir compte.
Au premier instant nous ne comprenons jamais le malheur et c’est pour cela que nous le haïssons quand il apparaît. C’est un compagnon subtil, silencieux, qui vient sans s’annoncer et qui nous surprend toujours comme si nous n’étions jamais que des imbéciles qu’on peut toujours surprendre.

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10 Commentaires

  1. Je suis content que le livre t’ai plu. Tu as choisi un bel extrait. Et merci pour tes remerciements et la référence ! A mon tour de remercier K du blog http://lintendanttanner.blogspot.fr/ qui m’a donné envie de lire Walser.

    Réponse
  2. Oui, j’ai bien aimé aussi le personnage de Simon et la fin est assez étonnante. Désolé pour la typo, je voulais écrire « content que le livre t’ait plu ».

    Réponse
    • Pas de problème, j’avais rectifié 🙂
      Je viens de rajouter ton blog parmi mes liens (colonne de droite, vers le bas) dans la rubrique « liens cinéma ».
      Bonne journée !

      Réponse
  3. Merci et bonne journée aussi !

    Réponse
  4. Il y a longtemps, j’ai beaucoup lu Robert Walser et je suis toujours contente de voir son nom apparaitre, un côté nostalgique peut-être pour moi, alors merci.

    Réponse
    • Walser est un auteur très attachant, depuis que je l’ai découvert je me suis plongée dans trois de ses livres avec délice. Donc je comprends bien ce que vous décrivez 🙂

      Réponse
      • Le prochain sera-t-il L’institut Benjamenta ? Je crois que c’est par lui que j’ai découvert Walser, par le biais du film des frères Quay (j’ai dû y faire référence sur le bocal à l’intérieur d’un article ou deux).

  5. Merci à Strum alors =-)

    Réponse

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