Deux poèmes de Rabindranath Tagore

J’ai trouvé ces deux proses dans le fameux recueil L’offrande lyrique publié chez Poésie-Gallimard.
Rabindranath Tagore (1861 – 1941) est un poète indien, prix Nobel de Littérature en 1913.

29

Mon propre nom est une prison, où celui que j’enferme pleure. Sans cesse je m’occupe à en élever tout autour de moi la paroi ; et tandis que, de jour en jour, cette paroi grandit vers le ciel, dans l’obscurité de son ombre je perds de vue mon être véritable.
Je m’enorgueillis de cette haute paroi ; par crainte du moindre trou, je la replâtre avec de la poudre et du sable ; et pour tout le soin que je prends du nom, je perds de vue mon être véritable.

***

37 –

Je croyais que mon voyage touchait à sa fin, ayant atteint l’extrême limite de mon pouvoir, – que le sentier devant moi s’arrêtait, que mes provisions étaient épuisées et que le temps était venu de prendre retraite dans une silencieuse obscurité.
Mais je découvre que ta volonté ne connaît pas de fin en moi. Et quand les vieilles paroles expirent sur la langue, de nouvelles mélodies jaillissent du cœur ; et là où les vieilles pistes sont perdues, une nouvelle contrée se découvre avec ses merveilles.

***

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10 Commentaires

  1. Merci. Cela fait longtemps que j’aimerais lire du Tagore. Avez-vous vu les sublimes films de Satyajit Ray qui adaptent ses romans (Charulata, La Maison et le monde) ?

    Réponse
    • Non, je n’ai pas vu ces films mais cela me tenterait. Je connais Tagore exclusivement par ses poèmes – que j’admire beaucoup – mais j’ai encore beaucoup à découvrir.

      Réponse
  2. Je pensais bientôt le lire…

    Réponse
  3. arbrealettres

     /  28 novembre 2017

    oui toujours un Bonheur de lire Tagore
    Merci M.A. 🙂
    et aussi d’être montée dans l’Arbre.. à lettres 😉 😉 😉

    Par tous les moyens ils tentent de se saisir de moi, ceux qui m’aiment en ce monde. Tout autre est Ton amour, plus grand que le leur. Toi, tu me laisses libre. (Rabindranath Tagore)

    Réponse
  4. Gatien

     /  29 novembre 2017

    Il y a quelque chose de très moderne dans ces poèmes, surtout le 1er !

    Réponse

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