Trois poèmes de Li Bai


J’ai trouvé ces trois poèmes dans le petit recueil Ecoutez là-bas sous les rayons de la lune paru chez Mille-et-une-nuits.

Voici un extrait de la Quatrième de Couverture à propos du poète :

Personnage extravagant de la littérature chinoise, Li Bai (701-762) est un libre penseur célèbre pour ses poèmes évoquant les plaisirs de l’amour et de l’alcool. Selon la légende, il se serait même noyé, ivre, alors qu’il tentait de saisir le reflet de la lune à la surface de l’eau …
Dans ces vers inspirés par des chansons et des mythes populaires, courtisanes superbes et redresseurs de tort prennent vie sous la plume délicate du poète.

Le cri des corbeaux à l’approche de la nuit

Près de la ville, qu’enveloppent des nuages de poussière jaune, les corbeaux cherchent un endroit où se poser.
Ils volent en croassant, puis ils se perchent sur les branches.
La femme du guerrier de Qin, assise à son métier, tissait de la soie brochée ;
Les cris des corbeaux lui arrivent à travers des rideaux foncés jetant une lueur bleue dans la pièce.
Elle arrête sa navette. Elle songe avec découragement à celui qu’elle attend toujours.
Elle gagne silencieusement sa couche solitaire, et ses larmes tombent comme une pluie d’été.

***

Un jour de printemps, le poète exprime ses sentiments

Si la vie est comme un grand songe,
A quoi bon tourmenter son existence !
Pour moi je m’enivre tout le jour,
Et quand je viens à chanceler, je m’endors au pied des premières colonnes.

Au réveil je contemple le jardin devant moi ;
Un oiseau chante au milieu des fleurs ;
Je lui demande à quelle époque de l’année nous sommes,
Il me répond : Celle où le souffle du printemps fait chanter le loriot.

Je me sens ému et prêt à soupirer,
Mais je me verse encore à boire ;
Je chante à haute voix jusqu’à ce que la lune brille,
Et à l’heure où finissent mes chants, je suis serein.

***

Strophes improvisées

I

S’il voit des nuages, il pense à sa robe ; s’il voit des fleurs, il pense à son visage.
Le vent du printemps caresse la balustrade, et la rosée se forme sur les pétales de fleurs.
Quand ce n’est pas au sommet du Yushan qu’il l’aperçoit,
C’est sur la terrasse de jade qu’il la retrouve, sous les rayons de la lune

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13 Commentaires

  1. oh! c’est terriblement tentant!

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  2. En plus des poèmes, j’aime beaucoup les éditions Mille-et-une-nuits…

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  3. Merci pour le partage. 🙂

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  4. Bonjour, en vue d’une calligraphie, je recherche la traduction française d’un poème de Li Baï où il est question de « la demeure du Prince Qi » : « Jiang nan féng gui nian », le connaissez-vous s’il vous plait ? Serait-il possible de me la faire passer ? Merci beaucoup.

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  5. Si personnel et en même temps si universel ! Superbe!

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