Quelques poèmes chan

poemes_chan_picquier
J’ai trouvé ces quelques poèmes dans le joli petit livre « Poèmes chan » aux éditions Picquier Poche : il s’agit de poèmes écrits par des moines ou ascètes chan (zen en japonais).
Ce petit livre est de plus illustré de belles estampes chinoises, ce qui le rend très agréable à consulter.

Le corps ressemble à une salle meublée
et le destin à une bougie à l’intérieur.
Si le vent souffle fort, la bougie s’éteint
Et ne reste qu’une salle vide.

WANG FANZHI (590-660)

Voulez-vous une métaphore de la vie et de la mort ?
Mettez en parallèle l’eau avec la glace.
Que l’eau se fige et elle devient glace,
Que la glace fonde et elle redevient eau.
Ce qui est mort doit forcément renaître
Ce qui quitte la vie s’en retourne à la mort.
L’eau et la glace ne se causent aucun mal ;
Vie et mort, l’une et l’autre, possèdent leur beauté.

HANSHAN (7è siècle)

En écoutant une cloche

Dans le vieux monastère, tout en-haut du Mont-Froid,
La cloche lointaine semble voler dans le vent.
Le son en ébranle les arbres et la lune,
Quand le vent s’est calmé, c’est le vide d’un ciel gelé.
La nuit n’en finit pas; moi bonze solitaire,
Je ressens le froid qui gagne mon cœur.

JIAORAN (7è siècle)

Dans le monde, je suis oisif,
Pour les hommes, un bonze bizarre.
Qu’ils se rient de moi à loisir
Partout je bondis librement.

LOHAN HESHANG DE HANGZHOU (9è siècle)

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12 Commentaires

  1. Encore de très belles découvertes… Merci.

    Réponse
  2. arbrealettres

     /  5 décembre 2016

    Un vrai bonheur ces pépites.. même anciennes elles brillent comme neuves 😉

    Réponse
  3. Merci pour ce moment de lecture… Et bonne soirée…

    Réponse
  4. Merci pour ce beau partage… j’aime tout particulièrement le premier de la sélection.

    Réponse
  5. Merci pour ce très bon choix ! J’ai lu moi aussi ce petit recueil la semaine dernière, d’une belle simplicité et, malgré les vieux motifs qui se répètent toujours, au fil des siècles, en infimes variations, il en ressort souvent des poèmes très rafraîchissants. Des coquilles vides, des bulles d’air, avec lesquelles on ne peut qu’entrer en résonance. Je me permets de vous partager mon préféré :

    J’ai creusé un faussé, guidé l’eau au jardin,
    J’ai planté des bambous, pour protéger les simples.
    Les saules sont comme soie agitée par le vent,
    Les prunus sont comme neige qui résiste au soleil.

    Le dernier vers m’a fait pourtant fait fondre… encore merci pour votre partage !

    Réponse
    • Merci pour ce poème ! De mon côté, je n’ai pas encore fini de lire ce livre, je le savoure lentement. Peut-être d’ailleurs que je lui consacrerai un deuxième article.
      Très bonne journée à vous !

      Réponse
  6. C’est à la fois simple et prenant… Une belle découverte!

    Réponse

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