La poésie a mauvais genre, de Jean-Michel Maulpoix

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J’ai un peu hésité à chroniquer ce livre car je l’ai lu il y a plus de quinze jours et, faute d’écrire tout de suite un article dessus, je me suis aperçue hier que j’avais quasiment tout oublié, ce dont on ne saurait conclure qu’il s’agit d’un mauvais livre (ou tout au moins « pas marquant ») mais dont je conclurais plutôt que j’ai la mémoire qui flanche sérieusement !

Voici donc les impressions et souvenirs que j’ai gardés de ce livre quinze jours après sa lecture :

1) Il s’agit d’un essai sur la poésie contemporaine – ou disons la poésie depuis Baudelaire – et cet essai extrêmement bien écrit ne cède pas trop à la tentation du jargon, mais tombe parfois un petit peu dans le blabla, ce qui est plus ou moins inévitable quand on se lance dans des écrits théoriques.

2) J’ai été irritée que, parmi tous les poètes que Maulpoix cite depuis Baudelaire, il ne se trouve quasiment aucune femme. En fait, d’après ce que j’ai pu voir, il ne cite qu’une seule poétesse – contemporaine – dont je n’ai pas retenu le nom et à laquelle il consacre un petit paragraphe. Qu’on puisse parler de poésie contemporaine en faisant comme si les femmes n’existaient pas, m’a surprise et interloquée.

3) J’ai été étonnée que, parmi les poètes importants depuis le début de ce qu’on appelle « La Modernité », l’auteur fasse le choix de Baudelaire, Apollinaire, Rilke (choix logique et si j’ose dire classique) mais aussi de Dotremont et de Conort dont je n’avais jamais entendu parler – mais je ne suis pas forcément une référence, me direz-vous.

4) Ce livre m’a fait réfléchir sur la poésie contemporaine, sur ses méthodes et principes, mais aussi sur ma propre définition de la poésie et du langage, avec une comparaison entre les deux qui mériterait sans doute que je m’y arrête.

5) Je pense que ce livre pourrait constituer une introduction intéressante à la lecture ou à l’écriture de poésie.

6) J’ai aimé le chapitre où Jean-Michel Maulpoix compare la poésie à une fenêtre, et où, évoquant le poème en prose de Baudelaire sur les fenêtres, il fait un parallèle entre la fenêtre, le tableau et le miroir. C’est vraiment un très beau chapitre, mais, en même temps, il est dommage à mon avis d’aimer les fenêtres uniquement parce qu’elles peuvent faire miroir (comme s’il était impossible de sortir de soi !)

**

La poésie a mauvais genre est paru chez Corti en 2016, et fait 214pages.

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11 Commentaires

  1. Moi aussiAprès 15 jours j’oublie… 🙂 Merci malgré tout pour cette présentation, mais moi aussi cela me gêne quand tu dis n’avoir trouvée qu’une seule poétesse…

    Réponse
    • Oui, au 20è siècle et au 21ème il y a quand même eu pas mal de femmes poètes, ce serait dommage de les oublier.

      Réponse
      • Effectivement, c’est un peu incompréhensible de ne mettre que des hommes… Enfin bref…

  2. Un avis contrasté, donc… C’est intéressant, tu as laissé passer 15 jours pour donner ton avis sur ce livre, et on a l’impression, en te lisant, que ce temps écoulé a été propice à la synthèse.

    Réponse
    • Effectivement, ce sont les grandes lignes qui me sont restées en mémoire, comme si je faisais un mini résumé du livre 🙂

      Réponse
  3. arbrealettres

     /  2 mai 2016

    Poésie parfois miroir ou bien tableau ou bien fenêtre ou bien … … selon les poètes les poèmes mais aussi selon les lecteurs …
    Bref pour moi « inclassable » et c’est bien là tout son charme et sa magie 🙂
    De plus en plus de poètes femmes et c’est tant mieux oui donc étonnant de ne pas en citer dans cet ouvrage 😦
    Bon après-midi de Soleil! 🙂

    Réponse
    • Oui, d’ailleurs Maulpoix dit lui-même dans cet essai que la poésie dépasse la notion de « genre littéraire » (c’est pour ça qu’elle a « mauvais genre » :-))
      Inclassable donc, en effet !
      Beau lundi ensoleillé 🙂

      Réponse
  4. Ce livre pourrait être intéressant parce qu’il y a en a des choses à dire sur la poésie contemporaine. Je le note dans un petit coin, même si en 15 jours tu l’as oublié – je ne me fie pas à ça puisque je suis comme toi.

    Réponse
  5. La fenêtre ou la lucarne est le regard de l’esprit sur le monde. Le tableau s’apparente au monde sur l’esprit. Quant au miroir il me semble que ce n’est qu’égocentrique même si c’est un regard qui tente d’être extérieur. Il y a bien quelque chose qui relie ces trois éléments mais leur différence me semble majeure à leur similitude.

    Réponse
    • En fait, d’après l’auteur, une définition possible de la poésie est « un texte qui a des bords » – d’où la notion de cadre, de rectangle, qui relie à la fois le miroir le tableau et la fenêtre : un cadre à travers lequel il y a quelque chose à voir.

      Réponse

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