Les Délices de Tokyo, un film de Naomi Kawase

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L’Histoire :

Sentaro est vendeur de dorayakis dans une petite boutique à Tokyo. La boutique est surtout fréquentée par des lycéennes, dont l’une, Wakana, vient régulièrement. Les dorayakis sont des pâtisseries traditionnelles japonaises sucrées, composées d’un petit pain rond fourré avec une pâte de haricots rouges confits.
Mais, un jour, une vieille dame de 76 ans, Tokue, vient lui demander de l’embaucher pour l’aider à faire la cuisine et, après bien des hésitations, il accepte.
Tokue enseigne dès le lendemain à Sentaro une recette particulièrement longue et compliquée, mais délicieuse, de haricots confits.
Dès lors, les clients se bousculent devant la boutique de dorayakis.
Mais des rumeurs commencent à circuler au sujet de Tokue, dont les mains et les doigts sont bizarrement déformés.

Mon avis :

Ce film s’articule autour des relations entre les trois personnages, représentant trois générations différentes. Ici, la vieillesse est envisagée à la fois dans sa capacité de transmission d’une expérience, d’un savoir, mais aussi dans sa vulnérabilité : la vieille dame est celle qui devrait être le plus protégée, et qui ne le sera malheureusement pas.
Le personnage de Sentarô, représentant l’âge adulte, est tiraillé entre son affection pour la vieille dame malade et la nécessité de faire marcher son commerce correctement. Par ailleurs, il a derrière lui un lourd passé, des dettes importantes, et il ne se sent pas libre de faire ce qu’il veut.
La figure de la lycéenne est la plus discrète des trois, et semble surtout témoin des indécisions et des compromissions de l’âge adulte.
Le rythme du film m’a paru au début un peu lent puis il s’accélère quand l’histoire et les personnages se mettent en place.
Les images et la lumière sont assez belles : régulièrement reviennent des images des cerisiers du Japon frémissant dans le vent, qui sont très belles.
C’est un film très humain, sans violence, surtout axé sur les sentiments, mais il y a vers la fin une ou deux scènes un peu trop larmoyantes à mon goût.
Dans l’ensemble, un film très agréable à voir.

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2 Commentaires

  1. Ah les pâtisseries japonaises à la pâte de haricots rouges… Vous me rappelez que je voulais le voir ce film. J’aime l’ambiance de films de Naomi Kawase. J’avais beaucoup apprécié Shara (une histoire de disparition d’enfant), une scène superbe qui reste dans ma mémoire, la danse dans la rue sur son de tambours. La forêt de Mogari, aussi. Elle est scénariste et réalisatrice de ces deux films. Ce ne sont pas des films très gais, mais c’est délicat, joliment filmé, dépaysant… lent, oui, mais souvent le cinéma japonais que j’aime est lent, on le goute, on le savoure. Je trouve l’affiche et le titre des délices de Tokyo plutôt bien réussies… ça met en appétit.

    Réponse
    • Oui, c’est vrai, et il y a dans le film toute une philosophie développée autour de la cuisson des haricots, qui n’est pas banale.
      De mon côté c’est le premier film que je vois de cette réalisatrice, mais je crois savoir que ses précédents films étaient plus expérimentaux que celui-ci.
      Ceci dit, Les délices de Tokyo est poétique, délicat en effet.

      Réponse

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